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Acoustique : niveau minimum requis dans trois types d’établissements

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Acoustique : niveau minimum requis dans trois types d’établissements

© (Doc. Didier Chatelain.)

Après quatre ans de gestation, trois textes et leur circulaire d’application, relatifs à la limitation du bruit dans les établissements d’enseignement, de santé et dans les hôtels, viennent de paraître. Explications et commentaires de Jean-Pierre Servant, ingénieur acousticien à la direction des techniques et des méthodes de Socotec.

La réglementation en matière d’isolation acoustique a toujours principalement visé les immeubles de logement, avec en particulier la NRA (Nouvelle réglementation acoustique) définie par les arrêtés du 28 octobre 1994. Avec l’arrivée des nouveaux indices européens, cette réglementation a été remplacée par les arrêtés du 30 juin 1999. De son côté, ­l’arrêté du 30 mai 1996 fixe les règles pour les isolements acoustiques des façades, vis-à-vis des bruits des transports terrestres. Les établissements ­d’enseignement étaient visés par l’arrêté du 9 janvier 1995, mais les autres types de bâtiments ne faisaient jusqu’alors l’objet d’aucune exigence réglementaire. Ce vide vient d’être en partie comblé par trois arrêtés et une circulaire, ­datés du 25 avril 2003.

Les Cahiers techniques du bâtiment : En matière d’exigence et de mesure, les approches des performances acoustiques sont-elles très différentes, selon le type de bâtiment ?

Jean-Pierre Servant : Dans leurs principes fondamentaux, les textes visant les différents types d’établissements ont de nombreux points communs :

– ils s’appliquent aux bâtiments neufs et aux parties nouvelles de bâtiments existants ;

– ils fixent des contraintes minimales à respecter et il est donc prudent de les majorer, notamment pour les niveaux de bruits ambiants faibles ;

– les exigences sont en général exprimées en termes d’objectifs de performances, parfois en termes de moyens, notamment lorsque la mesure des résultats n’est techniquement pas ­possible (exemples : aires ­d’absorption équivalente des circulations communes ou ­portes des cabines de déshabillage des établissements de santé) ;

– les exigences sont définies dans les domaines suivants : bruits aériens d’origine ­intérieure et extérieure ; bruits de chocs sur les planchers ; bruits d’équipements ; correction acoustique de certains locaux. Ce sont les mêmes descripteurs qui sont utilisés (DnT,A, L’nT,w , aire équivalente d’absorption…).

Dans tous les cas, la durée de réverbération de référence pour la standardisation des ­perfor­mances est la même ­(0,5 s à toutes les fréquences), ainsi que la méthode de mesure (norme NF S 31 057) et la valeur de l’incertitude à prendre ­en compte lors de ­l’interprétation des résultats (3 dB ou3 dB(A)).

CTB : Quelles sont les ­spécificités des différents établissements ?

J-PS : Ce sont évidemment les niveaux de performances qui diffèrent, puisqu’ils prennent en compte la destination des locaux et les fonctionnements qui leur sont propres. Pour les établissements d’enseignement, les principales modifications par rapport au texte du 9 janvier 1995 sont les suivantes :

– traduction en langage ­européen (valeurs uniques à utiliser à partir du 1er janvier 2000) ;

– valeurs des exigences déterminées en tenant compte de l’incertitude de 3 dB ;

– modulation de certaines exigences en fonction de l’expérience acquise lors de l’application du texte précédent (diminution de l’isolement acoustique minimal entre salles de classe avec porte de communication) ;

– plus grande précision dans les listes de locaux à considérer ;

– traitement particulier des ­écoles maternelles (salles de repos, portes avec dispositifs anti-pince doigts…).

Pour ma part, je regrette que mes propositions d’une plus grande différenciation entre les diverses catégories d’établissement n’aient pas été retenues. J’estime que l’on ne devrait pas traiter un amphithéâtre de l’enseignement supérieur de la même manière qu’une salle de classe du primaire. Autre exemple, les circulations des écoles sont vides pendant les heures de cours, alors qu’il n’en est rien dans les collèges et lycées, ou pour l’enseignement supérieur.

Pour les établissements de santé, jusqu’alors pas concernés, il s’agit d’un nouveau texte. Il n’existait que quelques recommandations provenant des services ministériels. Désormais, les locaux protégés sont ceux où des malades peuvent être présents. ­À savoir :

– les salles d’opération ;

– les salles d’obstétrique ;

– les salles de travail ;

– les locaux d’hébergement et de soins ;

– les salles d’examen et de ­consultation.

Pour ceux comportant principalement des locaux d’hébergement – dotés d’équipements qui les rendent, au titre du Code de la construction, assimilables à des logements, comme certaines résidences pour personnes âgées – c’est la réglementation relative aux logements qui s’applique.

En matière d’hôtellerie, le nouvel arrêté s’applique à tous les hôtels neufs, quelle que soit leur catégorie. Avant l’arrivée de ce nouveau texte, l’arrêté du 14 février 1986 fixait les normes et la procédure de classement des hôtels et résidences de tourisme. Il était demandé un confort acoustique conforme aux règlements régissant les habitations à cette époque (l’arrêté du 14 juin 1969, modifié le 18 décembre 1975). Dans ces établissements, seule la zone « hébergement » est concernée par les exigences du texte. Le niveau est assez voisin de celui qui était fixé par l’arrêté du 14 juin 1969. Pour la protection des locaux autres que les chambres, c’est au maître d’ouvrage de fixer les performances qu’il souhaite atteindre.

Il s’agit d’une réglementation « a minima », applicable aussi aux établissements pour budgets modestes et, pour des hôtels construits par des chaînes, des exigences supérieures se trouveront dans les cahiers des charges. Pour les résidences de tourisme, l’arrêté du 25 avril 2003 indique qu’elles sont soumises aux règles régissant les logements ; elles doivent donc respecter les arrêtés du 30 juin 1999.

CTB : D’autres catégories de bâtiments devraient-elles faire l’objet d’une réglementation spécifique ?

J-PS : Certainement. On attendait, par exemple, un quatrième arrêté concernant les établissements sportifs et de loisirs, auquel fait référence l’arrêté concernant les établissements d’enseignement, mais sa parution a été repoussée. Il faudra aussi traiter le cas des tertiaires, les immeubles de bureaux en particulier, où nous passons le plus clair de notre temps durant notre vie professionnelle !

Isolements acoustiques standardisés entre locaux
Type de bâtiment Local d’émission Local de réception DnT,A(dB)
Habitation Logement Pièce principale du logement voisin ? 53 dB
Hôtel Chambre Chambre voisine ? 50 dB
Enseignement Salle de classe Salle de classe ? 43 dB
Santé Chambre Chambre ? 42 dB

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