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Aménagement L'impact des matériaux sur la qualité de l'air intérieur

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Aménagement L'impact des matériaux sur la qualité de l'air intérieur

La personnalisation de l'intérieur s'exprime à travers des couleurs vives telles que jaune citron, vert acide, fuschia, etc. (Doc. Seigneurie.)

Suite à la diminution, voire à la suppression des COV dans de nombreux produits de décoration intérieure, d'autres matériaux apparaissent. Désormais, ils agissent chimiquement sur les émissions afin d'allier confort, santé et économies d'énergie pour les occupants.

Le développement durable s'envisage aussi sous l'angle de la pérennité des matériaux et de leur mise en œuvre. Une affirmation qui se vérifie dans le domaine des revêtements de sols, où les normes et exigences ont évolué ces dernières années. Le dernier en date est le Cahier des prescriptions techniques sur la pose des carreaux de céramique grands formats collés au moyen de mortiers colles dans les locaux neufs, classés P3. L'engouement pour les carreaux de grands formats remonte environ à cinq ans. En la matière, les dimensions peuvent atteindre 300 x 300 cm ou afficher des longueurs de 120 cm pour une largeur de 30 ou 15 cm, afin d'imiter le parquet. Une taille impressionnante qui exige une pose très rigoureuse et complexe. Afin d'encadrer véritablement leur mise en œuvre, un Cahier des prescriptions techniques (CPT) devait être prêt pour la fin du mois d'octobre. Pour les dimensions, le texte concerne les carreaux 3 600 cm2 (60 x 60 cm) minimum jusqu'aux éléments mesurant jusqu'à 100 cm de côté, soit 10 000 cm2. Il ne prend en compte que les carreaux certifiés NF Upec, collés directement sur le support dans les locaux P3 au plus, c'est-à-dire les surfaces à trafic modéré des maisons individuelles, des logements et des bureaux. Bien entendu, il ne concerne que la pose de carrelage de sol en intérieur.

La réalisation de ce CPT n'a été possible qu'à partir du moment où une révision des prescriptions Upec (Cahier 35-15) a obligé les industriels à produire des carreaux ayant des tolérances dimensionnelles plus exigeantes que celles en vigueur dans la norme NF EN 14 411. Ainsi, le seuil de tolérance dimensionnelle de 0,5 % a été ramené à 0,25 % pour l'ensemble des carreaux, y compris les grands formats, avec un écart maximal autorisé pour la courbure latérale, centrale et le voile de 1,4 mm.

Pour les supports, le Cahier des prescriptions techniques prévoit une tolérance de planéité inférieure ou égale à 3 mm sous une règle de 2 m et à 1 mm sous une règle de 0,20 m. Afin de garantir cette planéité - impossible sur un support en béton - le CPT prévoit la possibilité de réaliser un ouvrage d'interposition de 6 cm de hauteur, afin que le carreleur réalise sa propre chape, y compris une chape désolidarisée en présence d'un plancher chauffant par exemple. Il peut s'agir d'une chape fluide à base de ciment ou de sulfate de calcium faisant l'objet d'un avis technique ou d'une chape désolidarisée ou flottante, conforme au DTU 26.2. Quant à la structure porteuse, il peut s'agir d'un dallage sur terre plein conforme au DTU 13.3, d'un plancher dalle conforme aux prescriptions du DTU 21 avec une dalle pleine en béton armé coulée in situ, une dalle pleine coulée sur prédalles en béton armé (BA) ou en béton précontraint (BP).

Le texte n'autorise comme système de chauffage que les planchers chauffants à eau chaude avec une température d'eau n'excédant pas 50 °C. Les planchers rayonnants électriques et les planchers réversibles avec une fonction de rafraîchissement ne sont pas admis. Une fois ces précautions prises, la pose des carreaux de grand format s'effectue avec des colles C2S1, recommandées pour tous les supports plus ou moins déformables tels qu'un plancher chauffant, par exemple. L'objectif avec la rédaction de ce cahier de prescriptions techniques est d'assurer, grâce à l'encadrement rigoureux de la mise en œuvre, un résultat à l'esthétique parfaite.

