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4 MONUMENTAL Diversification et sophistication de la mise en lumière

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4 MONUMENTAL Diversification et sophistication de la mise en lumière

Pour le Data Center de la Plaine Saint-Denis, le dispositif d'éclairage invisible, installé derrière les lames en polycarbonate, se compose de tubes fluorescents munis ou non de filtres colorés. (Doc. 8'18''.)

De plus en plus élaborée, la mise en lumière des bâtiments ne se limite pas à leur éclairement extérieur ou intérieur. L'éclairage s'applique désormais à des équipements, des objets industriels voire à des sites emblématiques.

Telle une scénographie, l'illumination d'un bâtiment lui octroie une autre dimension visuelle, en appréhendant l'ensemble construit ou en soulignant certains détails architecturaux. Créatrices d'ambiances, les approches d'éclairage menées par les concepteurs lumière varient selon les spécificités des lieux. Un équipement culturel ou commercial ne sera pas traité de la même façon qu'un parking ou un bâtiment historique. Ainsi, en 2009, le concepteur lumière Roger Narboni(1) de l'agence Concepto a réalisé l'éclairage du pont aqueduc, situé sur les villes d'Arcueil et de Cachan (Val-de-Marne). Cet immense ouvrage en pierre meulière, de 1 000 m de longueur et 38 m de hauteur, est formé de vestiges gallo- romains et moyenâgeux, sur lesquels se greffe l'aqueduc Belgrand (1870). L'illumination des arches, en contre-plongée, de ton ocre, lèche les faces internes des piles et en dessine les vides. Fixés sur les joints des pierres à 2,80 m de hauteur, 142 appareils d'éclairage de 2 m de longueur sont équipés de tubes néons TLB IP 65 Corniche (Thorn). Pour le balisage de crête, sont installés, de part et d'autre du parapet, 156 appareils IP 65 Pinspot à trois leds 1 W (Thorn) de couleur cyan, dotés de boîtiers de pilotage DMX. Et 33 projecteurs QBA (Thorn), munis de lampes à iodures métalliques céramiques et à filtres en verre orange, sont posés sur les arches hautes, pour éclairer le centre des voûtes. « Ce dispositif donne de la profondeur aux perspectives nocturnes », souligne Roger Narboni. Dans le même ordre d'idées, l'éclairage intérieur puissant des bâtiments publics, tels que salles de spectacles, stades ou piscines, contribue à leur repérage dans le paysage urbain. Il en est ainsi du centre thermoludique de Montrond-les-Bains, des architectes Chabanne & Partenaires (2 009). Par ailleurs, la démarche menée par Les Eclairagistes Associés (LEC) pour illuminer le pôle de loisirs et de commerces du Carré de soie à Vaulx-en-Velin (Rhône), diffère totalement.

Vecteur de repérage dans le paysage

Dessiné par les architectes Faulkner & Browns (conception) et Arte Charpentier (exécution), ce complexe doté de deux niveaux abrite un centre commercial, un multiplexe de quinze salles et diverses activités de loisirs. La façade basse du bâtiment est prolongée par un auvent en forme de vague protégeant la rue extérieure de desserte des boutiques. Projet phare de ce quartier en mutation, cette mise en lumière attractive, livrée en avril 2009, favorise le repérage. Se déployant sur le parvis, « la structure en claustra soufflée », nommée ainsi par les concepteurs lumière Laurent Fachard et Joseph Frey (LEC), sert de support magnifié par l'éclairage installé. Ce dernier, aux allures de fête foraine, intègre 850 guirlandes Icolor Flex SLX (Color Kinetics) fixées aux poutres de l'ossature métallique. « Ces quelque 16 000 pixels RVB (rouge vert bleu) à leds (diodes électro­luminescentes), adressés point par point, permettent une programmation chromatique mouvante dans l'espace et le temps qui varie au gré des saisons et des événements commerciaux », précisent-ils. Il s'agit de « plonger le site dans une symphonie de couleurs en mouvement, créant une ambiance dynamique et vivante », ajoutent les concepteurs. Ce système d'ossature à lumière trichrome se retourne sur la coursive située à l'étage et sur l'allée intérieure du centre. En revanche, une lumière blanche rassurante (3 000 °K), à base de tubes fluorescents IRC 85 (Philips), équipe les nœuds de circulation et les parkings, les allées de ces derniers étant traitées en bleu, pour guider les usagers. Un autre domaine a trait aux réalisations architecturales d'envergure, comme le Quai d'Angers (Maine-et-Loire), espace culturel réalisé en 2007 par l'équipe d'Architecture-Studio. L'édifice abrite principalement un théâtre de 975 places, une salle modulable de 400 places et un restaurant panoramique. Son hall d'entrée de 1 100 m2, ou forum, est un volume ouvert sur l'extérieur, servant de lieu d'accueil et d'exposition.

Intégration dans les édifices

L'éclairage de ce déambulatoire a été confié au concepteur lumière Georges Berne assisté de Rémy Cimatevilla (l'Observatoire1). Pour l'éclairage d'ambiance, le plafond est équipé de suspensions à quatre lampes à iodures métalliques (150 W), accrochées à des armatures placées à différentes altimétries. En fond, se déploient deux escaliers et leurs dessertes, théâtralisés par deux murs en béton percés d'ouvertures inégales. L'intérieur des coursives est éclairé par des tubes fluorescents posés dans des gorges lumineuses et sur les parois. Cette lumière blanche met en relief, par des effets de profondeurs, les murs peints en dégradés d'orange et de violet. Une démarche différente s'applique sur le Data Center (Interxion V), érigé à la Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), par DK Architectes (Emmanuel Kuhn et Karine Martin). Ce centre de sauvegarde informatique (66 x 60 m) comporte un socle en béton surmonté de parois en bardage métallique habillées d'une double peau en lames verticales de polycarbonate translucide de 13 m de hauteur, espacées de 45 à 90 cm. Le bâtiment a fait l'objet d'une subtile mise en lumière par les plasticiens lumière François Migeon et Georges Berne, assistés de Rozenn Le Couillard (8'18''). Jouant sur un double rythme, le dispositif intégré à l'ouvrage consiste à accrocher, à l'arrière, des lames et sur trois façades, 246 tubes fluorescents (54 W) de 1,20 m de longueur, ceints de gaines étanches en verre (Sammode). Le premier « rythme figé », émanant des néons à lumière blanche, répartit les tubes sur trois bandes superposées, à raison d'un, toutes les quatre lames. « Venant en surimpression, un second ryhtme graphique en lumière violet-parme décrit une spirale, les tubes étant pourvus de filtres colorés », indique François Migeon. Le choix de la fluorescence à ballast électronique s'est imposé, par souci d'économie, la faible consommation provenant de la gradation et de la gestion de l'éclairage par GTC.

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