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Carrelages de façades Grands formats, textures multiples et autonettoyance

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Carrelages de façades Grands formats, textures multiples et autonettoyance

Collé au mur ou posé sur une façade ventilée via une ossature, le carrelage de façade est toujours prisé pour ses qualités d’esthétisme et de durabilité. De plus, l’arrivée de produits autonettoyants lui octroie une dimension environnementale.

Les carreaux de céramique se composent d’éléments carrés ou rectangulaires fabriqués par cuisson de terres naturelles. Ils font partie de deux grandes familles : la faïence et le grès cérame. Si la sensibilité aux chocs et aux écarts de température cantonne les faïences en revêtement mural intérieur, la dureté des grès les rendent propres à une pose extérieure. Le grès – plus particulièrement le grès cérame (constitué d’un mélange d’argiles et de feldspath vitrifié par une cuisson à environ 1 300 °C.) – est très dur, non poreux, ingélif, et non rayable. Par extension, le grès émaillé – grès cérame ayant reçu une couverte d’oxydes métalliques – permet de multiples effets décoratifs, grâce à un panel élargi de couleurs. Aussi, les carrelages de façade sont en majorité constitués de grès cérame émaillé ou non. De plus, le grès étiré et non pressé, également hyperrésistant, est largement utilisé pour la fabrication de carreaux par certains industriels, comme Agrob Buchtal, par exemple. Concernant les technologies de mise en œuvre, elles sont de deux types : la pose collée et la pose en façade ventilée avec des systèmes de fixation rajoutés. Le premier mode classique consiste à encoller un mur en maçonnerie enduit ou en béton préalablement traité avec un produit d’accroche adapté. Ce support doit être plan, résistant à la pression et à la traction, et exempt de poussières et de fissures.

Hauteur maximale de 6 m

Le jeu des calepinages peut alterner des carreaux lisses ou rugueux, des joints larges et étroits, ainsi que différentes combinaisons de formats, comme le préconise le fabricant néerlandais Royal Mosa. Sachant que la contrainte de ce mode de pose limite la hauteur à un maximum de 6 m, avec des carreaux ne devant pas dépasser le format de 60 x 60 cm. Des fabricants, tel Porcelanosa, proposent les deux types de mise en œuvre, suivant leurs séries de produits. Le second mode de pose, plus innovant et assimilable à un bardage, contribue à ventiler la façade, tout en assurant une isolation thermique accrue. Il s’agit de fixer sur le support vertical une ossature secondaire permettant la fixation des carreaux ou des plaques de carrelage. Ce système mécanique s’appuie sur un principe d’ancrage assuré par l’intermédiaire de profilés verticaux ou horizontaux, assurant une fixation durable. Le fabricant Porcelanosa propose, pour sa série Ston-Ker surtout dédiée aux façades, un principe d’ossature à profilés en aluminium. Ces derniers, ancrés sur la paroi, servent à fixer des agrafes d’accroche des carreaux. De même, Agrob Buchtal offre un système similaire, pour ses deux gammes de produits KeraTwin et KerAion, le procédé laissant apparent ou non le système d’attache.

Utilisation en neuf ou en rénovation

Ainsi, pour le KeraTwin, le montage non apparent s’effectue sur des profilés porteurs prépoinçonnés verticaux ou sur des rails porteurs horizontaux, au moyen d’adaptateurs sur les rainures en queue d’aronde prévues au dos des carreaux. Ce système de pose flexible permet de nombreux réglages et calepinages. Des rivets ou vis en acier inoxydable joignent les agrafes à la structure support. L’autre variante est la fixation par agrafes en acier inoxydable disposées dans les canaux latéraux des éléments de façade.

Pour la gamme KerAion, le système de fixation de même teneur peut être, au choix, soit apparent, à l’aide d’agrafes fixées sur des montants, le format des plaques de céramique n’excédant pas 90 x 90 cm. Soit invisible, lorsqu’il est réalisé par l’intermédiaire d’agrafes vissées sur des profilés porteurs : il est en fait adapté à des formats plus importants de plaques mesurant jusqu’à 120 x 120 cm. À noter que ces pièces KerAion de 8 mm d’épaisseur sont toutes munies en face arrière de bandes de sécurité autocollantes et indestructibles, intégrées lors de la fabrication en usine. Constituées de caoutchouc recouvert d’aluminium, elles servent à rendre les éléments plus robustes et à éviter tout risque de morcellement. Par ailleurs, les domaines d’application concernés sont aussi bien la construction neuve que la rénovation de bâti existant. Le carrelage s’applique sans distinction sur tous les types de bâtiments : habitat, tertiaire, équipements publics et privés, hospitalier, commerce, etc. Et la mise en œuvre sur ossature rajoutée, à l’image d’un bardage, contribue à garantir une bonne isolation thermique des façades. Beaucoup de logements sociaux réhabilités de cette manière, bénéficient d’un bon niveau de confort thermique et d’une valeur ajoutée esthétique. Certains concepteurs l’ont compris depuis longtemps. L’architecte Henri Sauvage, dès 1912, a paré de carreaux en grès blanc et bleu son immeuble de la rue Vavin (Paris vie).