Sols souples : un taux de désordres diminuant de 50 %

Dans l'attente des résultats de l'introduction de ce CPT, il est déjà possible de constater les progrès réalisés pour les sols souples, où la refonte des textes normatifs a commencé en janvier 2008 pour les sols en PVC, comme pour les résines de synthèse. Pour les revêtements en PVC, les principaux changements concernent la reconnaissance des sols, en particulier au niveau de l'humidité relative d'équilibre (HRE) et des fissures. Afin de résoudre les pathologies liées à la problématique de mise en œuvre sur dallage, le PVC n'est plus installé en pose adhérente sur des dallages. Ainsi, le solier propose au maître d'ouvrage trois possibilités techniques : une chape rapportée sur dallage, une sous-couche d'interposition ou une barrière anti-remontées d'humidité. Les avantages et inconvénients techniques de chaque système dépendent de l'ouvrage. Aujourd'hui, les revêtements de sols des gymnases sont réalisés avec une barrière anti-remontée d'humidité, ce qui a supprimé les désordres. Depuis que le DTU 53-2 sur la pose des revêtements en PVC est appliqué, le taux de désordres a diminué d'environ 50 %. Le traitement des fissures a également été amélioré grâce à la reconnaissance préalable des ­supports par les soliers, une mesure là aussi formalisée et détaillée dans le DTU 53-2. Lorsque la fissure est inférieure à 0,3 mm, c'est une microfissure qui se traite facilement, avec un primaire adapté. Entre 0,3 et 1 mm, le solier traite les fissures suivant un process précis, mais pas au-delà. Dans ce dernier cas, c'est au maître d'ouvrage de prendre de nouvelles dispositions constructives.

Une démarche similaire a été mise en œuvre pour les revêtements à base de résine de synthèse. Ces produits attirent par leurs propriétés de résistance aux chocs, aux agressions chimiques, à l'abrasion, comme par la rapidité de mise en service et la facilité d'entretien. La mise au point du DTU 54-1 en structurant le travail des applicateurs, permet aux maîtres d'ouvrage de profiter des avantages de cette technique. Souvent utilisés en parking ou dans l'industrie, ces revêtements séduisent les prescripteurs et se retrouvent aussi bien en résidentiel, dans les commerces, les galeries marchandes, les musées, les restaurants, etc. Les industriels déclinent ces produits dans les couleurs RAL et proposent une personnalisation des décors. Le nouveau DTU encadre le travail de l'applicateur qui commence là aussi par un diagnostic et une reconnaissance du support. Le texte précise le champ d'application - locaux classés P4S - puisqu'il concerne également les pièces humides à fort trafic, tels que les cuisines centrales ou de grosses blanchisseries avec sollicitation de chariots. Encadrer l'application des résines de sols était important, non seulement pour répondre aux besoins des prescripteurs, mais également parce que le prix moyen au m2 est nettement plus important que celui d'un sol PVC. Les quatre grandes familles de résine - époxydiques, polyuréthanne, méthacrylate et époxy-uréthane - sont livrées en kits pré-dosés à formuler sur place. Ce qui nécessite précision et rigueur dans le suivi des instructions du formulateur. Les époxydiques sont plus dures et plus résistantes, tandis que les polyuréthannes sont plus élastiques. Enfin, les méthacrylates ont un temps de prise très rapide. Lors de la pose, qui est aussi le moment où les résines polymérisent, il est nécessaire d'utiliser le matériel de protection adéquat. Une fois que la polymérisation est terminée, ces produits n'émettent pas de composés organiques volatils (COV). « Du moins, c'est ce que nous pouvons dire en l'état actuel des connaissances », tempère Odile Massot, docteur en endocrinologie, biochimiste et fondatrice du cabinet Santé et environnement pour tous (SEPT).

