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Améliorer le bilan énergétique passe par un choix judicieux d’éclairagisme

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Améliorer le bilan énergétique passe par un choix judicieux d’éclairagisme

En juillet dernier, le président de la Fédération des industries électrique, électronique et de communication, Pierre Gattaz, a remis au secrétaire d’État à l’industrie un rapport intitulé « Une stratégie industrielle pour les marchés du futur ». Fruit du travail de plus de 250 experts, ce rapport expose les potentiels de développement des industries et leur apport à l’économie française (1). Le premier chapitre consacré à l’éco-conception rappelle que si les équipements et systèmes électriques ou électroniques consomment de l’énergie, ils participent au contrôle des consommations. Des matériels performants associés à ces automatismes améliorent d’environ 30 % le bilan énergétique des bâtiments existants, soit l’un des objectifs prioritaires du Grenelle.

Le message est édifiant : en chauffage, climatisation, éclairage, ventilation, gestion des ouvrants, etc., les produits sont disponibles, mais les freins à leur adoption sont puissants. Et il reste beaucoup à faire pour convaincre : chiffrage et garantie des performances, formation, instauration du coût global, établissement de systèmes de comptages, etc. Les objectifs ambitieux affichés par l’après-Grenelle conjugués à ceux poursuivis par l’Union européenne bousculent les habitudes. Jusqu’ici, on apprenait le développement durable en marchant, il faut apprendre en courant.

En matière d’éclairage tertiaire, l’état des lieux n’est guère brillant. Que décrit l’étude du Centre d’études et de recherche sur l’énergie (Ceren) consacrée au diagnostic des installations d’éclairage dans les espaces de bureaux ? Un gâchis énergétique, avec un parc installé constitué à 90 % de luminaires fluorescents ferromagnétiques énergivores et l’absence de détection de présence ou de détection de lumière du jour mais aussi, un vrai problème d’ergonomie, avec des niveaux d’éclairement inférieurs aux exigences du Code du travail dans 20 % des cas. Aiguillonnée par les directives de l’UE (2) la France se dote peu à peu de règlements touchant les ouvrages et les matériels, qui font bouger les conservatismes.

Pour les ouvrages en construction neuve, l’éclairage ­tertiaire a été pris en compte dès la RT 2000, et sera renforcé dans la RT 2010, avec des exigences de consommation maximales. En rénovation, la prescription est claire, et l’arrêté du 3 mai 2007 (3) (art. 40) offre deux possibilités :

• Soit la puissance installée pour l’éclairage général du local est inférieure ou égale à 2,8 W/m² pour 100 lux sur la zone de travail ;

• soit la nouvelle installation est composée de luminaires équipés de ballasts électroniques, directs ou directs/indirects, d’un rendement supérieur à 55 %, et qui utilisent des lampes d’une efficacité lumineuse supérieure ou égale à 65 lumens par watt.

Cette exigence claire et nette s’applique à la majorité des travaux de rénovation en France. Si le montant total de l’ensemble des travaux est supérieur à 25 % du prix du ­bâtiment, et si ce bâtiment date d’après 1948 et qu’ il est d’une surface supérieure à 1 000 m², c’est l’arrêté du 14 juin 2008 (4) qui s’applique.

Pour les produits, un règlement européen va, dès 2010, exclure progressivement du marché les matériels les moins performants : tubes fluorescents standard, lampes à vapeur de mercure, sans parler des lampes pour l’habitat. Les luminaires avec ballast ferromagnétique, bien qu’ils consomment au moins 20 % de plus que ceux équipés de ballasts électroniques, ont obtenu un sursis de 8 ans. Un délai qui peut sembler long pour des produits disqualifiés dans le tertiaire, mais si les entreprises respectent les exigences de performance des ouvrages, ils ne devraient plus être prescrits. Les solutions existent, les principaux textes sont maintenant en place. Décidément : pourquoi attendre ?

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