Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Centrale incendie : rechercher souplesse et flexibilité

Sujets relatifs :

Centrale incendie : rechercher souplesse et flexibilité

Cette prochaine gamme de centrales est munie d’un grand champ d’affichage et d’un écran tactile. Ce dernier permet notamment, via des menus, de réaliser divers types de tris liés à la maintenance des détecteurs.

© (Doc. Nugelec.)

Version la plus complexe du Système de sécurité incendie, le SSI de catégorie A est encadré par des normes très strictes. De ce fait, les fabricants cherchent à se différencier par de multiples propositions visant à faciliter son exploitation et sa maintenance.

La sécurité des personnes vis-à-vis du risque incendie est régie essentiellement par deux grands ­textes. Le code du travail (livre II, chapitre 3) qui s’attache à la ­sécurité des travailleurs, et le code de la construction et de l’habitation (CCH) qui édicte, au travers d’arrêtés, les règles de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les Établissements recevant du public (ERP). Ces dernières reposent sur la combinaison de deux principes : des dispositions constructives ­dites « passives » pour assurer une résistance du bâtiment au feu pendant un temps déterminé, et des moyens « actifs ». Il s’agit surtout d’équipements techniques manuels ou automatiques – détecteurs, diffuseurs sonores… – dont le rôle est de déceler un incendie et d’assurer la mise en sécurité des personnes. Ces fonctions de mise en sécurité sont les suivantes : compartimentage, désenfumage, évacuation des personnes, éventuellement extinction automatique. Ainsi, on nomme Système de sécurité ­incendie (SSI) l’ensemble des matériels servant à collecter toutes les informations ou ordres liés à la seule sécurité incendie, à les traiter et à effectuer les fonctions nécessaires à la mise en sécurité d’un bâtiment. Les SSI sont répertoriés selon cinq catégories plus ou moins complexes qui vont de A à E. ­Installer un SSI est réputé répondre aux exigences du code du travail même si ce n’est pas imposé réglementairement. En ERP, les règles sont très précisément définies. La catégorie du SSI est déterminée principalement par la taille de l’établissement et par la nature de son exploitation (hôpital, école, hôtel… : on parle de type d’établissement) (voir ­encadré).

Dans sa version la plus complexe, la catégorie A, un SSI se compose de deux principaux sous-systèmes. Un Système de détection incendie (SDI), constitué de l’ensemble des appareils nécessaires à la détection d’incendie (détecteurs automatiques ou manuels), et de l’Equipement de commande et de signalisation (ECS). Celui-ci fait l’acquisition des informations provenant des appareils et émet les informations d’alarme vers le Smsi, soit le deuxième élément constitutif du SSI. Ce dernier regroupe les équipements qui assurent, à partir des informations ou ordres reçus de l’ECS, les fonctions nécessaires à la mise en sécurité. Noyau central du Smsi, le Centralisateur de mise en sécurité incendie, qui reçoit les informations et commandera automatiquement divers équipements déportés, diffuseurs sonores, volets de désenfumages, portes coupe-feu … (voir encadré).

Critères de choix d’un SSI A

L’ECS et le Cmsi sont soit des produits séparés, soit regroupés en un produit au sein d’une même enveloppe. Mais dans ce cas, ils font l’objet de règles limitatives très précises sur leur indépendance fonctionnelle. « Le SSI A est régi par les normes NF S 61-930 et suivantes, et EN 54-2 et suivantes, explique José Campo, responsable certification au ­Cnmis (1). Parallèlement, dans les règles de certification NF, la référence au texte lié à l’indépendance fonctionnelle d’un ECS-Cmsi groupé apparaît. Cet écrit définit les limites de ce produit destiné aux petites installations, pour restreindre les risques de pertes de fonctionnalités de la partie détection (ECS) et commandes (Cmsi). »

