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2 GÉOTEXTILE Une protection physique et anticolmatage

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2 GÉOTEXTILE Une protection physique et anticolmatage

Posé en lés verticaux, le géocomposite de drainage recouvre en pied le tuyau collecteur pour le protéger contre le colmatage par des fines issues du sol. (Doc. ColbondGeosynthetics.)

Une nappe géotextile imputrescible filtrante est employée pour protéger l’étanchéité d’une paroi enterrée lors du remblaiement. Et pour éviter l’engorgement du drain dans les terrains dont la nature s’y prête.

L'humidité et les venues d’eau contre les ouvrages enterrés sont parmi les principales causes de sinistre.

La construction d’un bâtiment avec sous-sol impose donc de connaître le type de terrain (perméable en gravier, sable, argileux ou limoneux) et d’empêcher la stagnation d’eau contre les parois.

Le traitement des parois enterrées (imperméabilisation ou étanchéité) est décrit dans les DTU 20.1 (NF P 10-202-3, Ouvrages en maçonnerie de petits éléments – Parois et murs) et DTU 23.1 (NF P 18-210, Murs en béton banché). Les murs sont classés en trois catégories selon l’exigence de protection liée à l’usage des locaux enterrés :

• le mur de « catégorie 1 » sépare le terrain d’un local habitable exempt de toute humidité. Cette paroi requiert une étanchéité composée de membranes bitumineuses ou synthétiques, monocouche ou bicouche, soudées ou autoadhésives ;

• le mur de « catégorie 2 » abrite un local non-habitable (chaufferie, garage ou cave). L’imperméabilisation sera constituée par un produit bitumineux appliqué sur un enduit ciment ou un mortier hydrofuge ;

• la paroi de « catégorie 3 » : la protection n’est que mécanique en périphérie d’un vide sanitaire ou d’un terre-plein. Aucun traitement n’est alors requis, sauf si la perméabilité du terrain est faible ou douteuse.

Complétés par un dispositif de drainage en pied de fondations, tous ces systèmes de protection se posent contre la face extérieure des murs enterrés avant remblaiement et descendent jusqu’à recouvrir et protéger le collecteur drain. Installé en pied de fouille, celui-ci est raccordé au réseau d’assainissement. L’ensemble de ce système de prévention contre l’humidité est complété par la mise en œuvre d’un géotextile dont le rôle est de protéger physiquement le support et son étanchéité et surtout de drainer les eaux d’infiltration, afin d’empêcher l’établissement d’une pression hydrostatique, source d’infiltrations.

Une triple fonction

Les géotextiles sont des produits dont au moins un des constituants est à base de polymère synthétique ou naturel. Ils se présentent sous forme de feuille, de bandelette ou sont intégrés dans une structure composite tridimensionnelle. Leur rôle est triple : la filtration, le drainage et la protection de l’ouvrage enterré. Pressé par le remblai, le géotextile doit laisser passer les eaux de ruissellement et les diriger vers le drain qu’il protège, dans certains cas, du colmatage. Cela impose que le grammage de la nappe soit supérieur à 200 g/m2. Sa présence assure la formation d’une lame d’air entre le remblai et l’ouvrage qui supprime tout risque d’humidité résiduelle. Enfin, lors du remblaiement, il protège la paroi des chocs, du fait de sa résistance au poinçonnement. Les caractéristiques mécaniques du géotextile dépendent du polymère de base utilisé et de la méthode de fabrication. Les polypropylènes PP – les plus utilisés actuellement car très stables chimiquement – les polyesters PET, les polyamides PA et les polyéthylènes PE sont les polymères entrant dans la fabrication des géotextiles.Pour la protection mécanique, les géotextiles réalisés avec des matières naturelles ou comportant des fibres naturelles sont fortement déconseillés, car celles-ci pourrissent, disparaissent rapidement et remettent en cause l’effet protecteur. Il est important de s’assurer que le produit mis en œuvre est 100 % synthétique et qu’il ne contient pas de fibres recyclées qui peuvent contenir en partie du coton ou de la laine. Il est bon également de s’assurer de sa compatibilité avec les matériaux du système qu’il protège et en particulier sa compatibilité au bitume.

Les géotextiles pour pose verticale se conjuguent en non-tissés aiguilletés ou thermoliés et en tissés. Seuls, les géotextiles non-tissés seront retenus en protection mécanique, que le sol soit pierreux, ou non. Reste à définir sa résistance au poinçonnement (exprimée en kiloNewton – kN) et à la compression (exprimée en kN/m2). Les géotextiles non-tissés aiguilletés – dont les fibres sont liées par entremêlage – présentent des résistances impor-­tantes. Une nappe géotextile « hautes performances », dont la résistance à la compression est de 400 kN/m2, peut être enterrée à 10 m de profondeur. Quant aux géotextiles non-tissés thermoliés – dont les fibres sont liées entre elles par soudure à chaud – ils sont peu souvent adaptés, car ils ne peuvent être fabriqués dans des grammages suffisants.

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