Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Cloisons La modularité comme principe

Sujets relatifs :

Cloisons La modularité comme principe

Sous la dénomination cloison, se décline une gamme de produits et d'ouvrages très diversifiée. Et, qu'elles soient démontables, amovibles ou mobiles, toutes ont en commun une grande modularité.

C'est la norme DTU 35.1 « cloisons amovibles et démontables » qui définit ce type de produits réservés la plupart du temps à un usage autre que celui de l'habitat. À savoir : « La cloison est un élément (séparatif) vertical divisant un volume formé par le gros œuvre en locaux (ou bureaux) et circulations (ou couloirs) ; ou encore une paroi de distribution ou de doublage de mur, autostable, non porteuse, régnant sur toute la hauteur entre le plancher et le plafond ». Des ouvrages qui sont classés parmi les éléments non porteurs du bâtiment. Ainsi, les cloisons ne participent jamais à la résistance de l'ensemble de la structure. Elles ne reprennent aucune charge, hormis celles des éventuels aménagements ou accessoires qu'elles peuvent supporter. Autres caractéristiques : ce sont des ouvrages facilement démontables et remontables, sans que cela ne les dégrade ou ne dégrade leur environnement : elles sont donc pour la plupart réutilisables et permettent de reconfigurer facilement les espaces. En outre, les éléments qui les composent (panneaux pleins, panneaux vitrés et panneaux portes) sont interchangeables et conservent leurs qualités dans le temps - aspect esthétique, isolation acoustique, résistance au feu.

Et ce, quel que soit le nombre de leurs déplacements pour peu que les montages et démontages successifs aient été effectués avec soin.

Une grande variété due aux habillages

Ce sont aussi des produits qui, par définition, offrent une grande modularité dans la mesure où, pour autoriser l'interchangeabilité des éléments de la cloison, la largeur d'un module standard (non recoupé) est le plus souvent fixée à 1 200 mm. Les largeurs peuvent être différentes de la trame du bâtiment pour des raisons d'ordre économique ou esthétique. Cela dit, par principe, toute cloison amovible doit pouvoir respecter une « modulation » donnée d'un bâtiment afin de garantir l'interchangeabilité des panneaux. Ainsi, les cloisons amovibles, qu'elles soient à parcloses, à joints creux ou à couvre-joints, permettent à tout moment de multiples changements - remplissage, vitrage, porte, etc. -, les montages et démontages pouvant être réalisés sans modification de l'ossature et souvent sans outils spécifiques.

Ces produits, pour la plupart à ossatures aluminium, aptes pour certains à répondre à des critères acoustiques et de réaction au feu sévères, offrent une grande liberté dans l'aménagement des espaces. Et ce, grâce à un large choix d'habillages : panneaux de plâtre revêtus (maximum 13 mm), panneaux de mélaminé (12 à 16 mm), panneaux acoustiques pris en sandwich, vitrages simples ou doubles, incorporation ou non de stores vénitiens en double vitrage jusqu'à des cloisons lumineuses qui intègrent des leds. Les cloisons vitrées sont particulièrement prisées et offrent de multiples facettes, avec par exemple des verres imprimés associant des motifs géométriques simples, transparents, brillants et en relief, à fonds translucides, mats, d'aspects proches du verre sablé ou dépoli. Ces vitrages sont obtenus par coulée et laminage du verre entre deux cylindres gravés avec une extrême précision pour mettre en valeur la finesse des reliefs. L'état de surface comprend une face gravée et une face lisse. La couleur est également de plus en plus souvent au rendez-vous. En cas d'installation dans des endroits à risques, les verres trempés assurent une résistance plus importante au choc. Les portes, généralement avec huisserie aluminium et joint isophonique en périphérie, bénéficient des mêmes caractéristiques techniques et esthétiques que les panneaux de cloisons.

Par ailleurs, les cloisons mobiles, pour lesquelles il n'y a pas de norme DTU, assurent en quelques minutes, la transformation simple des locaux. En l'absence de normes spécifiques, les fabricants, sous l'égide de leur syndicat professionnel, le SNFA (Syndicat national de la construction des fenêtres façades et activités associées), ont établi et diffusent un certain nombre de règles professionnelles pour préciser les modalités d'exécution des travaux de ces ouvrages.

