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ACOUSTIQUE Une boîte acoustique pour la Maison des métallos

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ACOUSTIQUE Une boîte acoustique pour la Maison des métallos

1. Le bar-foyer s’ouvre en mezzanine sur le volume central et se développe en couronne sous les poutres métalliques de l’ossature d’origine.

Complètement inséré dans le tissu urbain parisien, cet équipement multifonctionnel, doté notamment d’une salle de spectacles en sous-sol, a nécessité la création d’une ossature métallique intérieure, totalement désolidarisée de la structure existante.

Edifiée en 1904 à Paris (xie), l’ancienne manufacture d’instruments à vent Couesnon a été rachetée, en 1936, par l’Union fraternelle des métallurgistes, branche de la CGT (1). Cette Maison des métallos devint alors le haut lieu du syndicalisme d’Ile-de-France, jusqu’à la fin des années 1990. ­Acquis en 2001 par la Ville de ­Paris, le site est restructuré et reconverti en « équipement culturel » populaire, en 2005-2007, par l’architecte Vincent Brossy. Les façades et les toitures des deux bâtiments sur rue et sur cour ont fait l’objet d’une inscription partielle à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2000. Érigé sur une parcelle allongée, ce lieu comprend trois corps de bâtiments reliés entre eux par un passage piétons marqué par le déroulé d’un « tapis rouillé » en acier Corten. La surface utile totale est passée de 2 449 à 2 780 m2, pour un coût d’investissement s’élevant à 13,50 Me TTC.

Voué à la création contemporaine, ce site sera le siège de rencontres, débats, expositions et spectacles, toujours ouvert aux associations de quartiers.

Une mise en sécurité générale

Il comporte cinq niveaux : au sous-sol, une salle de spectacles vivants modulable de 300 places dénommée la « salle noire» et deux salles de répétition et d’enregistrement ; au rez-de-chaussée, des locaux techniques de scénographie, un hall d’accueil avec une billetterie, un office et deux salles d’activités ; au premier étage, une grande salle d’expositions polyvalente dite « salle claire », une mezzanine dotée d’un bar-foyer, une salle d’activités, deux ateliers d’informatique et un bureau ; au deuxième étage, des salles de réunions, de formateurs, d’informatique et d’activités ainsi que des locaux de secrétariat, de comptabilité et d’archives, et des sanitaires ; au troisième étage, divers bureaux, des sanitaires et des vestiaires. Sachant que la CGT conserve toujours des ­locaux ouvrant sur la rue. Comme l’explique l’architecte, « ce nouveau ­programme hybride, où se croisent toutes les disciplines, musique, théâtre informatique, vidéo, etc., est un système interactif », qui a ­nécessité une mise en s­écurité ­générale. Tout d’abord, il a fallu récupérer le niveau de sous-sol existant, dont les chaufferies, salles de vapeur et autres installations, ont été démolies. Ensuite, le niveau est creusé pour gagner en profondeur et reconstruire le réseau de fondations. Des ­reprises en sous-œuvre ­filantes de 1 x 3,50 m sont effectuées sous les murs mitoyens en pierre. En fait, l’objectif principal était de désolidariser complètement l’ouvrage enterré du bâti alentour, afin d’abriter la salle de spectacles (« salle noire »).

Le sous-sol : assise totale de l’ouvrage

Cet espace, doté de studios d’enregistrement, doit présenter des conditions d’acoustique optimales. D’où la création d’« une boîte dans la boîte », une ossature métallique traitée acoustiquement. Le sous-sol existant récupéré, creusé, puis agrandi, forme l’assise totale de l’ouvrage. Il a fait l’objet de travaux en deux parties, une zone centrale de 10,40 m de largeur et deux collatéraux de 3 m de largeur, menés conjointement.

Pour la partie centrale, située au droit de la charpente existante, deux longrines filantes en ­béton armé ont été coulées sur les deux longueurs. Elles se superposent aux sept puits carrés des nouvelles fondations, ancrées à 0,30 m de profondeur dans les marnes belges. Mesurant 1,75 m de côté, ces plots isolés sont disposés tous les 4,36 m.

Ces longrines accueillent des boîtiers à ressort d’isolation acoustique, sur lesquels sont montées les pièces de l’ossature métallique rapportée et indépendante de la structure en place. Elle se compose de poutres PRS qui assurent l’appui transversal de dalles alvéolaires en béton. Verticalement, les PRS servent d’appui aux poteaux tubulaires. En mitoyenneté, la boîte est complétée par la pose de profilés préfabriqués et de contre-murs en maçonnerie.

Le plancher intermédiaire des deux collatéraux se compose de passerelles métalliques, constituées de profilés HEA 200 ­revêtus de caillebotis. S’élevant à 8,20 m de hauteur, le plancher du volume de la salle d’exposition (« salle claire ») est traité de façon semblable à l’aide de prédalles et de dalles pleines flottantes, mais sans boîtiers à ressort. Les deux files de ­poteaux en fonte d’origine, situées en partie centrale de l’ouvrage, ont été démontées, nettoyées, puis posées sur les prédalles, en y ­interposant des plots antivibratiles.

Les fermes anciennes de la charpente (10,40 m de ­largeur) ont toutes été restaurées en atelier (sablage) avant d’être ­remontées à l’identique. Elles reposent sur les potelets en fonte formant une double hauteur de 5,20 m.Verticalement et le long des murs mitoyens, d’autres boîtiers à ressort ont été disposés tous les 4,36 m. Ces derniers ont pour rôle de désolidariser les murs en pierre, des poteaux à profilés HEA 200 posés sur les relevés des dalles pleines.

­Chaque collatéral, coiffé d’une charpente métallique, est également traité acoustiquement. Malgré une multitude de contraintes, le concepteur a réalisé un travail créatif et minutieux, tout en ­respectant l’âme du lieu.

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