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6 ZOOM SUR. Le conservatoire Léo-Delibes à Clichy-la-Garenne

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6 ZOOM SUR. Le conservatoire Léo-Delibes à Clichy-la-Garenne

Distingué par les prix d'Architecture du Moniteur 2009 dont il a obtenu l'Équerre d'argent, le conservatoire Leo-Delibes de Clichy-la-Garenne (92) est aussi remarquable par son architecture que par la gestion de la lumière, naturelle ou artificielle.

Dès la phase de concours, « la lumière naturelle s'est imposée », explique Bernard Desmoulin, architecte du projet. Toutes les circulations, toutes les salles, à l'exception de l'auditorium, en bénéficient. Si le bâtiment profite autant de cet éclairage naturel, il le doit en partie à la nature de la parcelle sur laquelle il a été construit : « Nous n'avons pas eu de dilemme pour rentabiliser la parcelle qui était étroite. D'un côté, nous avons de grandes circulations qui longent la rue, de l'autre, l'immeuble donne sur une cour d'école où nous avions la possibilité de ménager des ouvertures ». Depuis la rue, l'immeuble semble peu ouvert vers l'extérieur et l'on pourrait croire que la lumière peine à y pénétrer. C'est le paradoxe du projet, la façade est largement vitrée mais elle évoque un mur. L'idée était d'apporter la lumière naturelle par le biais d'un mur. Cet effet est obtenu par la conception même de la façade qui est « épaisse », acoustique et thermique obligent. De loin, elle a l'apparence d'un mur, mais plus on s'en approche, plus elle s'ouvre. De face, le piéton s'aperçoit qu'elle est très vitrée. Et, quand le soleil se couche et que l'éclairage naturel ne suffit plus, elle s'illumine de l'intérieur. Les conservatoires sont des bâtiments qui s'éclairent quand les autres s'éteignent. Ainsi, cette façade dévoile le bâtiment au fur est à mesure que la nuit tombe. La nuit, l'intérieur de l'immeuble transparaît à travers l'éclairage artificiel et cette transparence en révèle, depuis l'extérieur, la complexité, telle la variété des matières (béton, bois, métal.) et des espaces.

De fait, dans les circulations, la lumière artificielle est traitée de telle sorte que ce bâtiment R 4 donne une image hétérogène. Il s'agit de casser l'image austère et régulière de la façade. Dans les circulations qui donnent sur la rue, un éclairage complexe avec plusieurs sources lumineuses a été prévu. L'objectif est de montrer que, derrière la façade répétitive, il y a un immeuble complexe. Celui qui regarde la façade lorsque le bâtiment est éclairé à l'intérieur ne doit pas trouver de règles et, pour accentuer cette complexité, chaque étage est traité différemment. Au rez-de-chaussée, l'éclairage est concentré près du mur béton-planches, pour que l'on puisse voir depuis l'extérieur le dessin des planches apparentes. Les suspentes disposent d'une autre intensité. D'où une alternance de chaud et de froid qui accentue l'impression d'image brouillée. Pour les étages supérieurs, l'éclairage des circulations est fonction de l'agencement des étages, il peut par exemple y avoir des éclairages en sous-face de faux plafond. Il y a aussi des zones d'ombre et de lumière pour éviter l'uniformité.

Apparente simplicité

Autre élément renforçant cet aspect disparate, de petits studios de répétitions (6 m2) placés en façade. Très colorés à l'intérieur, ils sont dotés d'ouvertures de type meurtrières et lorsqu'ils sont éclairés, la façade ne laisse filtrer qu'un trait de lumière coloré. Les autres espaces du bâtiment ont également fait l'objet d'une attention particulière. Tous sont traités selon les activités qui s'y déroulent et, hormis l'auditorium, bénéficient de la lumière naturelle en journée. Ce conservatoire regroupe plusieurs activités - art dramatique, musique et danse - et chacune dispose d'un éclairage propre. Les salles de cours sont équipées d'un éclairage traditionnel avec variation de l'intensité, celui de la salle d'art dramatique est plus modulable, tandis que l'auditorium possède trois types d'éclairages. Sur le plan technique, une attention particulière a été apportée aux consommations d'énergie, de même les lampes utilisées sont toutes à basse consommation. Mais ce qui génère le plus d'économies reste bien entendu l'éclairage naturel. Dans leurs anciens locaux, les enseignants allumaient systématiquement la lumière, de jour comme de nuit. Ici, ils ont très vite perdu cette habitude.

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