L'idée de base consiste à pousser les murs afin d'obtenir des espaces modulables à volonté, avec un minimum d'interventions. Sous cette appellation, se regroupe toute une gamme de produits destinés principalement au secteur tertiaire et ERP, et plus rarement à l'habitat. Il s'agit des cloisons coulissantes, accordéon ou extensibles, repliables ou articulées. Une autre famille entre dans cette catégorie : celle des murs mobiles ou cloisons à panneaux mobiles, qui, indépendants les uns des autres, s'effacent parallèlement par coulissement. Nombreuses sont les applications pour ces deux gammes : séparation de bureaux, de salles de réunions, de spectacles, de salles polyvalentes, de gymnases. Il existe d'autres familles de cloisons mobiles destinées à l'habitat, telles que les claustras, cloisons japonaises. Elles remplissent des fonctions identiques mais, cette fois-ci, pour assurer la séparation entre deux pièces : chambre et salle de bains, chambre et dressing, salon et salle à manger. Quelle que soit la gamme, les éléments mobiles de la cloison, multidirectionnelle ou monodirectionnelle, se déplacent dans un système fixe solidarisé à la structure du bâtiment. Ils permettent alors de réunir ou de séparer deux espaces contigus selon les besoins, sans que leurs qualités ne s'altèrent dans le temps et ce, quel que soit le nombre de manœuvres.

Cloisons extensibles Les cloisons extensibles sont constituées de rails, de panneaux, de joints souples et d'un système de suspension. Les panneaux sont assemblés entre eux sur toute la hauteur à l'aide de charnières souples, généralement en PVC, pour former deux vantaux qui s'ouvrent et se ferment à volonté. Les panneaux moins larges sont composés de plaques d'aggloméré (en général ép.12 mm) et recouverts, sur leur face externe visible, d'un revêtement (placage bois, stratifié, tissu, mélaminé.). Leurs chants peuvent être rainurés de façon à recevoir l'arête des joints souples disposés à l'interface des panneaux. Selon les modèles, il existe trois types de joints souples. Les premiers, externes, assurent la liaison entre deux panneaux, tout en servant de charnière. Ils ont également une fonction d'étanchéité phonique sur toute la hauteur des panneaux. Les seconds servent de charnière entre chaque groupe de quatre panneaux. Les troisièmes, continus sur toute la largeur de chacune des deux parois, en parties haute et basse, garantissent ainsi l'étanchéité entre le haut de la cloison et le rail et entre le bas de la cloison et le sol. La suspension est assurée par un chariot à double roulement à billes solidarisé aux panneaux, circulant dans un rail acier ou aluminium. Lequel sera apparent, encastré dans le faux plafond ou muni d'un cache-rail. À la fermeture, manuelle à l'aide de poignées ergonomiques, il est possible de masquer les panneaux repliés dans une excavation prévue à cet effet au moment de la conception. Selon le même principe d'ouverture et de fermeture, il existe également des cloisons extensibles à armatures métalliques, traitées antirouille et recouvertes soit de tissu coton plastifié, soit de tissu d'ameublement. L'armature métallique de chaque vantail est composée d'un montant avant, qui reçoit la serrure ou le crochet, et d'un montant arrière fixé au mur. Les profilés sont reliés entre eux par plusieurs rangs de pantographes en tôle électrozinguée, solidarisés entre eux par des tiges en fer galvanisé. Dans ce cas, ce sont les pantographes qui assurent le déploiement de la cloison. Le revêtement tissu est fixé à l'armature par des agrafes invisibles. Le rail, s'il est apparent, est recouvert par le tissu en position fermée.

Cloisons mobiles pour l'habitat

Moins sophistiquées, les cloisons mobiles réservées à l'habitat sont réalisées sur mesure sans bâti. Elles disposent, par exemple, d'un rail au sol extraplat encastrable, d'un système de roulement dissimulé, d'un encadrement ou traverses décoratives, généralement en bois, et de panneaux. Lesquels reçoivent les finitions les plus variées : panneaux, miroirs, verres, laques. Certaines versions sont proposées avec des systèmes d'entraînement automatiques, qui permettent, lorsque l'on fait coulisser le premier panneau ou la première porte, d'entraîner les autres automatiquement. Quant aux claustras japonais, ils sont suspendus par une paire de chariots à roulements à billes, sous un rail de guidage en aluminium, à poser en plafond ou sur équerres. Les panneaux, libres en partie basse, reçoivent un encadrement en bois, teinté ou non, avec baguettes de bois horizontales et/ou verticales sur chaque face d'une toile polyester. Des produits qui n'assurent que des fonctions décoratives et ne présentent aucune qualité en terme d'affaiblissement acoustique.

