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500 millions d'années de modernité

Virginie Pavie

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500 millions d'années de modernité

La pente d'une toiture en ardoise varie selon la région, le climat, la proximité de la mer et une plus ou moins forte exposition aux intempéries.Elle détermine le recouvrement de l'ardoise, compris entre 9 et 16 cm.

© Cluster da Pizarra

Principalement utilisée dans le domaine de la restauration de maisons, de bâtiments traditionnels ou d'exception, l'ardoise connaît un renouveau dans le neuf, où se développent de nouvelles typologies de façade et de couverture.

L'ardoise appartient à la famille des schistes, ces pierres à structure feuilletée qui se débitent en plaques plus ou moins fines. Il s'agit d'une roche métamorphique dont la formation sous haute pression et température extrême date de quelque 500 millions d'années. Les premières traces de son utilisation en couverture remontent au Néolithique, mais c'est véritablement la construction des grandes cathédrales qui marque l'essor de son extraction dans des carrières à ciel ouvert ou souterraines.

Très présente sur les toits parisiens, l'ardoise présente des épaisseurs courantes de 3 à 5 mm, et de 8 mm à 1 cm pour les monuments historiques et le patrimoine ancien.

La France possède à ce titre une longue tradition ardoisière. Le matériau est présent sur de nombreux édifices historiques, qu'ils soient religieux, publics (mairies, écoles, moulins… ) ou privés (châteaux, belles demeures… ). Il se retrouve également dans l'architecture traditionnelle, sous forme de toiture ou de bardage, dans des régions situées à proximité des anciens centres de production, comme la Bretagne, les Pays-de-la-Loire et la Normandie. Longtemps exploités, les gisements d'ardoise français se sont peu à peu taris. Le plus important, celui des Ardoisières d'Angers (49), a fermé ses portes en 2014. Alors que ne subsistent que quelques petits producteurs artisanaux, et que la France reste le premier consommateur mondial, la grande majorité des ardoises aujourd'hui utilisée est importée. Ce qui représente environ 200 000 tonnes chaque année, dont plus de 90 % proviennent de Galice (Espagne). Les ardoises espagnoles sont proposées par une cinquantaine de producteurs réunis dans le Cluster da Pizarra, dont la plus importante, la société Cupa Pizarras, exploite seize carrières. Leurs qualités, leur teinte bleu anthracite, sont très proches des productions françaises, si bien qu'elles peuvent se substituer à des ardoises anciennes dans le cadre d'une rénovation. À côté des ardoises espagnoles, quelques palettes d'ardoises vertes et violettes sont importées depuis les États-Unis ou le Pays-de-Galles.

Détail des systèmes de revêtement d'une toiture et d'un bardage courbe sur façade
Le bardage et la couverture en ardoises des logements de La Quantinière, à Trélazé (49), ont fait l'objet de mises au point techniques par l'entreprise de couverture, Charles & Cie, et le fournisseur d'ardoises. La difficulté consistait ici à réaliser une continuité visuelle des deux opérations sans manquer à leurs exigences spécifiques.

D'une très grande longévité, imperméable et esthétique, l'ardoise a été employée dès le Néolithique et exploitée, plus tard, pour les grandes cathédrales.

Un matériau à l'épreuve du temps

Les propriétés physiques et mécaniques de l'ardoise confèrent au matériau une très grande longévité. Il n'est pas rare de trouver des couvertures ayant plus de cent ans. Et bien souvent, lorsqu'une réfection s'impose, le problème est plus à rechercher du côté des fixations ou d'un défaut de mise en œuvre que de l'ardoise en elle-même. Utilisée en couverture ou en bardage, elle est capable de résister à des charges climatiques élevées. L'ardoise est naturellement imperméable et ingélive, la certification NF garantissant un taux d'absorption d'eau inférieur à 0,4 %. Sa production sans transformation chimique ni cuisson lui vaut d'avoir un très faible impact environnemental. Le matériau ne nécessite pas davantage d'entretien. En fin de vie, il peut être recyclé sous forme de gravillons ou de poudre, ou récupéré. Sa dépose requérant alors beaucoup de soin.

En architecture contemporaine, l'ardoise s'associe avec la pierre, le béton brut, le bois et les grandes surfaces vitrées. Ici une maison d'architecte, par l'entreprise Gautier (35).

Selon son origine, l'ardoise se distingue par sa dureté, la présence ou non de relief et son épaisseur. Plus cette dernière est régulière, plus le rendu sera esthétique. La pureté du matériau est également déterminante. Une ardoise fortement carbonatée a tendance à blanchir, c'est pourquoi elle devra être systématiquement exclue. Une pyrite de surface peut quant à elle donner des coulures de rouille sur le toit. Les inclusions[…]

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