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Coloration : la texture choisie détermine la technique

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Coloration : la texture choisie détermine la technique

3. Les panneaux préfabriqués de deux tons de gris, du centre de recherches médicales de Caen (Calvados) (architecte Franck Vialet), ont été réalisés par l’ajout, en fond de moule, d’un adjuvant coloré (Sika-Granufin). Une lasure minérale de protection vient en complément.

© (Doc. Agence Vialet.)

Selon l’apparence voulue par l’architecte, la coloration des ­façades en béton brut est ­réalisée par l’ajout de pigments teintés dans la masse ou par l’application d’une lasure en surface.

Depuis que le béton existe, il est soit laissé brut, soit teinté dans la masse. Cette technique ancienne, encore en usage, consiste à ajouter dans le ciment, lors de la fabrication du béton, un pigment minéral. Les pigments ­organiques ne sont pas employés car leur réaction au ciment risquerait de faire virer les couleurs. La quantité de pigment utilisé dépend du poids du ciment. Elle oscille entre 1 et 3 % de ce poids (fabricant Océan), voire même 5 % pour GCP (1). Les pigments minéraux sont de deux types. Le premier, fabriqué par Océan, est à base d’oxydes (oxydes de titane, etc.). Le second, fourni par Océan, est un produit naturel à base de terre, dont les couleurs varient de l’ocre au marron. Il offre donc des possibilités restreintes de teintes, limitées à quelques dégradés. Pieri, quant à lui, n’utilise que des pigments de synthèse à base d’oxyde de fer qui ont l’avantage d’être plus stables et d’offrir un choix infini de coloris (gamme RAL).

Mettre en valeur la matière brute

Par ailleurs, la volonté de nombreux architectes de garder l’aspect brut de décoffrage du béton, a conduit à imaginer de le rendre plus décoratif en valorisant sa texture. D’où la mise au point, au début des années 1980, de lasures utilisées jusqu’alors massivement pour le bois. Parallèlement au développement de cette technique et à la même période, la qualité du béton n’a fait que progresser. Grâce à une meilleure maîtrise de sa fabrication et de sa composition, ses éléments constituants, tels que les ciments et les adjuvants, se sont considérablement améliorés. Cette évolution technologique a entraîné en retour une amélioration de la mise en œuvre et de l’aspect de surface. L’emploi de coffrages plus précis a enfin ­considérablement enrichi l’apparence des bétons en façade. Dans ce contexte, la lasure prend pleinement sa place apportant une variabilité décorative de façade. Ce procédé à base de copolymères est un produit d’imprégnation et de revêtement qui colore le béton gris ou blanc.

Contrairement à la peinture qui change l’aspect du support, la lasure opacifie peu le support (elle contient moins de pigments et de charges) et lui confère une apparence plus homogène. Elle apporte aussi au béton une protection efficace contre les salissures, le ruissellement de l’eau et la carbonatation (résistance à la pénétration de gaz carbonique), tout en retardant son vieillissement. Esthétiquement, sa translucidité met en valeur la rugosité du matériau. « Il s’agit de jouer sur la matière, en colorant la surface, sans masquer la texture même du béton », résume M. Vidal, technicien chez Océan. La lasure, produit pelliculaire de finition, s’applique manuellement au rouleau. Transparente et diluée, une couche primaire facilite l’accroche de la seconde, qui peut être teintée ou transparente.

Double fonction de décoration et protection

Pour de grandes surfaces à traiter, la lasure est mise en œuvre par calepinage : le mur à traiter est alors divisé en une succession de panneaux lasurés les uns après les autres. En revanche, si la surface à traiter semble trop hétérogène et parsemée de reprises et de ragréages, le primaire appliqué est légèrement opacifiant, pour réduire ou masquer ces imperfections. La fabrication de la lasure met en jeu un liant (acrylique ou polyuréthanne), un véhicule (eau ou solvant), des pigments ou colorants et des matières de charge.

Tout comme la peinture, le support traité peut devenir mat, satiné ou brillant, au choix, et selon une large palette de coloris. Les industriels proposent ainsi diverses lasures qui ont une fonction de finition et/ou de protection précise. Par exemple, l’égalisateur de parement minéral Protec HDL, de Pieri, est conçu pour refaire et homogénéiser la peau d’un béton brut, en préservant son aspect mat. Et pour rendre la surface du béton autolavable, il faut appliquer sur la paroi le produit Hydroxi 2000. Chez ce même fabricant, le prix de la lasure fournie et posée est de l’ordre de 30 e HT/m2, identique à celui pour une coloration dans la masse. Concernant la garantie décennale, c’est l’entreprise en charge de l’application du produit qui la fournit.

Enfin, la lasure est adaptée à tous les types de bâtiments et d’usages, en intérieur comme en extérieur : logements collectifs, bâtiments publics, sportifs, commerciaux et industriels, et même ouvrages d’art. Si elle est surtout destinée aux constructions neuves, elle s’utilise en rénovation suivant certaines règles de pose.

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