Les murs mobiles destinés au secteur tertiaire sont constitués de panneaux indépendants, dont la largeur standard est de 1 200 mm, d'un système de suspension, de profilés d'ajustement latéral, d'un rail en partie haute et d'un système d'articulation. Généralement, les panneaux sont formés d'un châssis (ou cadre) métallique contreventé en acier ou en aluminium (laqué ou anodisé), qui assure également la protection du chant des panneaux. Sur le châssis assemblé est accroché un parement - le plus souvent deux plaques agglomérées haute densité ou tôles acier - et un revêtement, tel que mélaminé, textile mural, stratifié, bois naturel, verre Sécurit, miroir et, suivant les fabricants, tout autre revêtement à la demande et après vérification de la faisabilité. Globalement, toutes les finitions que l'on retrouve en architecture intérieure peuvent être utilisées, y compris des cloisons vitrées incorporant un store vénitien. Les panneaux ne sont pas nécessairement droits, ils peuvent, dans certains cas, être cintrés pour constituer un ensemble totalement courbe, contrairement aux systèmes à pan coupé où les panneaux restent plats.

Entre les deux parements, un isolant, comme la laine de roche ou la mousse polyuréthanne, garantit un minimum d'isolation acoustique (affaiblissement acoustique minimum de 42 dB A pour une cloison mobile pleine et de 36 dB A pour une cloison pleine avec bloc-porte). D'autres modèles bénéficient d'un revêtement composite, constitué d'une plaque de bois ou tôle acier perforée associée à de la laine de verre ou de roche. Pour la même raison, la jonction entre les panneaux, dans les gammes les plus performantes, est assurée par une bande magnétique qui les solidarise hermétiquement entre eux lorsqu'ils sont fermés. Cette solution renforce les qualités d'affaiblissement acoustique et d'étanchéité à l'air de l'ensemble de la cloison, tout en lui offrant une plus grande stabilité. De même, lorsque cette dernière est en place, des plinthes escamotables d'étanchéité acoustique, disposées contre le sol en partie basse et contre le rail en partie haute, viennent calfeutrer les vides et limitent ainsi les déperditions acoustiques. Des procédés qui, lorsqu'ils sont associés, permettent à certains modèles d'afficher des performances acoustiques largement supérieures aux minima (jusqu'à 57 dB A). Dans la partie haute, les panneaux sont munis de roulettes ou de galets autolubrifiants, autorisant le déplacement et la rotation de manière souple et silencieuse dans le rail. Ce dernier, profilé aluminium ou acier, est fixé au support par des tiges filetées et des plaques de suspension. Étant donné le poids total des cloisons (jusqu'à 150 kg/m2) et parfois leur très grande hauteur (jusqu'à 6500 mm), le système de guidage est obligatoirement fixé sur des éléments de structure. Des systèmes qui garantissent une parfaite rigidité de l'ensemble et une complète solidarité de l'ouvrage avec le gros œuvre. Il convient cependant de vérifier que le rail bénéficie d'un essai de flexion et de résistance à l'arrachement. D'une manière générale, les murs mobiles ne possèdent pas de guidage au sol. La suspension centrale étant suffisante pour éviter tout balancement pendant les manœuvres d'ouverture et de fermeture. Selon les modèles, ces manœuvres s'effectuent manuellement à l'aide d'une manivelle ou commandées par une motorisation, automatique ou semi-automatique, placée dans les panneaux.

Tableau des fabricants

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°296

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2010 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Membranes d'étanchéité (1/2) - En voie de traditionnalisation

Enquête

Membranes d'étanchéité (1/2) - En voie de traditionnalisation

L'usage courant d'un grand nombre de produits d'étanchéité pour toitures terrasses conduit aujourd'hui à leur intégration dans les règles de l'art. Sur le marché de[…]

11/12/2018 | ProduitInnovation
Membranes d'étanchéité (2/2) - Bitumineuses et synthétiques

Enquête

Membranes d'étanchéité (2/2) - Bitumineuses et synthétiques

Enquête- Sols sportifs

Enquête

Enquête- Sols sportifs

Répondre aux besoins des salles multisports

Enquête

Répondre aux besoins des salles multisports

Plus d'articles