Le SSI A est très encadré réglementairement sur les fonctions qu’il intègre : relais feu général, dérangement général, nombre maximal de détecteurs par zone… Ainsi, les fabricants se différencient par la taille de leurs systèmes, et par leurs différentes propositions en termes de souplesse, de flexibilité et de modularité. Premier critère ­déterminant le choix d’un SSI A, la taille de l’établissement. Elle influe directement sur le nombre nécessaire de points de détection de l’ECS et de fonctions de mise en sécurité du Cmsi. Il importe de choisir un système adapté à la taille du bâtiment, sans le surdimensionner. Siemens, Chubb et Def ont des gammes couvrant toutes les tailles d’établissements. Rejoints par ­Finsécur, qui sort en janvier 2007 un Cmsi à 1 000 fonctions, ­(Pacific). Quant à Aviss et ­Nugelec, ils concentrent leur marché sur des bâtiments de taille moindre (Nugelec s’apprête néanmoins à lancer une gamme Sensea à 1 024 points de détection). Ce critère de taille ainsi que la nature de l’exploitation peuvent jouer également sur le choix d’une centrale conventionnelle ou adressable.

Gagner en simplicité d’utilisation

Le plus de l’adressable tient dans la connaissance de l’état de chaque détecteur (veille, alarme, dérangement) alors que le conventionnel repère seulement les zones de détection. Il s’agit là d’un confort ­d’exploitation, intéressant surtout dans les gros établissements qui doivent gérer un très grand nombre de détecteurs, ou pour des bâtiments dits « sensibles » (maisons de retraite, hôpitaux …). Tous les industriels disposent de gammes conventionnelles ou adressables.

De l’avis des fabricants, une ­centrale incendie doit garantir simplicité et rapidité d’exploitation, et respecter la vie de l’établissement. Finsécur a développé un outil d’aide à la programmation, Bus tool. Il s’interface entre un ordinateur et une ligne de détection de l’ECS Baltic, pour établir un diagnostic complet de la ligne et de son contenu, à ­savoir les caractéristiques physico-électroniques de chaque détecteur : numéro de série, coupure de court-circuit… Baltic réalise aussi automatiquement l’adressage des détecteurs dès qu’ils sont installés dans le bâtiment et raccordés, y compris lors de futures extensions. Def offre la possibilité de paramétrer la centrale selon les spécificités de la vie de l’exploitation. Cela consiste à augmenter la sensibilité des détecteurs la nuit, pour « compenser » la moindre présence de vie humaine. Et à l’inverse, de la diminuer le jour pour limiter les déclenchements intempestifs liés à la vie du bâtiment (comme la fumée produite par une ouverture de four ou de lave-vaisselle, qui peut faire déclencher un détecteur). Cette variation de sensibilité s’effectue bien sûr dans une plage réglementée.

Accroître la liberté de l’exploitant

Autre service chez Def, la possibilité d’éditer le niveau d’encrassement des détecteurs, pour augmenter si besoin leur seuil de sensibilité (cette action pouvant être aussi préprogrammée par rapport à un niveau défini d’encrassement), ou décider de leur reconditionnement (nettoyage). La gamme à venir ­Sensea (Nugelec) possèdera un écran tactile. À titre d’exemple, l’exploitant pourra toucher sur l’écran une zone s’étant affichée en état d’alarme, et verra apparaître diverses informations sur cette zone et ses points de détection. Lors de la maintenance, il pourra activer des menus déroulants sur l’écran, permettant de réaliser différents types de tris sur les détecteurs, par ordre chronologique, par alarme, par niveau d’encrassement… Chubb Sécurité propose un système de supervision déporté (Vision.com), sous une forme ergonomique d’écran plat et tactile. Installé par exemple sur le bureau du responsable sécurité, il affiche le report des informations du SSI et offre toute une série de « services » associés. Localisation immédiate d’une zone en alarme par l’affichage du plan de cette zone, visualisation vidéo de cette même zone pour lever le doute quant à une possible fausse alarme. Et envoi de consignes pratiques d’exploitation liées à un début de feu.

