BIM : gérer de l’information, oui, mais des formats, non !

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© Olivier Rolfe

Le BIM [Building Information Modeling, ndlr]n’est pas une nouveauté. Ceux qui en parlaient il y a quelques années, faisaient figure d’ovni. Pour certains, c’était un vœu pieu ; pour d’autres, une réalité, ou tout au moins une évidence. Aujourd’hui, le sujet provoque la frénésie : il faut saupoudrer du BIM partout ! si je ne "bime" pas, je ne suis pas dans le ton ! Serait-ce un effet de mode ? Non ! On doit s’inscrire dans la durée, il ne faut donc pas se rater : les premiers pas de la massification du sujet seront primordiaux.
L’effort de pédagogie doit être commun à l’ensemble des acteurs présents au cours du cycle de vie d’une construction. Comment voulez-vous que la maîtrise d’œuvre, comme c’est le cas aujourd’hui, réponde à des demandes formulées par des maîtres d’ouvrage qui ne savent pas eux-mêmes ce qu’ils veulent faire de cette "bimisation" de leur futur patrimoine ?
Certes il faut donner envie, mais il faut également éduquer notre monde du bâtiment. Celui-ci, longtemps décrié du fait de son manque de structuration dans la création, la transmission et la conservation de ses données par rapport à l’industrie automobile et aéronautique, se trouve à la croisée des chemins.
Les outils sont là, ou presque. La mise en pratique permettra d’effectuer les ajustements. Le mode collaboratif montera en puissance, si les outils métiers évoluent dans un univers "ouvert". Gérer de l’information, oui, mais des formats, non !
Le BIM n’est pas une affaire "franco-française", la réflexion dépasse même les frontières de l’Europe. La démarche de la France doit s’inscrire dans le contexte mondial, tout en adaptant la pratique aux spécificités propres à notre pays, où les PME et TPE sont très présentes.
La France n’est pas en retard, seulement elle n’a pas communiqué de façon officielle, comme notre voisin anglais, pour se positionner clairement sur le sujet. Depuis la nomination par le gouvernement de Bertrand Delcambre au poste d’ambassadeur du numérique et la mobilisation de fonds - 20 millions d’euros - pour la création du Plan de transition numérique dans le bâtiment, il n’en est plus de même. La France montre clairement sa détermination à tout mettre en œuvre pour que cette transition soit une réussite.
Les professionnels n’ont pas attendu que la parole soit portée officiellement pour aborder le sujet. Et ce, notamment en œuvrant au sein de l’association Mediaconstruct, qui compte à ce jour quelque 110 membres. La structure est le chapitre francophone de Building Smart, organisme qui fédère au plan mondial l’usage du BIM et se pose en "garant" du format IFC [Industry Foundation Classes].
Mediaconstruct a porté la parole des professionnels, tant au niveau européen que mondial. Elle a travaillé sur des sujets, aujourd’hui dans la "short list" du Plan de transition numérique dans le bâtiment : en particulier la convention d’exécution ; l’approche sur la « bimisation » du permis de construire ; la réflexion sur l’application du BIM dans le cadre de loi relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée, dite "MOP" ; l’appui à la création de la normalisation des dictionnaires produits, c’est-à-dire le projet PPBIM… pour ne citer que ceux-là. Mais l’association a également impulsé la création du mastère spécialisé "BIM, conception intégrée et cycle de vie du bâtiment et des infrastructures" dispensé par l’École des ponts-ParisTech, et elle a promu le BIM via son site, sa newsletter et une manifestation, le BIM’s Day qui a lieu chaque 18 juin.
La France n’a pas à rougir : les initiatives sont nombreuses et les acteurs, de toutes tailles, sont mobilisés. Le BIM, oui, mais ensemble !

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