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BBio : un dialogue indispensable entre l’architecte et l’ingénieur

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BBio : un dialogue indispensable entre l’architecte et l’ingénieur

Christian CARDONNEL, président de Cardonnel Ingénierie, président Enerplan (Association des professionnels de l’énergie solaire).

Avec la RT ou RE (réglementation énergétique) 2012, la nouvelle étape de validation du bilan bioclimatique (BBio) va nécessiter une approche de conception interactive efficiente entre le maître d’ouvrage, d’œuvre et l’ingénierie. L’efficience, c’est l’optimisation des moyens mis en œuvre pour obtenir le meilleur résultat possible. Ainsi l’euro, investi en conception ou en réalisation, doit pouvoir trouver la meilleure pertinence possible en temps de retour, économie d’énergie et impact CO2. Le BBio c’est une analyse détaillée, au pas horaire, du bilan du chauffage, du refroidissement/climatisation et de l’éclairage du bâtiment en fonction des données climatiques du site, du scénario conventionnel de confort souhaité, des caractéristiques de l’enveloppe et de la structure du bâti : isolation et inertie thermique, apports solaires et lumineux à travers les baies en fonction des caractéristiques, orientation et inclinaison des surfaces.

Le BBio, déterminé en « neutralisant » les équipements, permet de juger de la performance énergétique du bâtiment en intégrant des indicateurs bioclimatiques. La valeur BBio obtenue doit être inférieure à la valeur BBio Max modulée en fonction de divers paramètres (site, altitude, type de bâtiment, surface). Le BBio et la Tic (Température intérieure conventionnelle en confort d’été) doivent être inférieurs aux niveaux maximum pour passer la 3e étape du Cep de la consommation d’énergie primaire (chauffage, climatisation, eau chaude sanitaire, éclairage et auxiliaires) pour respecter la nouvelle réglementation. Ainsi, quels que soient les énergies utilisées, plus ou moins vertueuses en CO2 ou en énergie primaire, le bâtiment sera économe en énergie et plus en symbiose avec le climat. Globalement, on ne pourra pas obtenir un bâtiment conforme à la RT 2012, à grand renfort de techniques actives (émission-gestion, condensation, pompe à chaleur, capteurs solaires thermiques ou photovoltaïques…), il faut trouver un juste équilibre et l’énergie solaire en sera le pivot. La conception de l’enveloppe (forme, orientation, structure, isolation et inertie thermique, perméabilité…) va devoir prendre en compte les éléments climatiques du lieu (orientation au soleil, au vent, aux précipitations, températures crêtes et moyennes, latitude …) et les moduler en fonction des besoins (type de bâtiment et usage). La synergie des échanges permettra seule d’éviter la reproduction de solutions toutes faites à grand renfort d’isolant, ou d’autres produits coûteux et pas toujours pertinents.

Par ailleurs, si la méthode de calcul THBCE qui conduit au BBio est extrêmement complexe, elle n’en cache pas moins de nombreuses lacunes : mauvaise prise en compte de l’inertie thermique de l’enveloppe et de la structure, traitement en bilan monozone sans échanges entre zones, échange sol/parois en contact non pris en compte, traitement du confort d’été très (trop) simplifié qui risque de nous conduire vers des bâtiments « thermos invivables en été » . Il faut rapidement et ensemble apprendre un nouveau langage et une nouvelle méthode de travail « Architecture bioclimatique cohérente ». Le thermicien va devoir sortir de ses calculs, des chiffres qu’il est difficile de traduire et l’architecte intégrer les nouveaux paramètres environnementaux à ses contraintes habituelles (urbanisme, programmation…). Quant au maître d’ouvrage qui définit son programme, le budget et veut toujours plus, il serait bien avisé de réfléchir en coût global et intégrer le futur du bâtiment. Il faut donc dialoguer, échanger, tisser des liens entre nous pour concevoir et réaliser des bâtiments au confort durable qu’il faudra ensuite réaliser avec des produits performants mis en œuvre par des entreprises rigoureuses et qualifiées, sans oublier le commissionnement (réglages et maintenance des équipements, informations des usagers) pour aboutir à des réalisations vertueuses. Ainsi, à travers mon implication (parfois critique) dans l’élaboration de la RT, la méthode CUBE (Conception unifiée bâtiment efficient) qui constitue un fil d’Ariane avec ses 8 points d’étapes, l’organisation des journées de l’Efficience énergétique du bâtiment (1), j’essaie d’apporter et de transmettre mon savoir-faire et ma passion.

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