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Architecture minimaliste au service de l'entreprise

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Architecture minimaliste au service de l'entreprise

Une façade-rideau vitrée remplace l’ancienne façade en béton. Un changement qui compense la faible hauteur sous plafond et conservant la structure initiale du bâtiment. Les bureaux sont regroupés dans ce nouvel espace.

© (Doc. FSL.)

Consommer moins d’énergie passe par la réduction des besoins, la valorisation des solutions basse température et des énergies renouvelables et par la production d’énergie sur site.

Spécialisée dans la production de moulures et de plinthes pour la décoration intérieure, la société Orac à Ostende (Belgique) avait besoin de revoir l’aménagement de ses bureaux. Les commerciaux ­travaillaient dans les espaces situés sur la ­façade nord-nord-ouest, tandis que les ingénieurs et la direction étaient regroupés sur la façade nord-nord-est. Une division accentuée par deux entrées différentes. Situé au premier étage, le vaste showroom représentait un poste de dépense en entretien et chauffage important, par rapport à une utilisation limitée?: des visites de 20 minutes, trois fois par semaine. Afin de résoudre ces problèmes et d’agrandir les locaux, les dirigeants ont fait appel à EBA Projects, en collaboration avec l’architecte Francesca de Fonseca. «?Avant d’étudier les possibilités d’agrandissement, nous avons analysé le rapport entre les surfaces et les activités, en tenant également compte du nombre de personnes travaillant dans les bureaux. L’étude a montré que l’espace disponible était largement suffisant et qu’il était possible d’en gagner davantage en modifiant l’aménagement général. Un simple réaménagement suffisait?», explique Emmanuel Baert.

Ouvrir la communication entre les étages

La proposition des architectes s’articule autour de trois aspects majeurs?: augmenter les apports de lumière naturelle, améliorer l’efficacité en facilitant la communication et revoir la disposition du showroom. Un projet qui passe par la création d’un atrium ­vitré qui divise le bâtiment en deux. À sa droite, les bureaux sont regroupés sur trois niveaux avec une nouvelle façade-­rideau. À sa gauche, derrière la façade existante, sont rassemblés l’espace de formation, le nouveau showroom et le lounge-bar. Les bureaux ayant été accolés à l’entrepôt, le bâtiment d’origine n’est pas assez haut pour ses deux étages. Il en résulte une hauteur sous plafond plus basse que la moyenne, soit 2,40 m au lieu de 2,70 m. Une hauteur encore réduite par les plafonds suspendus qui viennent ­habiller les dalles de béton de chaque étage. «?Le plus efficace était de regrouper les bureaux sur une même partie de l’édifice et de remplacer la façade de béton par une façade vitrée?», indique Emmanuel Baert.

Flocage acoustique pare-flamme

Cette nouvelle façade étant orientée nord-nord-ouest, elle n’est exposée au soleil qu’à partir de 16?h, ce qui rend les pare-soleil moins nécessaires. Les vitrages choisis mesurent 2 x 2,80 m (toute hauteur), soit 12 modules par étage. Si ces dimensions viennent rythmer la façade, ­elles vont aussi servir à organiser l’espace de travail lors de l’aménagement intérieur. «?Afin de faciliter la communication interne, nous avons gardé un vide entre les étages?», souligne l’architecte. En effet, la nouvelle façade n’a pas été collée à la structure de l’immeuble?: un ­espace de 20 cm de largeur a été ménagé pour permettre la propagation des sons. Comme pour lui faire écho, un deuxième vide de 1 m de ­largeur sur 6 m de longueur a été pratiqué le long de la paroi opposée en enlevant une dalle de béton précontrainte. Ce vide est répété au premier et au deuxième étage. S’il sert à la communication, ce dispositif pose des problèmes en matière de réglementation incendie. En cas de départ de feu, la façade vitrée ouverte sur trois niveaux facilite la propagation des flammes entre étages. Un vitrage pare-flamme 30 minutes, des portes coupe-feu et une peinture spéciale pour les poutres métalliques ne suffisent pas à résoudre ce problème, puisque c’est l’ouverture sur trois étages qui pose problème. À la place des sprinklers, l’architecte a mis au point un système de trappe coupe-feu en plaque de plâtre, intégrée à la paroi. En cas d’alerte incendie, le système commande automatiquement la fermeture des volets coupe-feu installés en R ?2.

