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2 Initiative Une gestion intelligente de l'éclairage public

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Cette solution de supervision évolutive, proposée par Sinovia, permet de maîtriser les consommations d'énergie, gérer la durée de vie des équipements et diminuer les coûts d'exploitation.

En France, l'éclairage public représenterait la moitié de la facture énergétique d'une ville, avec au final, 600 000 tonnes de CO2 rejetées dans l'atmosphère et plus de 3 millions de lampes à recycler chaque année. Comment faire pour optimiser ces consommations en fonction des besoins réels et, au passage, réduire la pollution lumineuse ? « En utilisant le courant porteur de ligne outdoor, le pilotage étant assuré à partir d'une supervision multitechnique basée sur une cartographie multiformat », explique Carlos Moreno, directeur général et fondateur de Sinovia. Cette solution évolutive est, par exemple, capable de transformer n'importe quel réseau d'éclairage public en un véritable système de communication apte à gérer, non seulement l'éclairage, mais aussi des équipements urbains de natures différentes tels que les feux tricolores et les panneaux de signalisation à message variable, ou encore des capteurs de contrôle de la pollution atmosphérique.

Plus de 30 % d'économies d'énergie

La solution YCOlighting peut s'installer sur tout type d'infrastructure, indépendamment de l'état d'usure du matériel, en permettant une télegestion au point avec, à la clef, « une réduction d'au moins 30 % sur la facture énergétique de la ville ». Autre point fort : la possibilité de piloter n'importe quel type de lampe à décharge (sodium, ballon, fluo et iodure métallique), et ce, jusqu'à une puissance atteignant aujourd'hui les 400 W. « Nous avons également développé une version, compatible avec le protocole DALI (1), pour gérer les lampes en ballast électronique, et nous arrivons sur le marché des lampes à leds », poursuit Carlos Moreno.

Le système optimise également la durée de vie des équipements, via la réduction de la puissance appliquée sur la lampe (trois paliers de réduction paramétrables et une limitation entre 70 et 90 % du flux nominal pour les lampes neuves) et une meilleure gestion des temps d'allumage. La possibilité de mesurer en permanence le cosinus permet, par ailleurs, de connaître à tout moment la qualité de la ligne. Côté maintenance, la solution est capable d'anticiper les pannes en diagnostiquant à distance les défauts de fonctionnement, de platine ou de lampe, ainsi que les défauts d'alimentation. Dans la pratique, chaque candélabre devient une véritable adresse IP, à l'instar d'un ordinateur. Comment ? En équipant chaque pied de mât d'un mo­dule électronique End-Point- de la taille d'un paquet de cigarettes - capable d'effectuer, de manière autonome, l'allumage et l'extinction du point lumineux, la réduction de la puissance programmée point par point, ainsi que les remontées de consommation et d'état. Ce module spécifique est lui-même relié à un concentrateur, installé dans l'armoire de distribution, qui assure le lien entre la supervision (l'interface graphique) et l'ensemble des candélabres qu'il pilote. Ce concentrateur, qui dispose de sa propre capacité de traitement, centralise les informations collectées et les remonte ensuite vers un réseau informatique plus complexe via GPRS (General Packet Radio Service) ou liaison ADSL classique. « Chaque concentrateur est capable de piloter un minimum de 400 à 500 candélabres dans la version standard. Chaque module End-Point peut, par ailleurs, en plus de commander et d'effectuer le diagnostic de la lampe, dialoguer avec ses voisins », poursuit Carlos Moreno. Autrement dit, de prendre le relais en cas de perte ou de défaillance sur un boîtier de communication distant, le réseau s'avère ainsi autocicatrisant. Le système peut, bien entendu, s'interfacer et dialoguer avec d'autres équipements, comme mentionné préalablement, l'interconnexion offrant le grand avantage de rendre négligeables les travaux de génie civil. La solution a été testée sur plus d'une douzaine de sites pilotes, dont l'un à Paris, sur une trentaine de candélabres et quelques équipements connexes implantés dans le treizième arrondissement. « Ce projet clef a permis de valider la technologie, via l'expertise du Laboratoire des équipements de la rue, de la Ville de Paris, sur certains aspects clef comme la réduction de puissance, bien entendu, mais aussi les résistances aux phénomènes électromagnétiques », complète Carlos Moreno. Aujourd'hui, Sinovia a déployé sa solution sur de nombreuses villes comme Casablanca, Fresnes, Brie-Comte-Robert, Gonfreville-l'Orcher (voir encadré) ou Les Mureaux - « et nous venons de remporter un important contrat qui fera d'YCOlighting la plus importante solution de ce type déployée avec, au final, la gestion intelligente de 10 000 points d'éclairage public », conclut Carlos Moreno.

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