Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Dossier

Bardages : de la tôle au fil d’acier

Sujets relatifs :

Bardages : de la tôle au fil d’acier

sur la façade, les plaques en tôle d’acier inoxydable ou galvanisée prélaquée se chevauchent et sont légèrement décalées les unes par rapport aux autres. (Doc. PMA.)

En bardage, en façade légère ou en habillage, l’acier se plie à tous les besoins de modénature de façades isolées par l’extérieur, contribuant ainsi au développement de bâtiments à faible inertie thermique.

Lacier revient à la mode. Avec ses structures légères, ses portées hors normes, sa matière plus ou moins brillante et métallique, voire ses transparences qui jouent avec la lumière naturelle. Il facilite la mise en œuvre de solutions d’isolation par l’extérieur, très favorables en terme de bilan énergétique (absence de pont thermique) et concourt à la construction de bâtiments à très faible inertie thermique. La faible épaisseur de ses façades rapportées fait gagner aux maîtres d’ouvrage un espace précieux qui se chiffre en m2 ou en m3. L’acier permet un déroulement du chantier plus rapide puisque la plupart des éléments sont fabriqués en atelier. Les délais de montage sont courts et minimisent la gêne pour le voisinage. En termes de performances, les constructions en acier offrent une excellente résistance mécanique (résistance à la torsion, à la tension…). Autre notion d’importance croissante, l’acier peut être recyclé indéfiniment et à 100 %, sans perdre de ses qualités. On connaît aujourd’hui de multiples manières de le protéger efficacement contre la corrosion, que ce soit par revêtement métallique ou par peinture (souvent appliquée directement en ligne sur les tôles). C’est en façade que ce matériau exprime le plus sa diversité. Il s’y décline en de nombreux aspects – plaques, clins, cassettes – grâce auxquels ladite façade se séquence. De plus, ces éléments soigneusement calepinés se parent de nombreux coloris et de textures lisses, ondulées ou tissées, qui démultiplient les choix du maître d’œuvre.

Prélaqué ou émaillé en bardages

Parement extérieur rapporté sur une façade, le bardage se décline en tôles d’acier prépeintes ou inox, profilées à froid suivant diverses formes d’ondes, trapézoïdales ou sinusoïdales. Deux finitions sont proposées sur les produits prétraités : le prélaquage ou l’émaillage de haute qualité. Utilisés sur tout type de construction, les produits prélaqués sont aujourd’hui en plein essor grâce à leurs atouts économiques et technologiques. Généralement, ils sont constitués d’un support en acier laminé à froid revêtu d’un traitement de surface ou d’une protection zinguée. Puis, ils sont habillés d’une couche de primaire et d’une couche de finition. Pour certaines applications, ils peuvent être recouverts d’un film de polymère colaminé et éventuellement d’un film de protection temporaire. Ces produits se classent en trois catégories : les aciers prélaqués conventionnels produits en continu ; les aciers laminés, produits par application d’un film adhésif ; les aciers colaminés, produits par application directe d’un film sur la tôle. De son côté, l’acier émaillé résulte de la symbiose à haute température entre une couche composée à 60 % de silice et le support métallique. Il existe trois procédés d’émaillage, chacun impliquant un traitement de la tôle et des temps de cuisson spécifiques. La dureté de l’émail procure aux tôles de faible épaisseur une grande résistance aux chocs, aux ultraviolets, aux intempéries, aux agressions chimiques et à la corrosion. Ainsi, l’acier émaillé répond à des exigences de pérennité, d’hygiène, de sécurité. Il possède d’indéniables qualités esthétiques du fait de sa large palette de couleurs et ses différents modes d’impression tels que dégradés, quadrichromie, sérigraphie, décalcomanie. Ces différents supports sont utilisés pour la réalisation des bardages verticaux et horizontaux, à simple peau ou double peau et des panneaux sandwich. Profils ondulés ou nervurés, les différentes gammes animent les façades de multiples combinaisons architecturales. Les principaux industriels (Haironville, PAB, PMA, Corus) déclinent des produits ayant des performances techniques particulières (plus grande résistance au feu – jusqu’à 210 min –, protection antigraffiti, autonettoyage.

Un rideau architectural

Pratique et économique, le panneau sandwich nervuré isolant est devenu un produit de référence. Composé d’une structure en acier prélaqué et d’une âme isolante en polyuréthanne ou en laine de roche, il respecte l’environnement et répond aux exigences de protection, de sécurité et de confort. Les différents aspects (nervurés, micronervurés, fixations visibles ou invisibles) satisfont les souhaits esthétiques des concepteurs. Mailles, métal déployé ou perforé, panneaux d’inox traités ou non, habillent de plus en plus les façades. Les propriétés techniques et l’esthétique de ces produits permettent une utilisation en intérieur comme en extérieur. Extrudé en fil, l’acier (souvent inox) peut se tisser pour former des mailles souples ou semi-­rigides, classées en trois grandes familles : les mailles soudées, les tissées qui peuvent associer chaînes et trames différentes, et les spiralées enroulées autour d’un axe. Les inox tissés avaient été conçus pour les tapis transporteurs et les filtrations industrielles. Aujourd’hui, les architectes détournent ces produits afin de dresser un rideau architectural en guise de double peau « perméable ». Les nappes peuvent avoir des dimensions maximales de 8 x 40 m. Elles filtrent la lumière, tamisent et dissimulent des vues, aident aux traitements acoustiques ou traitent simplement l’esthétique. Leur souplesse permet d’épouser pratiquement toutes les formes. Très faciles à poser, elles sont livrées en rouleaux sur le chantier. Ce sont des produits à forte valeur ajoutée fourni/posé pour le professionnel qui fabrique sur mesure les supports de fixation. Les techniques les plus courantes sont la pose en bande pendante ou soigneusement tendues par des cadres ou profilés plats, barres rondes, boucles, fils, crochets ou pinces invisibles.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°242

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2004 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Reconvertir des bâtiments patrimoniaux

Dossier

Reconvertir des bâtiments patrimoniaux

La reconversion des bâtiments induit de nécessaires adaptations. S’agissant d’édifices patrimoniaux, protégés ou non, l’intervention doit pouvoir faire dialoguer histoire du lieu et nouveaux[…]

Changement de cap pour l'Hôtel de la Marine

Dossier

Changement de cap pour l'Hôtel de la Marine

La Bourse de Commerce entame une autre vie

Dossier

La Bourse de Commerce entame une autre vie

La Samaritaine fait peau neuve

Dossier

La Samaritaine fait peau neuve

Plus d'articles