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6. ZOOM SUR. Le chantier de dépollution de La Courrouze à Rennes

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6. ZOOM SUR. Le chantier de dépollution de La Courrouze à Rennes

Après avoir évacué une partie de terres polluées par les activités d'une usine d'armement, le maître d'ouvrage a choisi de confiner sur place les 10 000 tonnes restantes. Elles forment ainsi un merlon antibruit végétalisé le long de la rocade.

L' objectif pour la Zone d'aménagement concerté (ZAC) de La Courrouze à Rennes (35) est d'aménager cet espace de 115 hectares pour y installer des logements, une coulée verte, des équipements publics et d'autres activités. Quatre étapes, qui correspondent à autant de zones géographiques, ont été établies. La première tranche, de 2006 à 2010, concerne les zones du Bois habité, de Maison des bois, de Dominos et de Pilate. Avant d'entamer la construction des programmes immobiliers, il a fallu réaliser une dépollution des sols. En effet, le site a appartenu à Giat Industries. Entre 1879 et 1970, il a accueilli des activités d'assemblage et de chargement d'explosifs, avec en particulier l'usinage et le montage d'éléments de munitions et de produits pyrotechniques. Entre 1979 et 2000, une activité d'usinage de métaux a eu lieu sur cette zone, avec en particulier des traitements chimiques et électro­lytiques des métaux. Les études pré-opérationnelles ont mis en évidence des pollutions pyrotechniques sur une partie des terres militaires ainsi qu'une pollution industrielle.

L'étude détaillée des risques - conduite en 2005 par Ortec - a révélé la présence d'éléments traces métalliques. En d'autres termes, il s'agit de métaux lourds à l'état de traces, soit quelques grammes/kilo de terre. En l'occurrence, les experts ont constaté la présence par endroits de plomb, de zinc, d'argent, d'antimoine et de nickel. Il y avait également des terres souillées aux hydrocarbures.

Dans un premier temps, des opérations d'excavations et de traitement des sols en centres agréés ont été réalisées entre avril et juin 2007. Environ 10 000 m3 de terres ont été évacuées vers des centres agréés CSDU de classe 1 et 2 exploités par Séché Eco Service à Laval (Mayenne). Des analyses complémentaires menées ensuite par HPC Envirotec sur une profondeur variant entre 0,8 et 3,8 m ont montré des incertitudes et des incohérences dans certaines zones. Au vu du bilan carbone et du prix, la préfecture et Territoires, l'aménageur du site, ont donc opté pour un stockage sur place avec un remblaiement aérien sous forme de tertre.

Cellule de confinement étanche

Les discussions avec Territoires et l'équipe d'architectes et de paysagistes Secchi-Vigano-Dard-GEC Ingénierie ont permis de déterminer le lieu d'implantation du confinement, sa hauteur, sa forme et son usage. Le confinement aérien était le seul envisageable du fait de la faible profondeur (3 m) de la nappe phréatique. L'objectif du confinement était d'éviter la propagation des métaux lourds et les contacts cutanés, voire l'ingestion de terre par des enfants. Afin de préparer la cellule de confinement, un fond de forme a d'abord été préparé et une couche drainante mise en place. C'est sur cette couche qu'a été mis en place le complexe inférieur d'étanchéité grâce une géomembrane. Les matériaux excavés ont ensuite été dressés et compactés sur la géomembrane avant d'être recouverts d'une nouvelle membrane, soudée à la membrane inférieure. Elle a ensuite été recouverte d'une couche drainante, puis d'une épaisseur de terre, qui doit permettre de végétaliser ensuite le tertre. La membrane et le système de drainage empêchent la pénétration des eaux pluviales au cœur du tertre et la propagation les polluants dans la nappe. Une campagne d'évaluation de la qualité des eaux souterraines a été réalisée pour vérifier l'étanchéité de l'ensemble, grâce à un réseau de piézomètres.

La réalisation de ce confinement a fait l'objet de discussion avec la ville de Rennes et la préfecture et des servitudes réglementaires ont été établies afin de conserver la mémoire des opérations. Elles indiquent notamment les précautions à prendre en cas de travaux ultérieurs dans cette zone. Par exemple, la plantation d'arbres est interdite sur le tertre afin d'éviter que les racines n'endommagent l'étanchéité.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°291

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