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Commercialisation prochaine de revêtements autonettoyants

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Commercialisation prochaine de revêtements autonettoyants

Les rues canyon parallèles (échelle 1/5e) du site pilote de Guerville.

Bilan d’avancement du projet Picada qui, depuis 2002, vise la mise au point de revêtements de façades autonettoyants et dépolluants, par incorporation de dioxyde de titane. Une recherche qui s’achèvera fin 2005 par la commercialisation d’une gamme de produits adaptés.

Inscrit dans le programme européen Competitive and Sustainable Growth, le projet Picada (Photocatalytic Innovative Coverings Applications for Depollution Assessment) est piloté par GTM Construction (Groupe Vinci), en partenariat avec divers industriels et organismes de recherche (1). La recherche a pour objectif de mieux comprendre le mécanisme des réactions photocatalytiques du dioxyde de titane et leurs effets de nettoyage et de dépollution. Combinées à celles du ciment, les propriétés du Ti02 (sous forme anatase) contribuent à absorber et à détruire les salissures (2).

De 20 à 80 % de dépollution

On sait qu’elles permettent également de piéger les polluants sur la surface et de les transformer en nitrates qui seront éliminés par la matrice cimentaire. Elles ont donc la capacité de combattre la pollution atmosphérique en contact direct avec le matériau, de garder les constructions urbaines propres tout en contribuant à éliminer une partie de cette pollution.

La recherche consiste actuellement à développer et à optimiser des formulations industrielles, à évaluer les performances, les coûts et la durabilité des matériaux élaborés. La validation scientifique des produits a été organisée sur une progression croissante de l’échelle des tests, d’abord en laboratoire (boîtes de Pétri et sur une surface de 4 m2), puis sur un site pilote équivalant au 1/5e d’une rue de quartier (200 m2 de surface d’application). Même si la source de pollution a été générée artificiellement, les ­conditions atmosphériques (températures, direction et vitesse du vent, ensoleillement) sont cette fois des paramètres naturels non maîtrisés mais mesurés. Comparant les concentrations de polluants entre la partie traitée au Ti02 avec les produits Picada et la partie de référence non traitée, les premiers résultats en air libre ont révélé que la dépollution (abattement en NOx) avoisine les 20 % dans les cas les plus défavorables d’orientation de vent, et 80 % dans les cas favorables. Ces résultats ont aussi contribué à valider le logiciel de simulation Mimo. Cet outil prédictif permettra de choisir les produits en termes de dépollution potentielle et d’impact positif sur la santé des habitants, suivant les paramètres donnés (localisation géographique, typologie du bâtiment, nature du produit, superficie mise en œuvre, etc).

Des revêtements applicables à froid

Dernière étape à venir : un site en vraie grandeur pour effectuer le suivi des phénomènes d’autonettoyage et de dépollution.

Jusqu’à présent, toutes les techniques industrielles utilisant le dioxyde de titane ont été appliquées à chaud. D’ici fin 2005, les enduits prêts à l’emploi, les peintures décoratives et un revêtement translucide, seront conçus pour être applicables à froid, tant en neuf qu’en réhabilitation. Ils répondront aux besoins des utilisateurs (nature minérale ou organique, choix du coloris, finition, adaptation au support). Les produits du Groupe CTG ltalcementi devraient ainsi comprendre un enduit cimentaire de 10 mm d’épaisseur (ciment, chaux et sable), un enduit minéral de 2 mm d’épaisseur (ciment et charges), une peinture minérale de plusieurs 10e de mm d’épaisseur (ciment et charges). La peinture développée par Millennium Chemicals est le polysiloxane, un polymère à base de silicone, contenant aussi du carbonate de calcium. Les premiers produits seront mis sur le marché en blanc, mais pourront être colorés par pigmentation. Par exemple, pour protéger les bâtiments historiques, le projet va proposer aussi un revêtement transparent ou translucide. À ce niveau, ce n’est pas tant le Ti02 blanc qui pose problème, mais l’identifiant du liant, c’est-à-dire une matrice capable de rester transparente, même sous l’effet photocatalytique du dioxyde de titane !

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