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Assainissement : réglementation et bonnes pratiques

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Assainissement : réglementation et bonnes pratiques

il est préférable d’utiliser des éléments intermédiaires préfabriqués (regards de visite, culottes de branchements…). Ils correspondent parfaitement aux canalisations à raccorder et sont simples à poser.

Fondées sur le calcul, les règles techniques de l’assainissement définissent la qualité des réseaux, des branchements… L’expérience du terrain montre qu’il est souvent utile d’accroître ces exigences de base, ou d’y intégrer des dispositions complémentaires.

On appelle « installations d’assainissement » l’ensemble des équipements d’évacuation des eaux d’un bâtiment : eaux pluviales (EP) et eaux usées (EU). Ces dernières regroupent les eaux ménagères (issues des éviers, lavabos, baignoires, lave-linge, etc.) et les eaux-vannes des toilettes. Chaque type d’eau est acheminé jusqu’aux collecteurs externes (égouts) par des canalisations, dimensionnées en fonction de la charge d’évacuation qui leur sera envoyée. Cette charge est calculée, soit à partir d’un débit de pointe (une formule qui fait intervenir les rejets d’eau, par habitant et par jour, correspondant aux plus fortes consommations de l’année), soit directement à partir des données des installations dans le bâtiment.

Quand l’assainissement est collectif, un collecteur situé sous la voie publique conduit l’eau à la station d’épuration, et s’il est autonome, elle est envoyée au système individuel de traitement (en général, une fosse septique ou toutes eaux). Si les réseaux pouvaient auparavant être unitaires, c’est-à-dire mêler eaux usées et eaux pluviales, la réglementation impose aujourd’hui la réalisation de réseaux neufs, systématiquement séparatifs (soit deux réseaux parallèles), que le réseau public soit ou non séparatif. L’ensemble des règles sur l’assainissement urbain est présenté dans la circulaire n ° 77.284/INT Instruction technique relative à l’assainissement des agglomérations.

Entre l’édifice et la voie publique, l’installation est ponctuée de regards, placés à la liaison entre différents réseaux, ainsi qu’à des endroits stratégiques qui facilitent un éventuel curage : au pied des colonnes descendantes, aux coudes, aux points bas, etc.

Raccordement au réseau public : du cas par cas

Les canalisations sont enterrées à une profondeur minimale de 0,40 cm. La pose s’effectue sur un lit exempt de tout point dur (pierres, débris de maçonnerie, etc.) et la largeur de la tranchée correspond à celle de la canalisation. Elle peut être augmentée au minimum d’une vingtaine de centimètres de chaque côté, afin de bien asseoir le tuyau puis d’assurer un bon compactage.

Le lit de pose sur terrain sec comprend une dizaine de centimètres de sable ou de terre fine, remplacés par une couche de 5 à 30 cm de gravillons sur un terrain exposé à l’humidité. Le même matériau servira au remplissage sur une quinzaine de centimètres, le reste de la tranchée pouvant être fermé par d’autres matériaux. Dans le cas particulier de canalisations sous un passage roulant, soit la profondeur de fouille est portée à 60 cm, soit une protection supplémentaire (par exemple, une couverture béton) est mise en œuvre.

Au droit du raccordement au réseau public, les dispositions varient en fonction des concessionnaires : ils édictent les règlements locaux dans ce domaine. Seule obligation, la présence d’un regard ou d’un dispositif de visite, juste avant le raccordement à l’égout. Mais il est conseillé d’utiliser également des siphons, pour éviter les remontées déplaisantes d’odeurs du réseau collectif, voire les remontées de matières.

« Le plus prudent est de passer, quand c’est possible, sous les ­réseaux d’eau potable, d’électricité, de gaz, etc. Le plus profond étant l’eau potable à 1 m, le mieux est donc de descendre à 1,20 m pour les EP, et d’ajouter 0,30 m pour les EU. Bien entendu, il faut vérifier que le collecteur est lui-même assez profond », conseille Alain Le Tiec, ingénieur VRD chez Betom ingénierie. Le raccordement d’un réseau séparatif privé (par exemple, d’un lotissement) est soumis aux exigences du concessionnaire de réseau, qui peut soit laisser effectuer le branchement en édictant ses règles particulières, soit se charger de l’opération.

