4 Noues végétalisées Traitement « zéro réseau » à Cergy-Pontoise

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4 Noues végétalisées Traitement « zéro réseau » à Cergy-Pontoise

Les eaux pluviales sont collectées dans un réseau de 800 m de noues étanchées.

Ce système alternatif, constitué de noues étanches, de filtres de traitement végétaux et de bassins de stockage plantés, permet de « réinfiltrer » les eaux de pluies, préalablement dépolluées.

D u programme original de technopole prévu, seule l’université et une pépinière d’entreprises ont été réalisées sur la ZAC de Neuville-Université (95).

Afin de poursuivre son aménagement, la Communauté d’agglomérations de Cergy-Pontoise souhaitait implanter, de part et d’autre d’un mail principal (Gay-Lussac), des immeubles à vocation tertiaire, une extension des bâtiments universitaires et des logements étudiants, ainsi qu’une placette commerçante en prolongement. Les bâtiments doivent émerger au cœur d’une trame viaire et de réseaux en commun lourds, dont la gare de RER A « Neuville- Université », l’ensemble du projet représentant une superficie de 11 ha (en intégrant les espaces boisés).

Un réseau séparatif proche de la saturation

Un soin tout particulier a été apporté dans la gestion des eaux pluviales. L’urbanisation de ce nouveau quartier risquant d’entraîner un risque de saturation du réseau existant de type séparatif, les responsables du projet se sont orientés vers une solution « zéro rejet » (pour une pluie de retour de vingt ans) à l’extérieur de la zone.

Toutes les eaux de ruissellement, provenant des parcelles privées et des surfaces imperméabilisées (le schéma directeur d’assainissement autorise un débit de fuite de 5 litres vers le réseau), sont donc collectées, puis « réinfiltrées » dans le terrain.À noter que la nature des sols (sables de Beauchamp, marnes et caillasses) offre des niveaux de perméabilité assez élevés, compatibles avec l’objectif de ce type de solution. Mais ce projet ambitieux s’avère quelque peu avant-gardiste (voir encadré) puisqu’il intègre non seulement la gestion quantitative du problème, mais aussi celle, qualitative, des charges polluantes.

L’usage du site apporte, en effet, au niveau des voiries internes aux parcelles et des aires de stationnement, des matières en suspension et des débris organiques de végétaux, mais aussi des hydrocarbures et certains métaux. Dans la pratique, les eaux pluviales provenant des toitures, des voies de circulation et des parkings sont collectées via un système de noues (800 m au total) pouvant monter en charge. Ces noues (0,80 m de profondeur moyenne) sont étanchées (complexe bentonitique protégé par un géotextile), lorsque la zone est susceptible de recevoir des eaux pluviales sales. Et sont non-étanchées (profondeur 0,30 m), dans le cas contraire (elles jouent alors le rôle de réservoir tampon et de zone d’infiltration).

Les noues récupèrent également les eaux de ruissellement issues des parcelles privées, situées de part et d’autre du mail, par le biais de canalisations qui lui sont connectées.

Une dépollution par filtres végétaux

Les noues pluviales sales acheminent ensuite les eaux collectées vers des fossés filtrants de 1,20 à 1,90 m de profondeur, fonctionnant sur le principe des jardins filtrants, capables de piéger les polluants et les particules en suspension. Ces filtres végétaux, qui viennent en remplacement des habituels séparateurs hydrocarbures, séquestrent les métaux lourds au sein de leur substrat de fixation.

Ils retiennent également les hydrocarbures, graisses, HAB et PCB, qui sont ensuite digérés de manière anaérobie par les micro-organismes présents au sein du filtre végétal et maintenus par la rhizosphère des plantes. Les filtres végétaux utilisés pour le traitement des eaux et leur épuration sont réalisés sur des lits plantés de végétaux semi-aquatiques, tels que massettes, roseaux et iris.

Les eaux traitées (temps de séjour d’une heure au minimum pour une longueur de 10 m) sont ensuite acheminées vers des bassins végétalisés, non-étanchés et plantés d’espèces aquatiques et des zones boisées d’infiltration peuplées d’arbres et d’arbustes.

Dans ces zones, l’eau est soit infiltrée dans le sol, soit consommée par les plantes ou « évapotranspirée ». Les pentes des noues, bassins et zones boisées sont plantées d’un mélange de graines spécifique, dit « spécial bassin de rétention », adapté à des conditions très humides entrecoupées de périodes sèches. L’acheminement des eaux pluviales sous-chaussée s’effectue par l’intermédiaire de canalisations en fonte, situées à 0,10 m du fond de la noue, leur diamètre étant dimensionné à partir du débit de pointe de chaque sous bassin-versant pour une pluie de vingt ans sur quinze minutes.

Dans la pratique, le système qui, mis en place, offre au total une capacité destockage de 1 259 m3, permet donc de contenir et infiltrer un épisode pluvieux de type « vingtenal » sur vingt-quatre heures. Les pluies d’intensité supérieure sont évacuées vers le réseau d’eau pluviale, via des grilles avaloirs et une canalisation de « surverse ». Côté intégration paysagère, le choix des végétaux contribue à créer un paysage de zone humide, offrant un impact visuel des plus attrayants.

À noter « qu’une partie de l’infiltration et de l’évaporation se fait par le biais de fossés sinueux, afin de respecter les arbres d’un espace boisé classé, qui trouve ainsi une nouvelle fonction dans l’urbanisation », précise Thierry Jacquet, le président de Phytorestore.

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