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Comment passer de l’obligation à l’envie de construire durable

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Comment passer de l’obligation à l’envie de construire durable

Que devient la Haute qualité environnementale en France par rapport au label uniquement énergétique BBC? Doit-elle se fondre dans un label européen, voire international?? Doit-elle être maintenue à cause des spécificités culturelles, régionales et réglementaires françaises?? Est-elle exportable?? Est-elle surtout pertinente au regard des résultats obtenus??

Une lecture à l’international permet d’affiner la compréhension des points forts et des limites du système français, notamment à travers les courants anglo-saxons et germanophones. L’approche des pays du Commonwealth se ­distingue par trois caractéristiques essentielles : un ­processus de conception intégrée accompagné d’outils pragmatiques d’aide à la conception, une recherche ­permanente de la maîtrise des surinvestissements à court terme, et l’accompagnement des professionnels par des formations et retours d’expérience. Des critères qui ont permis une appropriation et le développement du concept au sein de toute la filière bâtiment.

En Allemagne, Autriche et Suisse, l’accent a été mis au départ presque uniquement sur les caractéristiques énergétiques dans un contexte où le mode de vie était déjà largement en accord avec l’environnement. D’ailleurs, le modèle Passivhaus, développé par le Professeur Feist au début des années 90 est aujourd’hui connu et observé mondialement. Les labels allemands (KfW 40 et 60) ainsi que suisse (Minergie) étaient, quant à eux, moins exigeants mais plus facile à reproduire, tenant compte d’un rapport équilibré entre surcoût et temps d’amortissement.

L’analyse de cycle de vie et la santé se sont ensuite greffées dessus?: Minergie et Minergie P (pour passif) s’élargissent ainsi à Minergie Eco.

Une autre particularité des systèmes d’évaluation étrangers vient de leur grille d’analyse basée sur une échelle de performance. Celle-ci donne une transcription plus juste de l’effort fourni par les équipes de maitrise d’ouvrage et ­maitrise d’œuvre et sert souvent de base pour des ­subventions adaptées à cet effort. Conséquence inattendue mais observée, cette forme d’évaluation donne envie au maitre d’ouvrage de toujours viser plus haut par un ­système de classification olympique or, argent et bronze (Leed) ou un système à étoiles (Code for Sustainable ­Homes en Angleterre ou Green Stars en Australie).

Et la France ? La Haute qualité environnementale donne aujourd’hui l’impression d’un essoufflement devant la montée indéniable du label BBC Effinergie, ­apparemment moins contraignant car ne concernant que l’énergie. L’effort de sensibilisation et de communication vers les professionnels du collectif Effinergie y est sûrement pour beaucoup, combiné à l’effet Grenelle. Mais pourra-t-on ­repousser encore longtemps la question de l’énergie grise et du potentiel de réchauffement climatique des matériaux, sans parler de la santé de l’occupant ?

L’évaluation environnementale et sanitaire des matériaux et produits reste encore insuffisante et ­difficilement exploitable par les professionnels. La norme NF Environnement est une initiative intéressante mais encore cantonnée à quelques familles de produits, sans les exigences nécessaires au regard des enjeux.

Le rigoureux label Natureplus, aujourd’hui développé dans plusieurs pays européens, devrait combler bientôt ce manque en France.

Dans ce contexte mouvant, le regroupement des ­professionnels au sein de centres de ressources ­régionaux fédérés par Résobat apparaît comme une initiative ­bienvenue pour passer d’une approche « top-down » à celle « bottom-up » (1), ou le professionnel est un réel ­partenaire des institutions.C’est finalement la vision partagée qui rend la construction désirable et non durable et qui fait ­adhérer des professionnels à un objectif commun au delà des normes, réglementations, cibles et sous cibles. Pour Klimaktivhaus, l’approche autrichienne, la vision partagée « Wir sind klimaaktiv » (nous sommes acteurs du ­changement climatique) traduit en une phrase cette envie de construire autrement, tous ensembles. À la France de trouver sa vision partagée !

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