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CHAUFFAGE Le bilan énergétique dicte le choix du matériel

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CHAUFFAGE Le bilan énergétique dicte le choix du matériel

Implanter des pompes à chaleur air/eau dans les parkings souterrains en collectif améliore leur rendement. L’air traité est alors à meilleure température que l’air extérieur pour en récupérer les calories.

Il n’y a pas de solution miracle pour la rénovation des installations de chauffage : la grande diversité des bâtiments du parc existant et des technologies employées impose une étude individuelle soignée. Cependant, quelques grandes règles se dégagent.

La très grande diversité des bâtis, des systèmes et des matériels employés au cours des années précédentes compose aujourd’hui un paysage thermique complexe. Les éléments de comparaison objectifs sont les consommations de combustibles et les factures, assorties d’une expertise rigoureuse du matériel. L’étude globale sur l’amélioration de l’isolation thermique du bâti et des ouvrants est indispensable. Elle répond aux questions sur la rénovation de la chaufferie avec des matériels fonctionnant en basse température, sur la conservation des radiateurs existants et leurs réseaux d’alimentation, etc. La conservation des émetteurs facilite grandement les travaux en site occupé, un point très important pour les rénovations dans l’existant.

Aussi importante soit-elle, la source d’énergie est souvent imposée par le contexte, (absence d’un réseau de gaz à la campagne, ou impossibilité d’implanter une chaufferie bois en milieu urbain). Le coût dicte également le choix du combustible, alors que les tarifs des énergies fossiles sont indexés les uns aux autres sur le long terme. Les possibilités technologiques offertes par l’usage comptent également. Ainsi, le gaz naturel permet aujourd’hui d’utiliser des brûleurs modulants, qui adaptent la puissance fournie aux besoins et améliorent les rendements. Cette technique n’est pas encore développée de manière aussi pointue pour le fioul. A contrario, réutiliser des cuves fioul existantes après nettoyage au lieu d’installer un réseau gaz complet, avec son poste de détente et ses brûleurs, est une option économiquement intéressante lors d’une rénovation de chaufferie.

Chaudière à condensation : 109 % de rendement

Les conduits de fumées constituent également un élément clé en rénovation. Pour les maisons individuelles neuves, ces conduits de fumées – compatibles avec le raccordement d’appareils de chauffage à combustible solide, liquide ou gazeux – sont obligatoires depuis la publication de l’arrêté de la Direction générale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction, du 31 octobre 2005. Le texte prépare ainsi au mieux les possibilités de rénovations futures. En effet, l’absence de conduit de fumées rend souvent coûteuse voire impossible l’installation d’un chauffage au gaz haute performance ou à condensation (à conduit aluminium ou inox) ou encore au fioul à condensation (à conduit inox).

Remplacement des émetteurs

En collectif, même avec des conduits existants, le problème de l’évacuation des fumées se pose aussi lors de la pose de chaudières à condensation ou à haute performance. Du fait de la récupération optimale des calories sur les fumées, et des températures plus basses, les tubes seront isolés, à double paroi et plus volumineux. Ce qui oblige parfois à implanter des conduits verticaux en extérieur, les conduits maçonnés existants, trop petits, ne pouvant être réutilisés. Là encore, l’amélioration du bâti permet de diminuer le diamètre nécessaire des conduits, et donc de réutiliser les passages existants. Si les chaudières à ventouse fioul ou gaz évitent le conduit en maisons individuelle, elles n’existent pas encore dans les grosses puissances des chaufferies collectives.

Lors du remplacement des chaudières, les matériels à condensation constituent un passage obligé. Leurs rendements peuvent atteindre 109 %, contre 94 % pour une chaudière haute performance, et 82 % en moyenne pour une chaudière classique.Autre solution : conserver les chaudières en remplaçant les brûleurs par des modèles plus performants et installer parallèlement une pompe à chaleur (Pac) en relève d’installation. Les Pac air/eau sont les plus faciles à installer en agglomération, les Pac eau/eau nécessitant plus de surface, sauf en cas de captage vertical. Là aussi, il en découle des avantages significatifs sur le rendement, le coefficient de performance (COP) moyen d’une Pac actuelle étant de 2 à 3,5 (1 kW fourni pour 2 à 3,5 récupérés), voire davantage suivant les configurations et les marques. Les Pac peuvent être aussi installées seules, plutôt en habitat individuel. Dans le cas d’installations antérieures aux années 1980, ou si l’eau de la région est fortement calcaire, il peut être nécessaire de découper des tronçons de tubes du réseau pour évaluer les possibilités de récupération. Cette opération indique l’état des tuyauteries afin de décider de les conserver, de les traiter ou de les remplacer. L’installation de filtres et de pots à boues en protection des chaudières, comme des Pac est fortement recommandée. Toutefois, la conservation des réseaux impose un désembouage suivi d’un équilibrage soigné. En effet, boues corrosives et débris internes dans les tuyauteries et les corps de chauffe peuvent s’avérer préjudiciables au matériel neuf en provoquant une dégradation de l’intérieur. Lors du remplacement des émetteurs, il est préférable d’opter pour des radiateurs à grande surface de rayonnement, qui permettent un meilleur confort à basse température. Conserver des radiateurs en fonte présente de nombreux avantages.

Rincés convenablement, ils possèdent une robustesse incomparable et une diffusion de chaleur durable qui convient mieux à des locaux récemment isolés. Il est plus fréquent de voir le remplacement des radiateurs acier, plus sensibles à la qualité des eaux d’installation. Cependant, si l’installation est bien purgée et qu’elle n’est pas soumise à de nombreux renouvellements d’eau, la durée de vie d’un radiateur acier peut être importante. Certains d’entre eux, de 40 ans d’âge, assurent toujours un chauffage optimal, et il n’est pas rare de rencontrer des installations qui possèdent encore leurs radiateurs en fonte datant des années 1920.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°286

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