Formes rectangulaires : très prisées

Dans le même ordre d’idées, il y a une vingtaine d’années, la mode était aux façades revêtues de carreaux de céramique carrés et blancs. Beaucoup de bâtiments tertiaires et de logements en ont été habillés, la mise en œuvre se réalisant surtout par la technique de collage sur les murs en béton.

Quant aux dernières tendances architecturales, il semble que les éléments de forme rectangulaire soient très prisés. « La lecture horizontale, à partir d’éléments de carrelage de 120 cm de longueur par 25 à 40 cm de largeur, correspond à la volonté des architectes de recréer un esprit pierre, plus proche de la nature », explique Philippe Gacon, conseiller technique pour la France, chez Agrob Buchtal. Quant aux produits, les fabricants offrent des collections de carreaux faisant référence à des matériaux naturels et/ou bruts. Ils recréent diverses textures et teintes imitant le bois, l’ardoise, la pierre, le métal, etc. À noter que cette tendance se généralise puisqu’elle se retrouve également pour les revêtements de sols en carrelage ou en PVC. Les teintes chaleureuses recréées varient du beige, au gris, au bistre, en passant par le marron, le sable, l’ivoire ou l’ocre. Le fabricant Porcelanosa propose plusieurs collections de grès cérame de grands formats carrés (60,5 x 60,5 ; 59,6 x 59,6) ou rectangulaires (54,6 x 110 cm), aux textures non unies, riches et variées. Quant à Agrob Buchtal, elle est d’abord réputée pour ses carreaux émaillés, dont la palette étendue comprend 10 000 couleurs vives. Ces dernières peuvent aisément se coordonner avec une métallerie ou des pièces en PVC, grâce à la gamme RAL qui sert à homogénéiser l’ensemble des composants. Néanmoins, voulant s’adapter au plus près des besoins actuels, elle offre en complément plusieurs modèles de plaques de « design émaillé », réalisés par la projection d’émail. Ils présentent des aspects rappelant des matières naturelles, comme de la peau de serpent ou de zèbre, ainsi que des coloris appropriés : noir-anthracite/ardoise, ivoire/pierre, marron à veines/bois, etc. Ce qui permet d’allier design et technique, tout en combinant harmonieusement les matériaux tels que verre, bois ou acier inoxydable.

Prise en compte de la qualité environnementale

Comme tous les industriels européens, les fabricants de carrelages se préoccupent de plus en plus de respect environnemental et de développement durable. Ainsi, la société allemande Agrob Buchtal a « intégré systématiquement une technologie de finition de surface Hydrotect dans tous ses produits, pour octroyer aux façades traitées des qualités à caractère écologique », précise Philippe Gacon. Dans ce procédé, du dioxyde de titane (TiO2), est appliqué dans l’émail par cuisson à haute température. Il s’ensuit une activation de l’oxygène et une absorption d’eau de surface rendant celle-ci hydrophile.

Le support devient antibactérien en décomposant les microorganismes tels que les algues, les mousses, les germes ou les champignons. Il est aussi autonettoyant, car l’eau ne s’écoule plus en perlant mais forme une pellicule mince passant au-dessous de l’encrassement. De plus, ce procédé anéantit les odeurs gênantes ou nocives ainsi que les particules polluantes provenant de l’environnement immédiat (gaz d’échappements automobiles et industriels).

Des analyses scientifiques ont démontré qu’« une surface Hydrotect de 1 000 m2 nettoie l’air aussi efficacement que 70 arbres à feuilles caduques de moyenne taille ». De même, l’entreprise espagnole Porcelanosa a mis en pratique un procédé performant de production, qui, constamment amélioré, réduit les émissions atmosphériques et la pollution du sol, gère les déchets et l’eau, recycle les produits et les emballages, et ­économise l’énergie.

TABLEAU : marques et fabricants

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