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2 000 m2 de béton désactivé pour une place en centre-ville

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La rénovation de la place des Halles, au cœur de Millau, a été l'occasion pour la municipalité de mener un véritable programme d'aménagement architectural et urbain.

«Ce projet de rénovation, qui était une nécessité, eu égard à la nature fortement dégradée de l'ancien revêtement, a requis une phase de concertation assez longue en amont des travaux, la place des Halles étant une zone sensible, entourée de commerces, en plein cœur du quartier ancien de Millau », explique Claude Alibert, adjoint aux travaux, à la circulation et au développement durable de la Ville.

« Si une zone piétonnière sur la surface totale était impossible, en raison du nombre de résidents et de garages de particuliers présents à la périphérie du site, nous avons néanmoins profité de l'opération pour réaffecter cet espace aux piétons et aux cyclistes en faisant de la place une zone 20 km/h », poursuit l'élu.

Redonner la priorité aux piétons

Conséquence : suppression des trottoirs, mise en place de plots métalliques, en forme de casque, délimitant la circulation automobile et possibilités d'arrêt limitées aux livraisons. « Les travaux ont également été l'occasion de mettre aux normes l'ensemble de la place en matière d'accessibilité, tous les seuils de portes, que ce soit ceux des commerces ou des immeubles, devant être ramenés à une hauteur comprise entre 0 et 2 cm. D'où l'obligation de rehausser l'ensemble de la place de 20 à 30 cm », ajoute Yvan Duteil, directeur du bureau d'études de la mairie. Côté revêtement, les responsables ont opté pour un béton désactivé ocre clair : « Une solution plus économique qu'un dallage classique », explique Claude Alibert, cette option technique, « qui a fait ses preuves au niveau durabilité » se révélant également plus fiable en matière de sécurité, car moins glissante, et « plus performante en termes de rapidité d'exécution ». Un élément clef du projet puisque les travaux, représentant une superficie de 2 000 m2, devaient s'achever début décembre, afin de ne pas perturber l'activité des commerçants en cette période cruciale des fêtes de fin d'année. Cet aspect gêne minimale a d'ailleurs été le leitmotiv de l'opération, l'entreprise ­intervenant en deux étapes successives après avoir découpé le chantier en deux moitiés distinctes. « L'une des difficultés était précisément de maintenir l'accessibilité aux commerces et aux logements dans la zone sur laquelle nous intervenions », commente Fabrice Thollet, gérant de l'entreprise Auglans.

Surveiller le balisage

Ainsi, « nous commencions le coulage en périphérie, en opérant par bandes de 3 m de largeur, et en installant des passerelles provisoires à l'avancement, le planning, soumis aux aléas climatiques, essayant de privilégier le lundi jour de fermeture des commerces ». Les délais de séchage nécessaires au rétablissement de la circulation des véhicules légers ont, par ailleurs, été ramenés de 28 à 14 jours, moyennant la réalisation d'éprouvettes d'essais. Point non négligeable : la signalétique. Il n'est en effet pas rare de récupérer des piétons déambulant sur un béton fraîchement coulé et ce « en dépit des barrières et des panneaux d'interdiction mis en place », prévient Fabrice Thollet. Dans la pratique, le choix du béton désactivé a également été une opportunité pour favoriser l'emploi de granulats locaux, et donc de faciliter les circuits d'approvisionnement courts, « conformes à nos orientations en matière de développement durable », souligne Yvan Duteil.

Rénovation des branchements en plomb

Autre avantage : la possibilité d'utiliser deux types de granulométries différente, (0/10 et 0/14) cette dernière permettant de créer une bande plus rugueuse, visuellement matérialisée par le choix d'une teinte légèrement plus foncée. Autrement dit, une sorte de zone frontière, située à la jonction de la place avec l'artère principale qui y débouche. Objectif ? Faire prendre conscience à l'automobiliste qu'il n'est plus en territoire conquis. « Cette modification de son environnement de conduite a vocation à le rendre plus attentif », commente Claude Alibert. Les travaux, qui ont été aussi l'occasion de rénover tous les anciens branchements en plomb au niveau de la distribution d'eau potable, « nous ont également permis d'aménager deux conteneurs enterrés destinés aux ordures ménagères, via la réalisation de fosses de 3 m de profondeur », ajoute Yvan Duteil. Sur le plan architectural, la place a pu être « végétalisée », moyennant la plantation d'arbres disposés à l'intérieur de cadres bois insérés dans le béton, l'ambiance lumineuse étant optimisée grâce à la mise en place de candélabres esthétiques, assurant de meilleures performances en termes d'éclairage. À terme, « nous prévoyons d'insérer une bande guide en béton noire de 20 cm de largeur, située à environ 2 m des façades, afin de faciliter la circulation des malvoyants et des non-voyants », conclut Yvan Duteil.

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