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Acoustique et thermique jouent les frères ennemis en collectif

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Acoustique et thermique jouent les frères ennemis en collectif

Le Phonbric de Terreal est un parement acoustique en terre cuite double peau (70 mm) de grande dimension (jusqu’à 400 x 900 mm), livré garni de laine de roche, et fixé sur ossature. Il est apprécié dans les halls d’accueil des immeubles d’habitations et dans les parties communes. (Doc. Terreal.) Tramichape de Tramico est un isolant mince sous chape flottante, qui améliore le confort de l’habitat et atténue les bruits de chocs dans les pièces du dessous et adjacentes. En complément, les parquets Tramiplinthe assurent une désolidarisation de la chape, supprimant ainsi les transmissions dans les pièces latérales. (Doc. Tramico.) Proposée en panneaux ou en rouleaux autoportants semi-rigides, la gamme Ultracoustic de Knauf Insulation procure une isolation thermique et acoustique haute performance dans les cloisons intérieures amovibles et démontables. (Doc. Knauf Insulation.) Composés de poutrelles GF et d’entrevous surbaissés, ces planchers mis en oeuvre par Seac voient leur table de compression fortement épaissie, afin d’augmenter leur possibilité d’affaiblissement acoustique vis-à-vis des bruits aériens. La dalle est désolidarisée par un matériau fortement résilient qui assure une protection contre les bruits d’impacts. (Doc. Seac.)

Le traitement acoustique des logements collectifs doit être pensé globalement et dans le cadre de la RT 2012. L’approche peut toutefois différer de celle nécessaire au confort thermique.

En habitat collectif, le traitement du bruit qui est ressenti comme une gêne majeure par les habitants est une priorité. L’enjeu est d’éviter la transmission des bruits aériens et d’impacts entre pièces et appartements.

L’affaiblissement acoustique entre logements passe par une isolation des cloisons intérieures, par des dalles ou planchers acoustiques et si possible, par des plinthes désolidarisées. Face aux bruits extérieurs, les nouvelles réglementations thermiques ont donné la priorité à la forte isolation thermique de l’enveloppe du bâtiment, favorisant, par la même occasion, une isolation acoustique de qualité. Il faut, en outre, veiller aux choix des ouvrants et à leurs menuiseries, ainsi qu’à la pose de portes denses et rigides.
Mais le doublage extérieur recommandé pour assurer l’efficacité thermique n’a pas que des avantages. L’absence d’isolation intérieure induite peut favoriser une transmission acoustique horizontale par la façade extérieure. La transmission latérale par la façade des vibrations sonores entre logements contigus peut même être double an cas de façade pignon. L’isolation par l’extérieur a ainsi comme paradoxe de rendre difficile la réponse à la réglementation acoustique. « La solution est mixte, assure Pascal Ozouf, acousticien chez Saint-Gobain, le doublage extérieur doit être complété par un petit doublage à l’intérieur. Ce petit doublage intérieur permet, en outre, de dissimuler les fluides, chauffage, etc, ce qui est moins contraignant que de prévoir des réservations dans le voile béton. » Notons au passage que l’atmosphère feutrée des immeubles cocon de type BBC augmente la perception des bruits intérieurs. Comme ces lourdes portes palières blindées des logements qui à leur fermeture font vibrer la structure de tout un étage et résonnent dans le silence ambiant. Un joint phonique périphérique autour de la porte est alors indispensable.

Privilégier des solutions thermoacoustiques

L’affaiblissement phonique nécessite de la masse. Si l’on souhaite des cloisons et des murs avec une épaisseur réduite, il est préférable de faire appel au principe masse-ressort-masse, constitué typiquement par deux plaques (par exemple de plâtre) enserrant un isolant ou une lame d’air. À condition de bien choisir l’isolant.
Du fait de sa légèreté, le polyester extrudé offre des performances acoustiques moyennes. Apprécié pour son étanchéité comme isolant de toiture inversée, il convient bien en cas de besoins de résistance à la compression, comme pour les parkings ou pour les toitures-terrasses qui doivent supporter les nacelles. Ludovic Zandouche, chef de marché chez Knauf Insulation, confirme que : « L’isolant privilégié est minéral. La laine de verre du fait de son élasticité est adaptée à l’isolation des parois verticales, en panneaux pour cloisons ou avec des plaques de plâtre sur ossature métallique. »
Mais les budgets très contraints dans l’habitat collectif limitent le choix des techniques. Ainsi, la façade sera souvent sous bardage en tertiaire, et sous enduit en collectif. De même, les plafonds suspendus et les plaques perforées qui sont relativement fréquents en tertiaire, sont utilisés de manière exceptionnelle en résidentiel, où la hauteur sous plafond est généralement inférieure à 2,50 m. Les produits performants mis sur le marché demeurent en pratique réservés au tertiaire et à quelques réalisations hors normes.
Pour des raisons de coût, les immeubles d’habitation construits avec une structure traditionnelle en béton ou en poteau-poutre sont généralement habillés « avec du Placoplâtre alvéolaire type Placopan, confirme Pascal Ozouf. Or, ces panneaux constitués de deux plaques de plâtre et d’une structure alvéolaire en carton ne sont pas les plus performants sur le plan acoustique. »

L’innovation a un coût

Pourtant les fabricants ont d’autres cordes à leur arc. À commencer par Saint-Gobain et son Placostil. Ce double isolant polystyrène convient à la fois pour le confort thermique et acoustique, et il peut être fixé ou collé. Mais il est peu utilisé en collectif. Depuis 2007, Saint-Gobain commercialise le Placo Phonique pouvant être associé en une ou deux couches aux Placostil.
Cette plaque acoustique est à bords amincis et parements cartonnés, et son épaisseur de 12,5 mm. Le cœur de cette nouvelle plaque à haute densité est constitué d’une structure cristalline de gypse spécifique amortissante qui permet un gain de 3 dB sur l’affaiblissement acoustique. « Cette plaque n’est pourtant pas évidente à prescrire, car elle représente 7 % de surcoût. C’est difficile à faire accepter en période de crise », confie Pascal Ozouf. Autre nouveauté, le Duo’Tech constitué de deux plaques de plâtre et de laine minérale Isover PAR Plus. Le Duo’Tech 25 est une double plaque enserrant un microfilm à hautes performances acoustiques, qui atténue fortement les vibrations sonores. Commercialisée depuis 2010, elle est là aussi plutôt plébiscitée en tertiaire. « Néanmoins depuis mi-2011, cette plaque est de plus en plus appréciée par les entreprises pour le séparatif de logements. Avant, les cloisons étaient réalisées avec du parpaing, de la brique ou du BA 18. Le Duo’Tech plus léger, permet de gagner 2 dB et 2 cm d’épaisseur. Le gain de surface est très apprécié par les promoteurs », se félicite Pascal Ozouf.

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