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Carapace d’aluminium pour un lycée hôtelier

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Carapace d’aluminium pour un lycée hôtelier

Les bâtiments du lycée, habillés d’une enveloppe complexe en aluminium et verre, ont nécessité de multiples études et modélisations, la construction d’un prototype et le montage d’un macrolot d’entreprises, afin de mener à bien ce projet hors normes.

Implanté à Montpellier (34), au cœur du nouveau quartier de Port-Marianne, le lycée Georges-Frêche a été dessiné par les architectes italiens Massimiliano et Doriana Fuksas. Orienté vers les filières hôtellerie, restauration et tourisme, ce pôle scolaire, qui accueille 650 élèves, a ouvert ses portes en septembre 2012 après trois ans de travaux.

Il symbolise pour Massimiliano Fuksas, « une vitrine, non seulement de son activité traditionnelle, mais aussi de son ambition. À savoir un enseignement de qualité au service de l’excellence, dans le respect des exigences du programme et surtout des besoins des utilisateurs ». Il ajoute qu’il s’agit de « créer un lieu qui accueille les talents de la jeunesse, pour que son imagination puisse y éclore, dans un esprit de corps avec le sens de l’hospitalité et ce que la France sait faire de mieux : l’innovation avec élégance ». L’établissement scolaire compte cinq bâtiments, dont deux principaux abritant le lycée hôtelier en forme de « Y », et l’entité administrative en forme de « b », ainsi que trois satellites contenant un gymnase, un internat et une résidence de dix logements de fonction.
Le bâtiment « Y » accueille le hall d’entrée, une salle polyvalente, des restaurants gastronomique et d’initiation, une brasserie, des cuisines, douze chambres d’hôtel de 2 et 3*, etc. Muni de quatre niveaux, le bâtiment « b » loge, au rez-de-chaussée, le réfectoire et la loge du gardien, et aux étages, le CDI (1) , des salles de cours, des laboratoires, le pôle professeurs, des locaux techniques, des sanitaires, etc. Couvrant une surface totale de 23 600 m 2 , l’ensemble compact se déploie sur un terrain exigu de 1,6 ha, le coût d’investissement s’élevant à 80 M €.

Peau sophistiquée en aluminium

De morphologie organique, les édifices sculptés en ossature béton sont enrobés d’une peau en aluminium. Afin de pouvoir réaliser cette peau atypique à la géométrie complexe, un macrolot a été créé regroupant les trois corps d’État inhérents au gros œuvre (GFC Construction), à l’étanchéité (Smac) et aux façades (fabrication : Kawneer et pose : Barsalou). En conjuguant leurs moyens, ces entreprises ont pu fabriquer, dès 2008, un prototype grandeur nature d’un morceau de façade, l’objectif étant d’établir un mode opératoire de fabrication et de mise en œuvre adapté. Pour le gros œuvre, la difficulté essentielle a été de construire des voiles en béton de 18 cm d’épaisseur se calquant sur des formes compliquées à simple ou double courbure qui ont été prédéfinies à l’aide d’un logiciel de modélisation en 3D. Sachant que les murs droits des trois édifices concernés sont peu nombreux, puisqu’ils ne représentent que 8 % de la surface globale des façades (10 000 m 2 ). Si la majorité des parois à double courbure (61 %) a été édifiée en béton projeté, celles restantes ont été décomposées en facettes. Alors que les murs à simple courbure (22 %) ont été montés avec des banches cintrées. Aussi complexe, la coque métallique de l’enveloppe a été confectionnée sur mesure. La vêture se compose de 17 000 cassettes triangulaires en aluminium et de 5 000 châssis menuisés également en aluminium, insérant 600 ouvrants. Ces châssis ont été répertoriés par des codes-barres, suivant un calepinage pointu, afin de définir précisément leur emplacement sur le site. Mais pourquoi avoir opté pour le triangle systématique, après avoir utilisé en masse le losange, pour réaliser les façades du complexe des Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine (93) conçu par les mêmes architectes?

Une lumière du jour omniprésente

« Le triangle était l’unique forme susceptible d’épouser les courbes variées des façades et de travailler dans toutes les directions », souligne Damon Belusco, chef de projet à l’agence Fuksas. Les châssis des menuiseries en aluminium, tous différents, fournis par la société Kawneer, ont été montés sur une ossature en résille métallique de support des châssis qui suit les ondulations des façades. Cette association innovante de résilles et châssis a d’ailleurs fait l’objet, en 2010, d’une Atex (2) qui valide leur résistance et leur étanchéité. Quant à la voûte creusée dans le bâtiment « Y », qui marque et protège l’entrée principale, elle comporte une double enveloppe en structure mixte béton-acier. Les deux blocs en béton bâtis sont ainsi liaisonnés par une voûte en charpente d’acier recevant le bardage aluminium et les châssis. L’acier a également été employé pour bâtir les six ponts de jonction des édifices. « Les espaces entre édifices sont traités de façon ouverte, par de grandes “piazzas” plantées, afin de les valoriser », précise Damon Belusco.
Concernant l’aménagement des espaces intérieurs, l’étude a été confiée à Doriana Fuksas qui a également dessiné le mobilier. La pénétration de lumière naturelle est omniprésente, aussi bien dans les circulations, que dans les salles de cours et les bureaux situés en périphérie. Elle se double d’une recherche chromatique, chaque niveau étant pourvu d’une couleur qui sert de repère pour les usagers du lycée. Dans le bâtiment « b », le rez-de-chaussée est ainsi agrémenté de gris, le premier étage de vert pomme, le second étage de rose fuchsia et le dernier niveau d’orange. Dans certains espaces, un travail soigné a été accompli sur les faux plafonds en Placoplâtre qui, décollés des baies vitrées de façade et surbaissés par d’épaisses joues, font entrer largement la lumière du jour à l’intérieur.

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