Réduire les émissions à l'intérieur

L'amélioration de la qualité de l'air intérieur est de plus en plus prise en compte par les industriels. De nombreuses colles en phase aqueuses sont disponibles sur le marché et utilisées par les professionnels, qu'il s'agisse de revêtements de sols souples ou de carrelages. Ainsi, Interfaceflor développe le système Tactiles pour installer ses dalles de moquettes sans colle. Il s'agit de carrés d'adhésifs de 75 mm de côté qui fixent les dalles entre elles. Les dalles ne sont plus collées et c'est leur plombant qui assure la tenue au sol, ce qui diminue les émissions de COV. En effet, il n'y a plus que 5 g d'adhésif/m2 contre 70 à 110 g/m2 avec une colle. L'adhésif est fabriqué à base de PET, soit le même matériau que pour les bouteilles en plastique. Il est donc facilement recyclable. Enfin, lors du changement du revêtement, le sol est préservé et permet donc de s'affranchir d'un éventuel ragréage. Ce système n'est compatible qu'avec les dalles de la marque munies des sous-couches Glasbac et Graphlex. Porcelanosa propose un système équivalent pour les carrelages, avec le procédé Cli-ker qui n'utilise pas de colle, mais une natte EVA au dos des carreaux, ce qui accélère la pose et améliore le comportement acoustique et thermique de l'espace à carreler.

La problématique diffère pour les sols en PVC, puisqu'elle concerne cette fois les plastifiants qui peuvent représenter jusqu'à 50 % des revêtements de sols souples, contre 5 à 10 % en Allemagne, où les méthodes constructives diffèrent de l'Hexagone. Ces plastifiants sont à base de phtalates, des composés organiques semi-volatils. La question avec ce type de produits est de savoir s'ils lâchent des éléments dans l'air intérieur et dans l'affirmative, au bout de combien de temps et dans quelle quantité. « Il est possible qu'il n'y ait pas d'émission, mais nous ne disposons pas d'analyses ou de tests qui nous permettent d'en être certains », indique Odile Massot. La première version de la réglementation européenne Reach (1) adoptée par le Conseil de l'UE le 18 décembre 2006, recense trois phtalates dont la nocivité est démontrée, le DEHP, DBP et BBP. En France, les fabricants utilisent comme plastifiants le DINP et le DIDP, des produits dont la nocivité n'a pas été démontrée.

Parmi les revêtements de sols souples, les produits en caoutchouc sont ceux qui présentent le plus d'avantages. Le linoleum peut également être une solution, tout en gardant à l'esprit que ce revêtement est à base d'huile de lin, parfois allergisante. Il s'agit le plus souvent d'allergie respiratoire qui concerne une population de plus en plus importante. En 20 ans, le taux d'asthme a doublé et touche actuellement 10 % des jeunes enfants. De même, des adultes de 30, 40 ou 50 ans, sans antécédents du même type, deviennent allergiques au pollen. Enfin, l'exposition à de fortes doses de polluants peut créer une multi-sensibilisation chimique avec le développement d'une intolérance à une molécule bien précise. « Il est important que ce problème soit pris en compte par les prescripteurs d'aujourd'hui, car ces populations allergiques ou hypersensibles auront besoin de se loger et de travailler dans des espaces adaptés », répète Odile Massot lors de séminaires de formation à destination des architectes. Dans ce contexte, la ventilation et les habitudes de vie avec l'aération jouent bien entendu un rôle primordial.

Des matériaux agissant chimiquement contre les COV

De nombreux spécialistes de la qualité de l'air intérieur préconisent de plus en plus de fournir des modes d'emploi des bâtiments, afin de former les occupants à l'importance de la ventilation et de l'entretien de ces systèmes. Une problématique qui s'applique en tertiaire également avec le remplacement des filtres des centrales de traitement d'air.