Autres paramètres importants, la souplesse et la modularité de la centrale. Les lignes de détection des modèles d’Aviss et de ­Nugelec, par exemple, offrent une compatibilité entre les détecteurs conventionnels et adressables. Cela a l’avantage d’offrir, en cas d’extension, une solution adressable sur de l’existant à moindre coût. Forte et Mezzo, les nouveaux ECS de Def, ­garantissent une compatibilité ascendante vis-à-vis des détecteurs d’anciennes générations. Chez Finsécur, les Cmsi Atlantic sont livrés avec le jeu d’étiquettes de repérage à part. La face avant de l’automate est constituée de boutons identiques. L’intérêt pour l’exploitant est donc de pouvoir aménager cette face avant avec une liberté complète, en affectant telle étiquette signalétique à tel bouton. Il peut par exemple constituer une matrice recréant visuellement les différents étages d’un bâtiment, ce qui simplifie la logique d’exploitation de la ­centrale. Cette personnalisation peut aussi être réalisée par l’industriel avant livraison du produit. ­Finsécur donne accès sur son site Internet au téléchargement libre de ses logiciels de programmation de centrales. L’exploitant a ainsi toute liberté de choix de son prestataire de maintenance, et pas forcément Finsécur. Dans le même esprit, les produits de Nugelec sont ouverts. C’est-à-dire que toutes les fonctions des centrales sont accessibles à l’installateur et à l’exploitant, ne les obligeant pas à faire appel au fabricant.

Système central et modules déportés géographiquement

Siemens intègre dans ses centrales une logique « multidétecteur ». La nature d’une exploitation ou la vie d’un bâtiment pouvant déclencher de fausses alarmes, l’utilisateur peut définir qu’une alarme feu sera prise en compte si tel et tel détecteurs associés se mettent en alarme.

L’ECS et le Cmsi doivent également être flexibles pour pouvoir gérer des sites multibâtiment et évolutifs afin d’anticiper les possibles extensions d’un établissement. Les fabricants donnent donc la possibilité d’associer plusieurs centrales via un réseau interactif et communicant. Cela permet aussi bien de concentrer, par le réseau, toutes leurs informations sur le PC sécurité, que d’avoir les informations spécifiques à chaque centrale dans le bâtiment où elle est implantée (exemple : la BNF à Paris). Autre type de proposition si l’établissement est grand ou comporte plusieurs bâtiments, associer au système central (ECS et Cmsi) des modules déportés géographiquement, sortes de relais implantés au plus proche des appareils terminaux (portes coupe-feu, ­volets de désenfumage …). L’intérêt, une économie substantielle de câblage à partir du système central. Le prochain Cmsi Pacific de Finsécur, à 1 000 fonctions de zones de mise en sécurité, comportera ce type de modules, avec alimentation déportée et rebouclée. Chez Chubb Sécurité, la gamme de SSI Résonance intègre 30 interfaces déportées pour l’ECS, et 127 pour le Cmsi, avec alimentation déportée et redondante.

