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Bureaux : combiner exigences visuelles et maîtrise de l’énergie

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Bureaux : combiner exigences visuelles et maîtrise de l’énergie

1. Dans des bureaux qui cherchent la flexibilitéet la modularité dans le temps, l’éclairage doit pouvoir s’adapter sans avoir à remettre en cause toute l’installation. (Doc. Concepto.)

L’éclairage, trop souvent mêlé au lot électricité, doit prendre en compte les exigences visuelles variables selon le type d’activité. Elles déterminent le choix des lampes et des luminaires à mettre en œuvre, mais aussi leur implantation et leur rapport à la lumière naturelle.

Il est encore trop fréquent de constater la pauvreté de la définition de la partie éclairage lors de l’établissement du projet. Pourtant, maître d’ouvrage comme maître d’œuvre ne peuvent faire l’économie de détailler avec précision les fonctions de l’éclairage, les contraintes que devront affronter les matériels, la pérennité et les coûts d’exploitation qui sont attendus. C’est à partir de cette analyse des besoins que va s’élaborer l’étude d’éclairagisme proprement dite, en tenant compte de l’éclairage électrique, de l’éclairage naturel et de l’association des deux.

Outre les recommandations de l’Association française de l’éclairage (AFE), il existe désormais une norme européenne NF EN 12464-1 Éclairage des lieux de travail intérieur, applicable depuis 2003. Ce référentiel définit les performances à atteindre et les méthodologies de calcul à utiliser. Il n’a pas de caractère obligatoire, sauf dans le cadre des marchés publics, mais son statut de norme européenne lui confère un rôle prescriptif ­incontournable.

Définir les éléments du cahier des charges

Encadré par la norme et les prescriptions réglementaires, le cahier des charges du projet d’éclairage doit éviter les erreurs les plus courantes telles que : bureaux entièrement éclairés avec des lampes halogènes, emploi de tubes fluorescents « blanc industrie » normalement destinés aux entrepôts, montage d’un interrupteur unique assurant l’allumage/extinction d’un plateau complet, implantation de luminaires derrière les postes de travail, etc. Agences de concepteurs-lumière ou bureaux d’étude des fabricants sont là pour palier les lacunes de la plupart des maîtres d’œuvres, incapables de s’y retrouver dans les subtilités du calcul de l’UGR (contrôle de l’éblouissement). Ces derniers ont toutefois intérêt à savoir leur poser les bonnes questions et à imposer les exigences minimales. Cela passe par un dialogue direct avec le projeteur, en lui fournissant les éléments qui permettront de réaliser l’étude, et si possible dès l’avant-projet architectural pour un bâtiment neuf.

Outre les dimensions du local (hauteur sous plafond, profondeur par rapport à la lumière du jour…), les facteurs de réflexion du plafond, des murs et du plan utile (matité ou brillance des matériaux, couleurs), certains éléments d’information peuvent s’avérer déterminants lors de l’établissement du projet.

Il convient en particulier de prendre en compte :

– les caractéristiques architecturales (organisation de l’espace et des postes de travail, positionnement des fenêtres …),

– le mobilier (coloris, état de surface…),

– les conditions d’alimentation électrique (tension, régime du neutre) et d’utilisation (durée et fréquence des allumages, ­entretien…),

– les contraintes spécifiques d’installation (norme NF C 15-100).

L’activité détermine les critères de qualité

L’objectif premier du projet est de définir une installation alliant confort visuel et qualité de l’éclairage, mais il débouchera également sur un élément important du point de vue thermique et économique : la puissance installée par m2 pour chaque local. Seul ce diagnostic relativement précis permettra de dimensionner l’installation au plus juste niveau d’éclairement comme d’investissement. C’est ainsi qu’en rénovation, le gestionnaire peut gagner à la fois en confort et en coûts d’exploitation.

Le premier point à prendre en compte est le type d’activité qui sera pratiqué dans le local car il déterminera directement les exigences visuelles requises. Le niveau d’éclairement par exemple, généralement de 450/500 lux sur le plan de travail (voir tableau) peut être plus élevé si la tâche est plus complexe (dessinateurs, publicitaires …), ou plus faible si l’utilisateur lui-même le souhaite. Ce qui démontre que le confort au travail passe par la possibilité de faire varier l’intensité lumineuse selon les moments de la journée et des différentes tâches qui se succèdent.

Le contrôle de l’éblouissement, source de fatigue voire d’accident, est un autre facteur essentiel. L’éblouissement peut provenir directement de luminaires trop brillants, des fenêtres exposées et non protégées, d’une différence de luminosité entre l’arrière-plan et l’écran d’ordinateur …). Afin de le réduire ou de l’éviter, il existe de nombreux équipements ou dispositifs. Occultations, choix de vitrage ou traitement particuliers (sérigraphie, par exemple) atténueront le soleil direct. Grilles, lames, réflecteurs joueront le même rôle sur les appareils qui peuvent également être équipés de lentilles ou de prismes afin de modifier le trajet des rayons lumineux. Mais l’élément important réside dans le positionnement des luminaires par rapport aux postes de travail et dans le choix des appareils.

Les appareils à très basse luminance qui procurent un cône d’éclairage très étroit seront ­ainsi privilégiés dans des bureaux ouverts. Sans oublier le critère appelé indice de rendu de couleurs (IRC), qui donne une indication sur la capacité d’une lampe à restituer fidèlement les différentes couleurs. Dans les bureaux, il est recommandé de choisir des lampes avec un IRC au moins égal à 80. Il peut aller jusqu’à 100 (restitution des couleurs de la lumière solaire) dans le cas de travaux pour lesquels cette notion est essentielle (bureau de styliste, par exemple).

Lumière naturelle souhaitée

Ces exigences déterminées, restent à préciser les besoins de chaque zone et à choisir une solution d’éclairage appropriée. Trois types peuvent être combinés : éclairage direct (la lumière directe sur le plan de travail), indirect (la lumière est projetée vers le haut), direct-indirect (mixte). Peuvent s’y ajouter un éclairage localisé qui fournit un éclairement accru sur certaines zones, l’éclairage d’appoint qui vient compléter l’éclairage localisé pour améliorer les conditions de vision (lorsque la tâche visuelle est particulièrement difficile), ou un éclairage ponctuel qui crée des ambiances différentes et participe à la mise en scène de l’espace (salles de réunion, notamment).

Sans oublier l’éclairage naturel que la recherche d’économies de consommation a de plus en plus tendance à valoriser. Le Code du travail fait obligation aux maîtres d’ouvrage de construire des locaux de travail avec non seulement un éclairage naturel mais aussi des baies permettant une vue sur l’extérieur. Aucun ratio n’étant donné, le parti architectural s’en trouve plus libre.

Si la pénétration de la lumière naturelle est souhaitée, il faut néanmoins veiller à en maîtriser les apports thermiques qui risquent d’être nuisibles en été. C’est le rôle du concepteur de prendre en compte, suivant l’orientation des locaux et des masques (bâtiment faisant écran au rayonnement solaire direct), le type de vitrage et d’occultation qui permettront de moduler cet apport gratuit. Sans oublier que, selon la période de l’année et la latitude du bâtiment, la hauteur du soleil varie au zénith. Ainsi, les abaques facilitent cette étude. Enfin, rappelons que l’emploi du végétal à feuilles caduques (arbres ou treillis de protection directement associé au bâtiment) est une solution parfaite à cette problématique.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°261

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