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BARDAGE Enveloppe galbée en pin rétifié

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BARDAGE Enveloppe galbée en pin rétifié

1. L’enveloppe en pin rétifié de l’aile nouvelle allie deux sortes de filtres qui génèrent de nombreuses transparences.

Afin de protéger et de rendre perméables les façades d’un corps de bâtiment reconstruit, les concepteurs ont créé des doubles peaux en bardage de bois de deux modénatures différentes, qui servent d’écrans et de brise-soleil.

Dans le cadre d’une réorganisation de ses ­services, la mairie de Feyzin (Rhône) a créé un centre administratif cohérent en regroupant, sur un même lieu, la mairie centrale et ses ­annexes. La commune a demandé à trois cabinets d’architectes d’intervenir sur trois ensembles de bâtiments, chacun d’eux étant implanté sur un îlot différent au sein du quartier du ­Carré Brûlé, site sur lequel se trouvait la mairie d’origine. Les concepteurs de Rue royale architectes ont été chargés de la rénovation de l’îlot Blanc qui fait face à l’actuelle mairie. Constituant une ancienne ferme, cet îlot abrite plusieurs corps de bâtiments : la maison principale, un hangar, des dépendances et une grange qui se déploient autour d’une cour centrale. La maison principale (ou maison Blanc) et la grange sont réhabilitées, alors que le hangar et les dépendances sont démolis. À l’emplacement de ces derniers, un bâtiment neuf sert d’extension à la mairie centrale.

Une double peau à géométrie variable

Alors que la maison accueille le pôle Sport (activités sportives de la ville) et le pôle Tranquillité (sécurité), la grange loge le pôle Culture (service culturel communal) et la salle du conseil municipal (étage). Quant à l’aile construite, elle mesure 17 m de longueur, par 6 m de largeur et 7,50 m de hauteur. Elle accueille surtout du public et renferme le pôle Enfance (vie scolaire) en rez-de-chaussée, et quatre ­bureaux administratifs à l’étage. La liaison de cette annexion avec la grange est assurée par un ­volume en verre armé translucide qui contient l’escalier principal. Accessibles aux personnes handicapées, les entrées protégées des trois édifices sont fédérées par la cour ­centrale qui symbolise le poumon de l’opération. L’ensemble couvre une surface hors œuvre nette de 828 m2, pour un coût d’investissement s’élevant à 962 666 J HT. Cette aile nouvelle joue à la fois le rôle de fermeture de l’îlot et celui d’ouverture sur le parvis de la mairie, par la création d’un front urbain. Afin d’offrir aux façades des transparences vers l’intérieur de l’îlot, les concepteurs ont imaginé des façades poreuses dotées d’une double peau en bois, dont les textures varient selon les usages des locaux et leurs orientations. Cette enveloppe galbée habille la façade principale de l’extension, les deux façades latérales, ainsi que les deux retours, côté cour. Exposée à l’ouest, la façade principale est doublée, en partie centrale, d’une peau en bois qui sert de protection solaire. Les deux extrémités et les retours sont revêtus d’un bardage simple plus opaque, à lames ­horizontales. Ainsi, sur les murs en béton des angles (220 mm), sont vissés, tous les 90 cm, des liteaux de 100 x 40 mm. Ces derniers insèrent un isolant en laine de roche de 40 mm recouvert d’un pare-pluie. Sur chacun de ces montants, sont vissées deux cornières métalliques qui accueillent une joue en Ctbx, Kerto-S (Finnforest) de 22 mm d’épaisseur ­lasurée de teinte ­foncée. Chaque joue ­présente un gabarit semblable qui se calque sur la forme convexe, adaptée à la hauteur. De chaque côté de ces joues, sont vissés des contre-liteaux de 40 x 40 mm, sur lesquels sont clouées des planches de bardages de 908 mm de longueur et de 35 mm d’épaisseur. De hauteur variable, pour rendre un aspect aléatoire aux travées, ces planches présentent des joints ouverts marqués.

Pour la partie centrale plus ajourée, elle est constituée d’une succession de pare-soleil fixes posés sur une ossature métallique. En effet, la structure porteuse, plus légère, se compose de tubes en acier ­laqué de 100 x 150 mm préfabriqués, équipés de doubles plats qui ont été soudés en atelier. Entre ces plats, sont vissées les mêmes joues en Ctbx que pour l’autre bardage.

Des éléments en bois préfabriqués

Puis, les planches de bois de 35 mm d’épaisseur sont enfilées, entre les joues et vissées dessus, par des équerres, à des hauteurs et des profondeurs ­diverses : de 18 cm en partie inférieure, à 60 cm, en partie supérieure, l’écartement de ces clins horizontaux augmentant au fur et à mesure que la façade s’élève. Ce système ingénieux permet de rendre plus intimes les volumes des locaux se trouvant en partie basse, et plus exposés, ceux ­situés en partie haute. Les rayons solaires pénètrent de façon graduelle au travers de ces clins. De plus, au droit des quatre ­fenêtres longilignes de 90 cm de largeur, qui ponctuent la façade et correspondent à des bureaux, le bardage est ­interrompu, pour libérer les vues. Quant aux deux façades latérales, appelées par les architectes des « pinces dures », ce sont des pignons réalisés en béton et également revêtus de bardage de planches non rejointoyées. Ces clins s’élargissent nettement au droit des percements, pour laisser pénétrer davantage la ­lumière. Enfin, concernant la ­façade est, ouvrant sur la cour, elle est traitée complètement vitrée, avec deux retours en bois. Suivant la trame de base de 90 cm de largeur, la structure en montants d’acier laqué intègre des pans de verre solaire, sur une double hauteur : la protection solaire étant assurée par des stores intérieurs. Par ailleurs, toutes les lames de bardages se poursuivent au-dessus de la dalle du toit, sur une hauteur de 1,30 m, pour dissimuler les équipements techniques (groupe froid, ­machinerie d’ascenseur…).

Ceci offre un effet de légèreté au couronnement de l’édifice.

Il faut noter que les éléments en bois utilisés ont été préfabriqués en atelier, après modélisation informatique, puis livrés sur le chantier où ils ont été assemblés et installés.

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