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Complexe d’isolation par l’extérieur : des règles pour entretenir et rénover

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Complexe d’isolation par l’extérieur : des règles pour entretenir et rénover

© (Doc. DR.)

Afin de lutter contre certains sinistres, un texte formalise désormais les travaux d’entretien et de rénovation des complexes d’isolation par l’extérieur. Avec au programme une étude préalable et une classification. Explications et commentaires de Roland Cresson, directeur de l’Institut national de recherche et d’études de la finition (Iref).

Depuis le 1er janvier 2005, un nouveau texte fixe les bonnes pratiques de l’entretien et de la rénovation des complexes d’isolation thermique par l’extérieur. ­Portant l’acronyme d’Etics (External Thermal Insulation Composite System), ces règles concernent les façades revêtues d’isolants thermiques (polystyrène expansé ou laine minérale), ­collés et/ou fixés mécaniquement, recouverts d’enduits minces (épaisseur inférieure à 10 mm), et constitués d’une couche de base armée et d’un revêtement de finition organique ou silicaté. Les matériaux utilisés pour l’entretien et la rénovation des « Etics » appartiennent à la famille des peintures. Ces derniers répondent aux spécifications de la norme européenne NF EN 1062-1 – Produits de peinture et systèmes de peinture pour maçonnerie extérieure et béton (indice de classement Afnor T 34-721). Ne sont pas visés les autres types d’Etics et ceux ayant déjà fait l’objet d’une rénovation (1).

CTB : Pourquoi les professionnels ont-ils décidé d’établir des règles pour l’entretien et la rénovation des complexes d’isolation par l’extérieur ?

Roland Cresson : Ces règles se sont imposées devant le nombre croissant de chantiers de rénovation d’Etics. Sans règles descriptives de la méthodologie à employer, il y avait un risque de voir se multiplier les sinistres. Leur ambition est de constituer un outil pour sensibiliser tous les acteurs concernés sur la nécessité d’une reconnaissance préalable approfondie des supports.

Et ce afin de bien définir le revêtement à rapporter, lors de l’entretien ou de la rénovation. Ce document est à mon sens ­capital. Il vient consacrer les techniques qui se pratiquent ­depuis des années sur la base des normes existantes applicables aux revêtements de la famille des peintures.

CTB : Quels en sont les points les plus marquants ?

R. C. : Ils sont de trois ordres : obligation d’une étude préalable avant tous travaux d’entretien ou de rénovation dès le premier mètre carré, recensement des typologies de désordres et classification des travaux à réaliser.

CTB : Et plus précisément ?

R. C. : L’étude préalable a pour objectif d’analyser le système en place. Réalisée par un organisme indépendant, à la charge du maître d’ouvrage, elle a pour seule finalité de définir la classe de travaux à réaliser, entretien ou rénovation, en fonction des défauts constatés. Elle se déroule en plusieurs étapes sur la base de critères précis définis dans le document : appréciation visuelle de l’état général du système, ­essais sur place, prélèvements et examens en laboratoire. Avec ces nouvelles règles, il n’est plus question de faire de la prescription sans diagnostic précis de l’existant.

Mais attention, elles ne se justifient que pour entretenir ou pour rénover. Lorsque les désordres sont tels que l’isolant n’est pas resté parfaitement solidaire du support, ou que l’enduit n’adhère plus à l’isolant, il n’est plus question de rénover. Les travaux, d’une autre nature, sortent de ce cadre. Selon les cas, le maître d’ouvrage choisira de placer un bardage en recouvrement, de reconstruire à l’identique l’enduit mince après pelage complet ou encore, après élimination totale de l’ancien système, de remettre en œuvre un nouveau complexe isolant. Les maîtres d’œuvre et les entreprises ont intérêt à reconnaître à partir de quel moment l’Etics ne peut être rénové, cela permettra au maître d’ouvrage de faire l’économie de l’étude.

CTB : Qu’en est-il des typologies de désordre et de classification ?

R. C. : Le texte définit également les actions à réaliser en les scindant en quatre typologies de désordres – types I à II : défauts esthétiques, types III à IV : défauts techniques limités – et en classant le type de travaux à réaliser en fonction des désordres constatés : travaux d’entretien K1 et K2 pour les défauts de types I et II et travaux de rénovation K3 et K4 pour les défauts de types III et IV.

Par exemple, les défauts de ­type II, tel le faïençage du revêtement de finition qui n’atteint pas la couche de base, demandent en entretien une couche d’impression et une couche garnissante d’une épaisseur d’au moins 200 m comme précisé en K2. Alors que les défauts de type IV comme l’encrassement, la micro­fissuration ou la fissuration (non généralisés au droit des joints de plaques, sans décollement de la finition, ni rupture de l’armature), requièrent l’impression d’une couche de base enrobant un treillis d’armature, suivie d’une couche structurée de 2,5 mm d’épaisseur tel que stipulé en K4.

CTB : Quel type de revêtement le texte autorise-t-il ?

R. C. : Les revêtements utilisables sont classés selon les critères définis dans la norme XP T34.722, pour l’adaptation des revêtements de façade à la nouvelle classification européenne. Ce classement, dénommé Evwa, prend en compte les différentes caractéristiques des produits : E ou épaisseur du revêtement, V ou perméabilité à la vapeur d’eau, W ou perméabilité à l’eau liquide et A ou résistance à la fissuration.

Lorsqu’il s’agit d’entretien, le texte autorise les revêtements en feuil mince ou semi-épais destinés exclusivement, après nettoyage et décontamination du parement de l’Etics, à lui donner un aspect décoratif. En cas de rénovation, le texte autorise les revêtements semi-épais ou épais, permettant, en plus de leur fonction décorative, de remédier aux défauts (limités) du système.

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