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2 Bureaux Quand économie rime avec personnalisation

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2 Bureaux Quand économie rime avec personnalisation

Le Cabinet Vosges Architecture a eu en charge la réhabilitation et l'aménagement intérieur des locaux de Spinal Images, dans un bâtiment historique d'Epinal, la Maison romaine. L'open space a été pourvu d'un éclairage artificiel de luminaires fluorescents T5 basse consommation, à l'axe longitudinal parallèle aux fenêtres. (Doc F. Ploye.)

Contraint par les objectifs de la nouvelle réglementation thermique, l'éclairage des postes de travail est codifié par celle du travail.

La tenue des objectifs d'économie d'énergie (comme le seuil maximum de 12 W/m2 demandé par la RT 2005) commence par une étude des besoins en éclairage du bâtiment par zones. En effet les éclairages de l'accueil, des circulations, des salles de réunions ou de repos doivent être conçus différemment de celle des postes de travail. Alors qu'un niveau de luminosité de 300 lux suffit pour les salles de réunions et 200 lux pour les couloirs, la réglementation du travail exige 500 lux minimum pour les postes de travail avec lecture et écriture sur papier et 750 lux pour les tâches précises comme le dessin industriel. Le travail sur écran informatique est moins gourmand car cet équipement émet son propre éclairage. L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) recommande entre 300 à 500 lux pour les écrans à fond clair et 200 à 300 lux pour les écrans à fond sombre.

La réglementation du travail encadre deux autres points importants : l'éblouissement et le spectre lumineux de la lumière. Ainsi, l'indice de rendu de couleurs (IRC) doit être supérieur à 80 pour les postes de travail. Les contrastes trop importants ainsi que les éblouissements doivent être évités, comme les fenêtres ou lampes trop puissantes placées dans le champ de vision de l'utilisateur. L'indice d'homogénéité de la lumière est mesuré par l'UGR (Unified Glare Rating) qui doit être inférieur à 19 dans les bureaux. Et d'après la partie 7 de la norme DIN 5035, plus la luminosité de la source est forte, plus son angle avec le regard de l'utilisateur doit être important. Enfin, la température de couleurs est habituellement d'un nombre de l'ordre de 4 000 °K. « En région parisienne, des sources plus jaunes à 3 000 °K nous sont souvent demandées, mais elles ne permettent pas de lutter efficacement contre la mélatonine responsable d'endormissement. À l'inverse avec le développement de la luminothérapie, nous avons des demandes pour du 6 000, 8 000 voire 150 000 °K, mais cet éclairage très dynamique épuise rapidement », note Joël Malgorn, responsable produits de Waldmann France,

Sources : évolution des standards

Le retrait progressif à la vente pour le tertiaire des produits énergétiquement les moins efficaces et les plus polluants est encadré par le décret européen EuP (2005/32/EC). Planifiées par étapes sur la période 2010 à 2017, les premières lampes visées sont les fluorescentes T12 et celles aux halophosphates. À terme, ne resteront en lice que les lampes les plus efficaces, les diodes électroluminescentes (DELS ou LEDS en anglais), les halogènes les plus économes, les fluorescents de taille réduite et économes (comme T5), les fluocompactes et les lampes à décharge avec brûleur céramique sphérique. Les diodes en particulier ont fait leur apparition dans le tertiaire, à l'exemple de l'immeuble Generali, situé au 100, avenue des Champs-Elysées, qui, en 2008, avait été équipé entièrement de LEDS par Philips. La séduction de l'éclairage par diodes tient à une très haute efficacité lumineuse, à un excellent confort visuel pour les utilisateurs et à une durée de vie plus grande de 50 000 heures réduisant la maintenance. Si les diodes sont déjà très appréciées en éclairage architectural (zones d'accueil, par exemple), ou pour servir de balisage dans les circulations ainsi que pour leur robustesse en éclairage industriel, leur usage dans les bureaux n'en est encore qu'à ses débuts. « Commençant seulement à être compétitifs en teinte et en économie d'énergie, les leds étaient jusqu'à présent surtout des lampes d'appoint. Prochainement, le lampadaire entièrement à base de diodes devrait se généraliser, et nous devrions sortir en fin d'année un produit de ce type », constate Joël Malgorn.

Réglage électronique individualisé

Mais la grande tendance, y compris pour les bureaux open space, est d'individualiser l'éclairage par des lampes de bureau ou par des lampadaires, contrôlés automatiquement et réglables manuellement. Avec cette personnalisation, la consommation d'énergie est ajustée au plus fin en fonction des besoins réels. Il est aussi possible de tenir compte des besoins variables en fonction des utilisateurs, comme de l'augmentation du niveau de luminosité nécessaire avec l'âge. Les lampadaires individuels (en éclairage indirect) peuvent de plus fonctionner avec des plafonds de plusieurs mètres de hauteur grâce à des voilures jouant un double rôle de réflecteurs optiques et d'absorbeurs acoustiques. Autre tendance forte, la grande majorité des nouvelles installations d'éclairage en tertiaire possèdent à la fois détection de présence et régulation en fonction de l'apport en éclairage extérieur. L'idéal demeure la lumière du jour : l'éclairage artificiel doit être conçu comme un complément et régulé en conséquence de manière automatique. Le protocole le plus simple permettant à la GTB/GTC de communiquer avec l'ensemble des luminaires est Dali (Digital Addressable Lighting Interface) qui fonctionne quel que soit le fabricant. Plus haut de gamme, une communication bidirectionnelle avec la GTB peut être effectuée avec un standard comme l'EIB (European Installation Bus), où tous les organes (stores, alarmes...) sont gérés par un ordinateur. Non seulement la puissance des lampes peut être finement régulée mais aussi la maintenance est facilitée par des tests de fonctionnement à distance. Cela dit, ce deuxième type d'installations est encore loin d'être courant en France.

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