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2 Label Objectif BBC : 50 kWh/m²/an de consommation énergétique

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2 Label Objectif BBC : 50 kWh/m²/an de consommation énergétique

Dans la périphérie de Metz (57), Busipolis est un bâtiment R+3 en double cube, avec 1 950 m² de bureaux modulables, largement éclairés par la lumière naturelle. La ventilation naturelle, les PAC réversibles et les cloisons Energain à changement de phase, qui augmentent l’inertie thermique du bâtiment, devraient permettre d’atteindre l’objectif affiché de demeurer à moins de 50 kWh/m2/an.

Quel que soit le système constructif, l’objectif des 50 kWh/m²/an max peut être tenu, en prenant certaines précautions et en acceptant un surcoût modéré.

Pour les constructions neuves en résidentiel, le label Bâtiments basse consommation (BBC), impose de ne pas dépasser une consommation en énergie primaire de 50 kWh/m²/an, une valeur portée à 80 kWh/m²/an dans le cas d’une rénovation. La surface est mesurée hors œuvre au sens de la RT (Short). Pour les bâtiments tertiaires, la consommation exigée doit être inférieure de moitié à la consommation conventionnelle de référence de la RT 2005 (et inférieure de 40 % en rénovation).

Dans ces différents cas, la généralisation de l’application du label BBC dans le cadre de la RT 2012 représente une réelle avancée. Son application sera généralisée dès le 1er janvier 2011 pour les bâtiments publics et tertiaires et au 1er janvier 2013 pour le résidentiel. La profession bénéficie d’un délai supplémentaire pour le logement collectif, avec une augmentation forfaitaire de l’exigence de consommation de 7,5 kWh/m²/an applicable temporairement jusqu’au 1er janvier 2015.

En tirant un bilan des bâtiments BBC déjà construits dans le cadre de Prebat, l’Ademe a pu rassurer les professionnels. Répondre à ces nouvelles exigences est faisable en combinant des techniques déjà disponibles. Le surcoût constaté sur chantier est d’environ 15 % en moyenne, mais s’avère plutôt inférieur en résidentiel et devrait se réduire progressivement.

Un moteur de calculs plus complet

L’objectif de consommation maximale d’énergie primaire (Cmax) est modulé en fonction de la localisation géographique et de l’altitude, mais aussi (et c’est une nouveauté) de la catégorie de bâtiment, de la nécessité de climatiser ou non, de la surface moyenne des logements et du type d’énergie utilisée (en particulier avec une évaluation des émissions de gaz à effet de serre). Son calcul prend en compte cinq postes : le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, le refroidissement et la ventilation, les auxiliaires et l’éclairage des locaux. Les coefficients de conversion d’énergie finale en énergie primaire sont de 1 pour les énergies fossiles, 0,6 pour le bois et de 2,58 pour l’électricité, une valeur qui handicape l’option tout électrique et interdit en pratique le chauffage par convecteurs. En maison individuelle, le recours aux énergies renouvelables devient obligatoire a minima, mais la production locale d’énergie n’est pas prise en compte au-delà de l’autoconsommation. Pour délivrer des résultats plus précis, le nouveau moteur de calcul développé par le Cstb avec ses partenaires exploite des fichiers météo départementaux construits sur quinze ans, à la place des huit zones climatiques définies dans la RT 2005.

Des techniques connues,mais pas toujours maîtrisées

Les méthodes constructives du BBC font pour la plupart déjà partie du registre connu par la profession. La panoplie disponible s’enrichit avec l’arrivée sur le marché de blocs de béton cellulaire ou de monomurs de plus grande épaisseur et par la montée en puissance des ossatures bois. La prise en compte des grands principes bioclimatiques devient incontournable, compacité des formes, optimisation de l’orientation et des apports solaires, ajout de vérandas...

• Toujours dans l’optique de réduire les besoins en chauffage, l’isolation de l’enveloppe doit être considérablement renforcée. L’épaisseur de l’isolant, traditionnellement comprise entre 50 à 100 mm, passe avec la BBC dans la fourchette des 150 à 300 mm. Cela donne une résistance thermique R (en m2.K/W) pour les murs qui se situe entre 4 et 7 (au lieu de 2 à 3) et pour les rampants de la toiture un R entre 7 et 10 (au lieu de 4 à 6 en RT 2005).

• Enfin, un soin particulier doit être porté aux ponts thermiques. Quant à la saison chaude, un rafraîchissement peut être obtenu à moindre coût énergétique en combinant une bonne inertie thermique, une protection solaire des vitrages et de la façade sud et une ventilation forcée nocturne. Globalement, le chantier BBC demande une vigilance accrue car certaines techniques comme les monomurs, les rupteurs de ponts thermiques, ou les panneaux photovoltaïques dont la sécurité électrique s’est révélée parfois insuffisante, demandent de la maîtrise et de la rigueur à la pose.

Le compromis entre performance énergétique et investissement est à adapter à chaque projet. Le triple vitrage, l’isolation par l’extérieur ou le photovoltaïque ont un coût. Les projets les plus ambitieux peuvent même investir dans la végétalisation de la toiture, expérimenter des isolants à changement de phase (qui combinent mince épaisseur et inertie thermique), monter une double peau ou une façade pariéto-dynamique... voire renforcer encore davantage l’isolation et l’étanchéité pour atteindre les niveaux exigés par la maison passive, ou à énergie zéro. Le choix des équipements de chauffage, de ventilation et de production d’EC fait aussi partie de l’enjeu. Avec l’isolation et l’étanchéité renforcée, il faut impérativement assurer un renouvellement de l’air suffisant, qui peut s’obtenir avec une VMC simple flux de type HygroB ou avec un double flux.

• Une installation domotique et quelques capteurs bien placés de température ou d’hygrométrie permettent de piloter les équipements et de contrôler l’ouverture des vantaux, mais il faut aussi parier sur l’adhésion des futurs occupants à la démarche BBC pour obtenir des résultats.

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