Catégorie de l’ERP (selon l’effectif du public)
ÉtablissementType1re (plus de 1 500 personnes)2e (701 à 1 500)3e (301 à 700)4e (moins de 300 pers sauf ceux compris dans la 5e catégorie)5e (selon arrêté du 22.06.90)
Structures d’accueil pour personnes âgées et handicapéesJXXXXX
Salles d’audition, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usages multiplesLX (au-dessus de 3 000 personnes)
Hôtels et pensions de familleOXXXXX
Salles de danse et salles de jeuxPX
Établissements d’éveil, d’enseignement, de formation, centres de vacances, centres de loisirs sans hébergement (1)RX si locaux à sommeilX si locaux à sommeilX si locaux à sommeilX si locaux à sommeilX
Bibliothèques, centres de documentationSX
Établissements sanitairesUXXXXX
MuséesY(2)(2)
Établissements flottantsEFX si locaux à sommeilX si locaux à sommeilX si locaux à sommeilX si locaux à sommeilX (3)
Hôtels-restaurants d’altitudeOAXXXXX
GaresGADéfini par les prescriptions des organismes de la Sncf et Ratp
Établissements de plein airPASe conformer aux règles des établissements correspondant à leur activité
Structures gonflablesSGSe conformer aux règles des établissements correspondant à leur activité
1. Le SSI A est aussi obligatoire pour les bâtiments ne répondant pas à l’exigence de résistance au feu de l’article CO 15 (exemple : écoles de type Pailleron).2. Suivant avis de la commission de sécurité.3. Non-obligatoire pour les établissements à simple RDC dont les locaux réservés au sommeil débouchent directement sur l’extérieur.
FabricantAvissChubb sécuritéNugelecDefFinsécurSiemens
SL502503504505506507
ModèleECSCmsiAddres IV Agora BusUTI.comCmsi.comTSM EvolutionEtmtForteAntares 4BalticAtlanticCS 1140STT 20
Conventionnel ou adressableConventionnel et adressableConventionnel et adressableConventionnel et adressableAdressable, conventionnel via une interfaceECS : adressableCmsi : conventionnel et adressableECS conventionnel et adressable, Cmsi adressable
Nombre de points de détection512. Lignes rebouclées ou ouvertes1 024. Lignes rebouclées512. Lignes rebouclées ou ouvertes1 024512. Lignes rebouclées1 024
Marque détecteurs associésDetetomat, Fire Fighting EnterprisesSystem Sensor (Honeywell)NugelecDefFinsécurSiemens
Nombre de zones de diffusion d’alarme13 en ERP64 en IGH64 en ERP256 en IGH10 en ERP0 en IGH128 en ERP256 en IGH17 en ERP128 en IGH32 en ERP128 en IGH
Nombre de fonctions de mise en sécurité81256128256192255
Mode de contrôle des fonctions DASAvec ou sans contrôle de positionAvec ou sans contrôle de positionAvec ou sans contrôle de positionAvec ou sans contrôle de positionAvec ou sans contrôle de positionAvec ou sans contrôle de position, pour DAS 24 ou 48 V
Association de centrales en réseau communicantOuiOui, 30 maxiNonOui, 16 maxiÀ venirOui, 32 maxi
Possibilité de matériel déportéOuiOuiOuiOuiOuiOui
Liaison entre matériel central et déportéRebouclée sur voies principalesRebouclée ou redondanteOuverteReboucléeRebouclée ou ouverteRebouclée
Nombre de répétiteurs d’exploitationECS : 30ECS : 16 ( 120 par bus Lonworks)Cmsi : 16 ( 120 par bus Lonworks)ECS : 15Cmsi : 8IllimitéECS : 12Cmsi : 15NC
Nombre de relais paramétrablesECS : à venirCmsi : 120512ECS : 160Cmsi : 60ECS : 1 000Cmsi : 300ECS : 128 (en cours)Cmsi : 128NC
Mémorisation des événements1 0006002501 0003 0001 000
Dimensions coffret(L x H x P) mmECS ou Cmsi : 530 x 480 x 170 mini. Existe en rackECS ou Cmsi : 492 x 355 x 162 miniECS ou Cmsi : 406 x 306 x 136. Existe en rack615 x 620 x 82. Existe en rackECS : 506 x 300 x 117. Existe en rackRack uniquement (pour intégration en baie)
Tableau non-exhaustif établi à partir des données fournies par les industriels

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdo Cahiers techniques du batiment

Nous vous recommandons

Se laver sans jamais glisser

Se laver sans jamais glisser

L'arrêté « Douches zéro ressaut » a d'abord été pensé pour permettre l'accessibilité des douches aux personnes en situation de handicap ou âgées, mais devrait profiter, à terme, au plus grand nombre d'usagers.On compte 9 % de...

15/09/2021 | Produit
Plus sûre sera la douche

Plus sûre sera la douche

Des revêtements aux super pouvoirs

Des revêtements aux super pouvoirs

Plancher technique surélevé et modulaire sur un campus sévillan

Plancher technique surélevé et modulaire sur un campus sévillan

Plus d'articles