Dans ce contexte, le choix des matériaux de finition devient un enjeu de santé publique. Et les industriels en sont conscients puisqu'ils ont lancé ­courant 2009 plusieurs gammes de produits qui prennent en compte la qualité de l'air ­intérieur. Il s'agit ainsi des isolants en fibres minérales exempts de formaldéhyde. La gamme Pureone d'Ursa utilise à la place un liant en phase aqueuse, tandis que la gamme Ecose de Knauf Insulation utilise des matières premières d'origine végétale. Isover a également lancé un produit sur le même principe. « Nous travaillons avec les industriels afin de connaître la nature des produits qui remplacent le formaldéhyde, indique Marika Frenette, architecte, urbaniste et directrice du bureau d'études Wigwam. S'il est difficile d'obtenir des informations, leur marketing autour de ces questions témoigne déjà d'une prise de conscience de l'importance de la qualité de l'air intérieur. Ce genre de communication aurait surpris le public il y a 5 ans. » Rappelons tout de même que les isolants ne sont a priori pas en contact avec l'air intérieur. Le risque sanitaire concerne donc avant tout les personnes qui mettent en œuvre ces produits.

Outre les isolants exempts de formaldéhyde, des matériaux à base de cellulose ou de laine de mouton ou de chanvre font leur apparition sur le marché. Ces produits biosourcés ne sont pas nécessairement une réponse sanitaire. Ils peuvent contenir davantage de liants, jusqu'à 20 % contre 5 à 10 % pour un isolant en fibres minérales classique. Leurs avantages sanitaires ne sont pas toujours évidents, tout comme leur résistance au feu.

Dans une démarche différente sur la qualité de l'air intérieur, deux fabricants ont mis au point des plaques de plâtre aux vertus dépolluantes. Il ne s'agit plus de réduire les émanations à la source, mais de traiter l'air ambiant. C'est le cas pour Cleaneo de Knauf, un produit à base de zéolithe, un minéral volcanique proche des argiles, aux effets catalyseurs assainissants qui diminue la concentration moyenne de formaldéhyde de 30 à 45 %, selon l'industriel. « Si l'efficacité de la zéolithe est prouvée en laboratoire, nous ne savons pas comment elle réagit sur un chantier. Idéalement, il faudrait pouvoir isoler l'impact de la plaque de plâtre par rapport à la ventilation, aux autres matériaux etc. Si nous manquons de recul sur ce type de produits, les artisans qui les ont mis en œuvre ont constaté la facilité de pose. La plaque est plus rigide, vraisemblablement grâce à la zéolithe, et facile à découper. Ce sont des arguments supplémentaires en faveur de ces produits », conclut Frank Richer, ingénieur santé environnement chez Wigwam. De même, Placo vient de mettre sur le marché la plaque de plâtre Activ'Air qui crée une réaction chimique et casse la liaison carbone-oxygène du formaldéhyde pour le transformer en composé inerte. Ces produits sont destinés aussi bien à des locaux hospitaliers, qu'à des ERP ou des bâtiments scolaires. « Il est en effet important de tenir compte des spécificités du système respiratoire des enfants qui, jusqu'à l'âge de 7 ans, ventilent deux fois plus d'air qu'un adulte et sont donc plus touchés », rappelle Odile Massot.

Face à ces nouvelles problématiques, ­certains maîtres d'ouvrage se trouvent souvent démunis devant la difficulté de trouver des informations objectives et neutres sur les produits de construction à mettre en œuvre. La loi Grenelle I et le Plan national santé environnement 2, grâce à des exigences précises sur la qualité de l'air intérieur, devraient les aider à trouver plus facilement des renseignements.

