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5 Réseaux Substitution d’une conduite de gaz par cisaillement

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5 Réseaux Substitution d’une conduite de gaz par cisaillement

Pour limiter la gêne occasionnée aux riverains, les fouilles sont terrassées par aspiration après décompactage du terrain par des outils pneumatiques. (Doc. Piasio.)

Ce nouveau procédé, développé pour les matériaux non-friables, a permis de remplacer une canalisation gaz vétuste, en plein cœur de Genève, la nouvelle conduite étant tractée par un système de tiges insérées dans la structure existante.

Les techniques de remplacement de canalisations par éclatement ou « cracking », apparues au milieu des années 1990, permettent le renouvellement de conduites existantes par de nouvelles, généralement en polyéthylène, de diamètre équivalent ou supérieur, « un doublementde la section pouvant être envisagé souscertaines conditions », précise Jean-Michel Balmat de la société helvétique Piasio.

Dans la pratique, la machine de traction hydraulique est installée dans une fouille, préalablement terrassée, à partir de laquelle un train de tiges est inséré dans la canalisation existante jusqu’à atteindre une seconde fosse, à partir de laquelle est introduite la nouvelle conduite.

Celle-ci est alors accrochée à un outil d’éclatement en forme d’obus, dont l’intérieur est équipé d’une tête de tirage, fixé au train de tiges, qui est ensuite tracté depuis l’autre extrémité. La canalisation en place éclate alors sous les efforts de pression générés par l’éclateur, tandis que les débris, comprimés dans le sol, créent une sorte de tunnel dans lequel la nouvelle conduite est tirée avant que le terrain ne se referme. En cas d’emprise limitée ou de problèmes d’encombrement liés à la circulation urbaine, les éléments de la nouvelle canalisation peuvent, bien entendu, être assemblés au fur et à mesure de la progression.

Maîtrise du voisinage sous-terrain

Premier impératif : procéder à une étude de faisabilité systématique. « Il faut, en effet, regarder et maîtriser très précisément la présence de tous les réseaux longitudinaux existants », explique Jean-Michel Balmat, la proximité d’une vieille conduite de gaz en fonte grise excluant, par exemple, toute mise en œuvre du procédé. « Il faut également procéder à des sondages sur les réseaux transversaux, poursuit Jean-Michel Balmat. Un câble électrique venant chevaucher une conduite d’eau constitue, là encore, un cas d’incompatibilité. »

Seconde obligation : utiliser des tuyaux PE protégés par une enveloppe en polypropylène (type Egeplast ou Haka-Gerodur), « Les éléments de la conduite brisée étant susceptibles de venir blesser la nouvelle structure mise en place ».Autre point à surveiller : la profondeur de la canalisation en place. En raison de la puissance des machines existantes sur le marché – de 40 à 250 t – le remplacement d’une conduite trop affleurante pourrait,en effet, induire des risques de déformations et de fissurations de la chaussée.

Portées journalières de 150 m

La demande créant la technique, « Nous avons récemment adapté le procédé, afin de résoudre le problème des conduites en matériaux non-friables, type fonte ductile, impossibles par essence à éclater », explique Jean-Michel Balmat. D’où la naissance de cette méthode dite « par cisaillement ».

L’obus d’éclatement est précédé par un outil de découpe, équipé de trois mollettes de diamètre croissant, qui cisaille au préalable, à l’avancement, la canalisation en place, l’obus se contentant ensuite d’écarter les morceaux. « Nous venons de procéder à la substitution d’une ancienne conduite gaz de 100 mm de diamètre, au cœur de Genève, celle-ci étant remplacée par des tuyaux en polyéthylène renforcé PP de 110 mm de diamètre sur 60 m de longueur. » Il s’agit donc d’une opération à diamètre quasi équivalent, la société Piasio refusant, avec cette solution, toutes les augmentations de section. « Avec un diamètre plus important, le tuyau existant risque en effet, une fois découpé, de venir chevaucher le tuyau en PE et donc de trancher irrémédiablement l’enveloppe en polypropylène », détaille Jean-Michel Balmat. En termes de portées, ce n’est pas le record qui est visé, mais le confort des usagers qui dicte la longueur du tir réalisé. « Le client nous livre la conduite le matin, après avoir coupé les vannes à chaque extrémité, et nous restituons le chantier terminé, en fin de journée. » C’est pourquoi la longueur entre deux fouilles consécutives n’excède pas 150 m, afin de pouvoir réaliser le chantier dans la journée. « Il serait parfaitement possible d’aller au-delà, mais il faudrait alors, le lendemain, retirer sur un tube autour duquel le terrain se serait refermé durant la nuit ou lors d’un week-end. » Il s’ensuivrait un phénomène d’abrasion accrue nuisible à la pérennité du matériau. À noter que pour limiter la gêne occasionnée aux riverains, les fouilles sont terrassées par aspiration. Pour ce faire, le compagnon emploie de petits outils pneumatiques, dont le poids n’excède pas 5 kg, qui permettent de décompacter le terrain et donc de le déstructurer, les déblais étant ensuite facilement aspirés par une machine adaptée. Pour l’avenir, Jean-Michel Balmat avoue travailler sur une nouvelle évolution de la technique. Cette solution permettra carrément de décoller et d’extraire la canalisation existante, qui sera ensuite découpée dans la fosse de sortie, au fur et à mesure de son extraction. « Il s’agit, là encore, de répondre à une demande émergente : celle de pouvoir augmenter le diamètre lors du remplacement de canalisation en matériaux non-friables », conclut Jean-Michel Balmat.

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