Afin de souligner l’aspect industriel de l’activité d’Orac, les sols sont en béton et les poutres métalliques sont apparentes. Le sol est ainsi recouvert d’une résine époxy, qui lui confère un aspect brillant tout en protégeant le béton. Les murs sont lisses et n’absorbent pas les bruits. «?La meilleure solution était donc le flocage acoustique des plafonds?», indique l’architecte. En l’occurrence, ce sont donc 13 mm de Soundshield qui ont été projetés contre les plafonds pour obtenir un coefficient d’absorption de 0,95 pour une fréquence de 1?000 Hz.

Le problème se posait de façon différente pour la toiture. Constituée d’une tôle métallique, de 4 cm d’isolation et d’une membrane d’étanchéité, elle présentait une faible résistance au feu. L’architecte a opté pour une armature métallique fixée sur la toiture existante, sur laquelle a ensuite été projeté de la Mandolite CP2, un revêtement à base de vermiculite et de ciment de Portland, destiné à protéger les structures en béton lors des incendies. «?Ce dispositif porte à une heure la résistance au feu de la ­toiture. Il procure également une absorption ­acoustique, tout en réglant le problème de finition?», se félicite Emmanuel Baert. Rassemblés à droite de l’atrium, les bureaux paysagers sont organisés suivant une trame de 6 m de côté, qui correspond donc à trois vitrages. Les lignes de la façade cloisonnent symboliquement l’espace intérieur. Les meubles de bureaux, ­fabriqués sur mesure par Planofurn, sont regroupés par ilots de deux ou quatre. La trame organisationnelle varie peu entre les étages.

À chaque fois, l’espace est cloisonné par des ­armoires basses, de 120 cm de hauteur.

«?Clean-desk?»?: une obligation de rangement total

Conformément au parti pris initial, tous les meubles sont blancs. Un détail qui a son importance puisque la société a décidé de mettre en pratique le «?clean-desk?». Ce mode d’organisation oblige chacun à ranger son bureau en fin de journée, afin de ne laisser en place que l’ordinateur et le téléphone. Un concept qui exige de prévoir à l’avance l’ensemble des rangements nécessaires. À chaque étage, un linéaire de 30 m de longueur a été installé. Chaque étagère comporte cinq tablettes de rangement, soit 450 m ­linéaires de tablettes au total. Avec une trentaine de personnes dans les bureaux, cela représente 15 m de rangement par individu.

Des étagères ouvertes supplémentaires dissimulent les ventilo-convecteurs deux tubes de Daikin, les réseaux de fluides frigorigènes, l’ensemble du câblage électrique et informatique et le pare-flamme via la façade entre les étages. Sur le dessus, une plaque métallique en aluminium a été installée afin de dissimuler cet ensemble peu esthétique. L’accès aux réseaux pour la maintenance s’effectue par dévissage des plaques d’accès. La hauteur de cet habillage mesure 75 cm, «?qui correspond justement à la hauteur d’un bureau?: nous avons donc choisi des meubles de même dimension, ce qui conforte l’homogénéité et l’harmonie des lieux?».

Des salles de réunions entièrement vitrées en simple vitrage feuilleté ont été réalisées à chaque étage. Pour éviter les joints en silicone, le traditionnel profil en U a été remplacé par un profil en L mis au point par Beddeleem.

Les panneaux en verre d’une épaisseur de 12 mm sont raccordés par un profil de connexion pratiquement invisible - un joint en aluminium de 3 mm d’épaisseur - et serrés en haut et en bas dans un profil sobre. Il maintient le même alignement entre les vitres qui donne un aspect pratiquement sans joint. Le profil en L est ensuite fermé par un système de clipsage. Les portes sont toute hauteur et s’affranchissent de l’imposte qui nuirait à l’esthétique de l’ensemble. J. N.

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