Fin des phases solvants en peinture d'intérieur

Les industriels des peintures, laques et vernis sont en avance sur ce sujet, car la directive européenne 2004/42/CE les obligent depuis 2007 à réduire la quantité de COV dans leurs produits et à afficher leur proportion en gramme/litre sur les pots. Plus précisément, le texte vise à réduire les émissions de COV dues à l'utilisation de solvants organiques dans certains vernis et peintures dans le bâtiment, comme dans l'automobile. Transposé en droit français, le texte fixe deux dates : le 1er janvier 2007 pour réduire le taux de COV dans l'ensemble des produits et le 1er janvier 2010 pour réduire de 50 % le taux de COV par rapport à 1990. La réglementation distingue les produits en 12 classes d'application et spécifie à chaque fois le taux de COV en g/l de peinture. Par exemple, pour la classe A, le taux de COV en phase aqueuse était de 75 g/l et de 400 g/l pour les peintures en phase solvant. Dès janvier 2010, le taux de COV pour ces deux phases descendra à 30 g/l. « Comme actuellement la technologie ne permet pas d'obtenir des peintures pour murs et plafonds avec un brillant spéculaire inférieur à 25 en utilisant une peinture en phase solvant, les produits pour l'intérieur seront à 99 % des produits en phase aqueuse », résume Laurent Giroud, chef de marché pour les peintures laques et décoratives chez PPG Peintures. La seule exception concerne les peintures d'impressions (Classe G). Ce qui s'explique par la nature des fonds, « car le législateur a pris en compte leur nature particulière. Parfois, seul un produit solvanté peut répondre à la pathologie du support. »

La technique des peintures en phase aqueuse a beaucoup évolué depuis les années quatre-vingt et les progrès ­continuent. Aujourd'hui, les produits sont essentiellement de deux sortes. Il s'agit soit de formulation 100 % acrylique, soit d'alkyde émulsion, des produits en phase aqueuse qui comprennent une infime quantité de solvant. Au sein du groupe PPG, les résines alkydes sont en dispersion dans une phase aqueuse de façon à obtenir des caractéristiques d'application spécifiques, en général proches de celles des produits solvantés.

L'application des formulations en phase aqueuse diffère de celle en phase solvant. Des outils spécifiques sont nécessaires, tels que des brosses acryliques par exemple. Une peinture solvantée est tendue puis laissée simplement à sécher, tandis qu'une peinture aqueuse est déposée et se tend ensuite par elle-même. Elle ne se travaille pas de la même façon. « C'est justement à partir du moment où l'applicateur doit mettre en place une peinture en phase aqueuse qu'il a besoin d'être formé, car le succès et la beauté d'un chantier en phase aqueuse dépend à 50 % des outils et de la méthode d'application », rappelle Laurent Giroud. D'où l'intérêt pour les prescripteurs de connaître la nouvelle réglementation afin d'adapter les cahiers des charges.

Personnalisation des revêtements

Les évolutions réglementaires obligent les industriels à accélérer leurs recherches et développements afin de transformer ces contraintes en opportunité. « C'est exactement ce qui s'est passé avec les peintures, l'un des secteurs où il y a eu le plus d'efforts. Aujourd'hui, il nous est facile de préconiser des peintures sans émissions de COV, à un prix identique. De plus, l'offre est très large », apprécie Franck Richer. Pour le blanc, par exemple, les nouvelles gammes bénéficient d'un pouvoir couvrant supérieur, de degrés de brillance plus pérennes, avec une opacité, une résistance à l'entretien et un garnissant améliorés.

Indépendamment des évolutions réglementaires, la tendance est aux peintures mates, non seulement pour l'effet esthétique, mais aussi car elles masquent les éventuels défauts de support. Le problème des couleurs mates réside dans l'entretien, puisqu'elles ont alors tendance à lustrer, d'où une demande importante pour des peintures mates veloutées, avec un degré de brillance compris entre 8 et 13 %. De la même manière, les peintures brillantes tendent vers le mat avec des degrés de brillance moindres. En termes de couleurs, les peintures décoratives - avec des effets tels que marbrés, essuyés, etc. - cèdent la place aux papiers peints. Les peintures deviennent donc plus esthétiques avec des effets de lumière discrets et raffinés. Sur la décoration proprement dite, deux courants antagonistes se développent. D'un côté, il y a ceux qui souhaitent un décor pérenne dans une conjoncture économique difficile. De l'autre, il y a ceux qui souhaitent personnaliser fortement leur intérieur en choisissant des couleurs vives,comme le vert acide, bleu outre-mer ou fuchsia sur un seul mur. En cas de lassitude, il n'y a qu'une seule paroi à repeindre.