Les réflexes de l’expérience terrain

Béton, PVC, fonte ou grès, autant de matériaux utilisés sur les conduites. Pour des raisons de coût, on privilégiera la fonte dans les terrains difficiles. « Quant au grès vernissé, explique Alain Le Tiec, ses qualités de glissance sont vraiment intéressantes et nos voisins anglo-saxons le préconisent. »

En sortie d’immeuble, la réglementation n’impose aucun diamètre spécifique. En définissant celui-ci via le calcul, l’important est d’assurer un bon autocurage par une bonne pente et par une bonne pression. « Autour de 3 mm/m pour les eaux usées et 5 mm/m pour les eaux pluviales, la bonne vitesse d’évacuation se situant autour de 1 m/ s ». Et quand on sait qu’un diamètre 200 permet d’évacuer les eaux usées de 6 000 personnes, on comprend que des diamètres de 100 mm suffisent largement. « En revanche, dans le domaine public, un diamètre de 200 mm pour les EU et de 300 mm pour les EP est imposé », ajoute Alain Le Tiec.

Si les dispositions réglementaires, fondées sur le calcul, fonctionnent pour la plupart, il arrive que la théorie soit mise en défaut de façon inattendue. «Car, sur le chantier ou à l’usage, les installations ne se comportent jamais de façon idéale, explique Stéphane Beaucamp, responsable du bureau d’études chez Colas. C’est pourquoi, par quelques réflexes simples, on peut éviter des désordres ou des complications dommageables. » Le premier risque, c’est la nature du matériau, qui nécessite des précautions d’entreposage plus ou moins importantes.

Les plastiques ont tendance à épouser les formes du terrain et leur mise en place sur un lieu mal préparé conduit à une succession de chaînettes. L’effet est aggravé si les tuyaux sont déformés lors du stockage. Certains tuyaux béton ont une épaisseur limite à partir de diamètres importants (300 mm), entraînant lors de l’entreposage un risque de microfissurations. Qui peuvent s’accentuer et aboutir à d’importants désordres, si le tuyau n’est pas parfaitement assis sur son lit de sable. « Économiquement, remarque Stéphane Beaucamp, il n’est pas évident que la réalisation sur place des ouvrages de raccordement soit plus intéressante. Leur complexité (gros diamètres, ouvrages à échelons, vannes, remontées avec palier, etc.à), n’arrange rien. D’où l’emploi généralisé d’éléments préfabriqués. »

Prendre en compte le croisement des canalisations

Cette remarque vaut également pour les regards, les regards-avaloirs, etc. Les grilles étant fonction de la surface qu’elles couvrent, les prescripteurs s’attachent à les retenir dans une gamme qui va de 40 x 40 à 80 x 80 cm. « Nous préférons uniformiser les regards aux dimensions 60 x 60 cm. Ne serait-ce que pour faciliter la réalisation d’une cunette et des curetages.

Pour la même raison, nous préconisons d’augmenter certains diamètres. Si les abaques indiquent qu’un tuyau de diamètre 160 cm permet l’évacuation des EU, nous constatons souvent qu’un obstacle, même de faible dimension, bloque l’écoulement. C’est pourquoi il nous semble préférable de ne pas utiliser de diamètre inférieur à 250 mm pour les eaux usées. Ne serait-ce que pour en faciliter le nettoyage », explique Stéphane Beaucamp. En revanche, les prescripteurs proposent parfois des canalisations largement surdimensionnées. Dans la réalité il vaut toujours mieux privilégier une bonne pente qui facilite l’autocurage.

Autre souci de terrain, le croisement des canalisations d’un même projet. Il n’est pas pris en compte de façon pragmatique, même si les documents techniques officiels ou les règles édictées par les concessionnaires donnent des principes. Les logiciels ne sont pas précis dans ce domaine et sont capables de proposer des croisements sans qu’il y ait d’écart entre les canalisations. C’est d’autant plus problématique à gérer sur place lorsque les pentes des tuyauteries sont faibles ou bien encore lorsqu’on rencontre des canalisations anciennes. Il est donc nécessaire de prévoir à la conception un espace minimum de 30 cm pour faire face à des modifications ou à des adaptations de dernière minute.

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