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3 COMMERCES Utiliser l'éclairage pour guider les clients

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3 COMMERCES Utiliser l'éclairage pour guider les clients

Installés en vitrine, les spots Graffiti de Thorn Europhane s'adaptent grâce à un système de focalisation qui permet de régler leur faisceau en fonction de l'objet à éclairer. Ils conviennent ainsi aux boutiques, dans lesquelles l'agencement change fréquemment. (Doc. Pascual Photographie.)

L'éclairage des lieux de vente mise sur le contraste et l'accentuation afin d'attirer le client. Une démarche qui nécessite de prendre en compte la totalité de l'espace et qui s'enrichit de nouvelles possibilités grâce aux leds.

En matière d'éclairage des lieux de vente, qu'il s'agisse de boutiques de luxe ou de grandes chaînes de magasin, deux problématiques principales se dégagent. Pour les premières, il s'agit avant tout de mettre en valeur les produits. Pour les secondes, ce sont davantage les économies d'énergie, de maintenance et la diminution du coût d'exploitation qui importent.

Pour les boutiques haut de gamme, « la priorité est toujours de mettre en valeur les produits et d'inciter les clients à les acheter », indique Philippe Michel, éclairagiste et directeur associé de Speeg et Michel. « La démarche dans ce cas débute avec l'objet à éclairer. Nous créons ensuite une échelle de valeur en termes de puissance qui va indiquer le type de source lumineuse, la température de couleur et l'implantation de l'appareil. La plupart des lampes rendent correctement les couleurs. L'indice de rendu des couleurs (IRC) n'est donc plus un problème. » Ces niveaux d'éclairement servent ensuite à déterminer des rapports de contraste et des zones d'attraction. « Nous guidons les architectes pour les choix des couleurs, des textures et la brillance ou la matité. Plus un espace est brillant, moins il accroche la lumière », précise l'éclairagiste.

Pour l'éclairage général, les tubes fluorescents T5 sont souvent plébiscités. Ils coûtent moins cher en exploitation (un tube de 14 W allumé 10 heures/jours, 200 jours/an, affiche une consommation de 28 kW) et leur changement n'intervient que tous les 8 à 10 ans. Une durée de vie qui séduit les exploitants, surtout comparée à celle des spots halogènes TBT dichroïques de 50 W qui, dans la même configuration, consomment 100 kW/an et nécessitent d'être changés tous les 2 ans. Le syndicat de l'éclairage souligne d'ailleurs les avantages des lampes fluorescentes qui, dans le cadre d'une rénovation complète d'installation, réduisent le nombre de luminaires tout en assurant une meilleure qualité de lumière et un éclairage plus performant. Enfin, cerise sur le gâteau, ces lampes gagnent sur le bilan environnemental avec moins de mercure et moins de matière première mise en œuvre. Enfin, grâce au ballast électronique, leur durée de vie est allongée. Dans les versions « démarrage à chaud » et « gradables », il adapte les systèmes de gestion pour générer des économies de consommation.

Des sources qui s'adaptent aux différentes configurations

Pour l'éclairage d'accentuation ou de contraste, le syndicat de l'éclairage préconise les lampes à iodures métalliques à brûleur céramique, qui peuvent facilement être intégrées dans des spots de petites dimensions et illuminent de façon éclatante les produits à mettre en avant. Ces produits offrent une qualité de couleur de lumière constante, sans dérive vers les bleus ou les verts après quelques mois de fonctionnement, comme cela a pu être le cas avec les anciennes lampes iodures. Plusieurs fabricants proposent des produits spécifiques pour l'éclairage d'accentuation. Ainsi, les projecteurs d'intérieur Graffiti de Thorn misent sur la flexibilité. Le spot peut fonctionner avec des lampes halogènes, dichroïques très basse tension dans sa version S. En taille M, il est fourni avec deux options de réflecteurs intensifs ou extensif et un système de focalisation du faisceau. Des solutions également disponibles pour la taille L qui fonctionne avec des lampes à décharge. Le point fort de ce projecteur, destiné aux boutiques et aux musées, est sa faculté d'adaptation grâce à son système de focalisation permettant de régler l'ouverture du faisceau et grâce à ses différents accessoires (filtres dichroïques, filtres de couleurs, volets coupe-flux et grille nid-d'abeilles) qui évitent l'éblouissement. « La modularité est un élément important dans les commerces, où les exploitants modifient régulièrement l'agencement de l'espace », précise Marion Buchheit, chef de marché intérieur, tertiaire et systèmes chez Thorn Europhane.

Une priorité qui éclipse même les économies d'énergie selon Philippe Michel. « Certes, l'éclairage représente entre 25 et 50 % de la facture d'électricité, mais cette dépense est à relativiser par rapport au chiffre d'affaires de l'entreprise. Non seulement les économies d'énergie ne sont pas une priorité, mais il est difficile pour les exploitants d'estimer les consommations d'éclairage par rapport à celles de la climatisation ou du traitement d'air. »

Consommer moins grâce aux leds

Un avis que ne partagent pas toujours les fournisseurs de systèmes à base de leds. C'est le cas, en particulier, d'Hugues Lefèvre, responsable technique du Glassiled chez AGC. « Les réglementations sur la consommation maximale pour l'éclairage sont en train d'évoluer. La Californie impose déjà des maxima et il semble que la Commission européenne soit aussi en train de réfléchir en ce sens. Cela va changer les mentalités puisque jusqu'à présent l'éclairage était plutôt pensé en termes d'éclairement minimal à fournir. » En attendant, les leds sont considérées comme une solution coûteuse à l'achat pour l'éclairage principal. En termes de lumens/Watt, elles affichent certes des records avec déjà plus de 100 lumens/W pour les meilleures. Le problème réside dans le nombre de lumens par source lumineuse. Là où une seule ampoule de 75 W restitue 1 050 lumens, une led de 3 W, pour les plus puissantes, ne peut en restituer que 300. Il est donc nécessaire d'augmenter le nombre de composants électronique, ce qui augmente le prix de façon importante. « Intégrées dans un vitrage et donc au plus proche de l'objet à mettre en valeur, leur lumière concentrée ne présente que des avantages », estime donc Hugues Lefèvre.

La longue durée de vie des leds (50 000 h environ) et leur faible consommation électrique représentent cependant un atout pour de nombreux exploitants. « Dans un contexte de crise économique, les faibles consommations électriques et l'absence de relamping constituent des arguments décisifs pour les propriétaires de chaînes de magasins », note Eddy Calvados, responsable de la région Paris et grand nord pour Switch Made, entité dédiée aux leds, du groupe PM Holding. Tout comme Marion Buchheit de Thorn Europhane, il invite ses clients à raisonner en coût global : « Pour le produit Base LED que nous commercialisons depuis 1 an environ, nous estimons que le retour sur investissement est réalisé en 2,5 ans », précise-t-elle. Et ce type d'éclairage ouvre aux architectes et aux éclairagistes une gamme infinie de nouvelles possibilités.

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