La personnalisation ne se limite pas aux couleurs, loin de là. De plus en plus d'industriels s'associent avec des designers pour proposer du sur-mesure ou presque. Ainsi, chez Parquets Marty, un nouveau parquet imprimé à façon est disponible. Il sera possible d'imprimer n'importe quel motif sur un parquet plutôt de teinte claire, de la marque, afin de mettre en valeur le hall d'accueil d'une société ou une boutique haut de gamme. Réalisé sur mesure, le parquet à chanfrein mince est imprimé en usine, puis protégé par 7 couches de vernis, avant d'être monté. Le délai est d'environ 15 jours pour un budget d'environ 500 o/m2, qui ne comprend que l'impression. Outre cette nouvelle offre d'impression, la marque décline ses parquets dans des nuances de gris ou reprend un style qui évoque la marqueterie avec sa collection Varieto, qui évoque un alignement d'allumettes.

Dans le même ordre d'idées, mais sur les moquettes, Interface Flor a aussi travaillé avec un designer pour proposer Signature Works. Primé aux Designers day's 2007, le logiciel disponible sur le site internet de la marque permet de concevoir son propre tableau de sol à partir d'outils numériques qui évoquent l'art contemporain de Pollock ou de Miro. Les dalles sont ensuite recombinées avec des produits standards de la marque pour réaliser ainsi un sol unique. Pour passer de la conception à la réalisation, un métrage client est nécessaire.

Toujours dans la personnalisation, le fabricant de portes d'entrées K.line vient de lancer sa gamme Graphic System : des portes en aluminium qui se déclinent en 18 teintes satinées, métallisées, brillantes ou sablées et 64 modèles, avec ou sans vitrages intégrés, etc. pour créer plus de 5 000 combinaisons différentes à l'extérieur, comme à l'intérieur de l'habitat. La marque a travaillé avec François Buron de l'agence Diedre Design pour concevoir cette gamme à peine arrivée sur le marché. La porte d'entrée acquiert ainsi ses lettres de noblesse, en contribuant à différencier la façade et en jouant un rôle sur la décoration et l'ambiance intérieure.

« La récupération et le tri des déchets propres, c'est-à-dire les chutes de revêtements de sols qu'ils soient en textile, PVC, et autres, ainsi que la récupération lors de rénovation des déchets gris, représentent un vaste défi pour la profession. Les acteurs de la filière, industriels et entreprises de la mise en œuvre des revêtements de sols, travaillent ensemble pour structurer la collecte, le tri et le recyclage au niveau national. L'objectif est d'identifier des usines de recyclage adaptées à chaque produit (textile, PVC homogène, hétérogène, etc.) dans l'Hexagone et en Europe, afin d'organiser ensuite le maillage logistique pour acheminer ces déchets vers des lieux où ils seront revalorisés.

Actuellement, plusieurs expériences existent à l'échelle régionale. Certains revêtements de sols textiles servent de combustibles dans les cimenteries, par exemple. L'innovation technologique nous permettra demain de trouver des solutions de revalorisation plus intéressantes. La prochaine étape est de présenter à la profession un dossier en 2010 sur la façon d'avancer sur la gestion des déchets de façon homogène et uniforme.

Au-delà de la prise de conscience citoyenne, nous avons la volonté de maîtriser les coûts de la collecte des déchets et de faire en sorte que chaque entreprise puisse faire payer cette action au client final. Les réflexions s'orientent vers l'indication sur les devis d'une somme forfaitaire ou d'un pourcentage harmonisé sur l'ensemble du territoire, afin d'éviter de créer une discrimination entre les entreprises. »

Tableau : Teneurs maximales en COV pour vernis et peintures

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