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À chaque époque son mode de rénovation

À chaque époque son mode de rénovation

Construite par Daniel Michelin, la résidence Les Raguenets à Saint-Gratien (95), est emblématique des grands ensembles de la fin des années 60 avec ses bâtiments barre (R+4) couplés à des tours (R+8 à R+10).Elle a été réhabilitée en 2015 par l'agence Lair & Roynette sous maîtrise d'ouvrage Osica.

© Augusto Da Silva/Agence Lair & Roynette

En fonction des choix constructifs d'origine, l'amélioration des enveloppes et des équipements de génie climatique s'envisage très différemment. Zoom sur les principales stratégies déployées.

Avec 135 000 logements rénovés en 2017, le parc social est le principal contributeur à l'amélioration de la performance énergétique des bâtiments. Cet effort est même supérieur à l'objectif de 100 000 habitations que le gouvernement a fixé aux HLM dans son « plan de rénovation énergétique » présenté en avril dernier. Il est vrai que les besoins sont importants, notamment dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) où un logement sur deux a été construit avant 1969 (1). Ainsi, la moitié des résidents de ce parc vivent dans un bâtiment construit avant les premières mesures de sobriété énergétique consécutives au choc pétrolier de 1974… Pour 7 % des logements sociaux, l'époque de construction est même antérieure à 1946 ! Les bailleurs ont multiplié les opérations de rénovation énergétique dans la dernière décennie, parfois avec le soutien des dispositifs de rénovation urbaine. La performance de l'enveloppe et des équipements (chauffage, ventilation) est devenue l'enjeu prioritaire de tous les chantiers, avant l'amélioration des parties communes ou la mise en accessibilité des logements. Et les résultats sont là : 37 % du parc social est aujourd'hui classé parmi les logements les moins énergivores (étiquettes A à C), contre 14 % de l'ensemble des résidences principales, selon des données 2018 de l'Union sociale pour l'Habitat (USH).

À Armentières (59), Alterea a assuré en cotraitance avec l'architecte Alex Osselin la maîtrise d'œuvre de la réhabilitation de 230 logements construits dans les années 60 de Partenord Habitat. L'intervention a associé ITE, remplacement des menuiseries extérieures et mise en place de générateurs gaz individuel, avec création de gaines gaz dans chaque logement.

Des potentiels variables

Tous les bâtiments du parc social ne présentent évidemment pas les mêmes caractéristiques et les mêmes potentiels de rénovation. La définition des programmes de travaux dépend très largement des modes constructifs et des équipements les plus couramment utilisés à l'époque de construction. Spécialisé dans la définition de plans stratégiques de patrimoine pour les bailleurs sociaux, le bureau d'études Alterea a défini « une segmentation des bâtiments en fonction des années de livraison, explique Guillaume Aubry, directeur de projet. Cette approche systématique nous permet de définir des plans de travaux types, avec des performances atteignables et des ratios de coûts, mais aussi d'avoir en tête des points de vigilance par rapport aux caractéristiques du bâti et des équipements ».

Cette segmentation s'applique notamment à Paris, où les premiers logements sociaux sont apparus dès la fin du XIX e siècle. Après la Première Guerre mondiale, les habitations à bon marché (HBM) gagnent la petite couronne et la plupart des grandes villes de France. Ce patrimoine conserve une qualité architecturale qui contraint fortement les travaux de rénovation énergétique. « La plupart des HBM présentent des façades en briques ou en pierres meulières qui interdisent le recours à l'isolation thermique par l'extérieur, résume Philippe Lair,[…]

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