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3. Déchets Aucune réglementation particulière pour l’évacuation

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3. Déchets Aucune réglementation particulière pour l’évacuation

La gestion écologiquement rationnelle des déchets et de leur élimination en site de montagne doit prendre en compte les conditions naturelles et structurelles ainsi que la diversité des situations rencontrées.

En milieu montagnard, les modalités de gestion des déchets ont quelques particularités liées aux contraintes de relief, d’altitude, de climat, d’espace disponible et de dispersion de l’habitat. Les architectes associés Loic Devineau et Marc Miginiac (pour la Société des Trois vallées) ont conçu au-dessus de Meribel, à 2 200 m, un bâtiment représentatif des problèmes à résoudre pour éliminer les déchets engendrés depuis le début du chantier jusqu’à son fonctionnement (restaurant, espace d’accueil et salle d’exposition : SHON 750 m2).

Le relief est la principale caractéristique d’une zone de montagne et il est généralement la cause de toutes les difficultés. Le facteur « pente », affecte principalement l’organisation de la collecte des déchets, et la dispersion de l’habitat aboutit à une production géographiquement éparpillée de déchets qui oblige souvent la mise en place d’une gestion autonome. L’accès au chantier s’est fait par la piste existante. Les terrassements et les mouvements de terrain ont été limités au maximum. Une prise d’eau du ruisseau du ­Vallon située à l’aval hydraulique des travaux ne devait en aucun cas être polluée. Des précautions drastiques ont été prises pour éviter des pollutions sur la parcelle et son voisinage. Chaque engin de terrassement était équipé d’un kit antipollution destiné à absorber les huiles hydrauliques en cas de rupture d’un flexible. Le soir, les engins possédant des réservoirs d’huile étaient stationnés sur un parking spécialement aménagé pour contenir une éventuelle fuite.

S’affranchir de tout risque de pollution

Cet aménagement a consisté à placer une membrane étanche sous une couche de gravier de 30 cm. En fin de chantier, le gravier souillé a été évacué vers un centre de traitement. Le stockage de carburant pour les engins était limité au strict minimum et il était réalisé sur des bacs de rétention étanches, d’un volume supérieur au stockage. Aucune vidange n’était autorisée sur le site des travaux. Pendant la durée du chantier, les déchets ont été triés à fin de récupération ou pour permettre leur recyclage. Aucun déchet de chantier n’a été enfoui dans les remblais, de même qu’aucun feu n’a été autorisé. Pour leur tri, il était prévu trois types de bennes qui ont été installées pour recevoir les gravats et inertes, les plastiques et emballages et enfin, les bois. Les déchets spéciaux tels que les restes de peinture, les huiles moteurs… n’ont pas été stockés sur le chantier. Ils ont été redescendus le soir même dans la vallée.

Les rejets de laitance de béton étant interdits dans le milieu naturel, un bac de rétention a été aménagé à cet effet. En fin de chantier, les résidus ont été évacués en décharge. Situé dans le périmètre de protection des captages, l’évacuation des eaux usées fût un point très délicat du projet. Le maître d’ouvrage a décidé d’emblée de construire une conduite spécifique, avec comme objectif de s’affranchir de tout risque de pollution. L’étude de cet ouvrage à été confiée à un bureau spécialisé ayant une grande expérience dans les égouts de restaurants d’altitude. Les eaux usées (EU) sont collectées dans un poste de relèvement situé à l’extérieur du bâtiment. Ce poste collecte le réseau d’EU en provenance des appareils sanitaires, le réseau d’eaux de cuisine, en provenance d’un bac à graisses ; tous les siphons de sol du bâtiment et les eaux pluviales de la terrasse. Le dispositif de collecte comporte un poste de relevage équipé de deux pompes délacératrices qui éliminent les risques d’obstruction de la conduite. Les pompes sont protégées des plus gros objets par une grille large et un système d’alarme sécurise l’ensemble. Ensuite, le transfert des effluents jusqu’au collecteur de ­Méribel-Mottaret se fait par une conduite étanche en PEHD électrosoudée de 140/160 mm de diamètre et sur un développé de réseau de 4 km pour 400 m de dénivelé. Une alimentation séquencée de la conduite permet de s’affranchir du risque de gel.

Pour la surveillance de la conduite étanche et pour éviter toute mise en charge, des capteurs de pression avec transmetteur d’alarme ont été installés sur les tés de curage, distants de 200 m les uns des autres. Pour détecter une éventuelle rupture de la conduite, occasionnée par un glissement de terrain par exemple, un test de pression est effectué chaque automne. En doublage de ces dispositifs de sécurité, toute pollution au niveau du captage du ruisseau du Vallon serait immédiatement détectée par le biais de la chloration et du détecteur de chlore du réservoir de la Rosière, géré par la Société Lyonnaise des Eaux.

Les eaux pluviales (EP) à récupérer proviennent de trois sources : la toiture, le drainage et la terrasse. Ne posant pas de problème de pollution, les EP provenant de la toiture et des drains sont rejetées dans le marais du Plan des Mains. Pour la terrasse, l’eau est récupérée sur les bacs acier qui assurent l’étanchéité de la terrasse bois. Même si le risque est faible, une pollution de cette eau causée par les déchets tels que les mégots de cigarettes, les déchets de nourriture, les forfaits de ski… n’est pas à exclure. L’évacuation des EP de la terrasse est raccordée au collecteur des eaux usées afin d’éliminer tout risque de pollution. La gestion des autres déchets d’activités est adaptée au mode de collecte. Les déchets sortant de la laverie et de la cuisine sont triés et chargés directement dans une benne de transport. Pour s’harmoniser avec le tri sélectif mis en place à Méribel, trois containers sont en place dans la benne pour séparer les verres, les emballages et les déchets organiques. La benne est descendue à la station par les dameuses tous les deux jours au maximum. A. D.

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