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10 km de digue pour protéger la ville de Cuxac-d’Aude

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10 km de digue pour protéger la ville de Cuxac-d’Aude

Le projet, qui représente un volume de terrassements de 450 000 m3, comprend également la réalisation de 25 ha de bassins de rétention, qui seront créés autour des habitations.

Le projet, dimensionné pour faire face à une crue de l’ampleur de celle de 1999, comprend la construction de 10 km de digues protégées à la surverse par 130 000 m2 de matelas Reno.

La superficie du bassin-versant de l’Aude (5 200 km2) et le caractère méditerranéen d’une partie de celui-ci sont susceptibles de générer des crues très importantes, tant en débit de pointe (3 000 à 4 000 m3/s), qu’en volume (200 à 400 Mm3 pour les événements majeurs).

Les inondations fréquentes qui en découlent peuvent, bien entendu, s’avérer dramatiques sur le plan humain, mais également au niveau économique (dégâts importants causés aux cultures, ainsi qu’aux biens privés et publics). « Ce projet s’inscrit dans le prolongement de la crue historique de 1999, explique Gérard Aval, directeur du Syndicat mixte du Delta de l’Aude. Celle-ci ayant fait 25 victimes dans le seul département, dont 5 sur la commune de Cuxac-d’Aude », le bilan matériel étant, quant à lui, estimé à 53 millions d’euros.

Programme de prévention des inondations

Une gestation que beaucoup pourront juger bien longue, mais qui s’explique par le coût d’un tel projet. Dans la pratique, c’est fin 2006 qu’il a réellement été mis sur les rails, après que deux autres inondations importantes (fin 2005 et début 2006) ont souligné l’urgence de réaliser les travaux. « Si l’accompagnement par le SMMAR (Syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières, voir encadré) et la création du SMDA (Syndicat mixte du Delta de l’Aude) nous offraient l’outil administratif adapté, c’est la signature en juillet 2006 du Programme d’actions de prévention des inondations (Papi) de l’Aude qui a permis de concrétiser le programme en cours », poursuit Gérard Aval. Les travaux, initiés fin 2011 devraient s’achever début 2014.

Dans la pratique, le projet consiste à créer 10 km de digues en matériaux compactés. Ces ouvrages, dimensionnés en altimétrie sur la base de la crue de 1999 – dont les caractéristiques étaient supérieures à l’événement centennal – protégeront les habitations des trois « quartiers » de Cuxac Bourg, des Estagnols et des Garrigots, le projet laissant un chenal de passage le plus large possible offert aux écoulements des crues dans la plaine. Leur hauteur n’excédera pas 2,50 m, cette hauteur représentant un compromis technico-esthétique. « Les ouvrages s’intègrent, en effet, parfaitement dans cet environnement de plaines, explique Gérard Aval. Sans créer de coupure paysagère, la hauteur retenue permettant, par ailleurs, de limiter le risque technologique induit par ce type d’ouvrage. » Bien qu’il s’agisse, en effet, d’ouvrages qui seront contrôlés et surveillés régulièrement, une hypothétique rupture pourrait se révéler catastrophique par l’effet de vague qu’elle engendrerait.

Digues déversantes

Cet élément sécuritaire constitue en fait le grand principe conceptuel, les digues étant conçues pour être déversantes, autrement dit « pour résister à la submersion si le niveau de la crue venait à dépasser celui de 1999 », explique Julien Aubonnet, le directeur de projet de BRL Ingénierie.

En cas de submersion, un ouvrage classique subit, en effet, un phénomène d’érosion, d’où le risque d’apparition de brèches avec, dans l’hypothèse du scénario le plus critique, possibilité de rupture et donc d’effet de vague meurtrière. Les digues en remblais sont ancrées d’un mètre sous le terrain naturel et équipées, dans leur partie sommitale, d’une poutre en béton armé avec, côté aval (vers les habitations) mise en place d’une protection à la surverse lourde de type matelas Reno de 30 cm d’épaisseur. Ce revêtement minéral, qui offre, par ailleurs, l’avantage de permettre des modelés assez doux, « assure également, de par sa rugosité, une fonction dissipative des contraintes hydrauliques », ajoute Loïc Laure, le responsable commercial région Sud-Ouest de Maccaferri.

Dans la pratique, ces matelas gabions, qui peuvent être végétalisés, se présentent sous la forme de structures parallélépipédiques plates constituées de cellules séparées par doubles diaphragmes (intervalles de 1 m), fabriquées par pliage d’une seule nappe de grillage (mailles hexagonales double torsion en fil acier) constituant le fond, les côtés et les diaphragmes. Le couvercle indépendant vient, une fois le matelas rempli de granulats, fermer l’ensemble.

Se protéger aussi de l'intérieur

À noter que « compte tenu des vitesses d’écoulement en jeu, les matelas Reno se révèlent, à performances équivalentes, moins coûteux qu’une solution traditionnelle par enrochements », précise Julien Aubonnet. Le volume de matériaux à mettre en œuvre étant divisé par trois environ, avec, en corollaire, un impact paysager moindre.

Dans la pratique, le projet qui représente un volume de terrassements de 450 000 m3 (200 000 m3 étant réutilisés pour la construction des digues), comprend également la réalisation de 14 ouvrages traversants, en béton armé coulé en place, équipés d’une double sécurité vanne et clapets, afin de permettre en cas d’événement pluvieux important, l’écoulement gravitaire de l’eau vers l’extérieur de la zone protégée.

« Le cas le plus défavorable serait, bien entendu, la concomitance d’une crue majeure et d’un orage important », souligne Julien Aubonnet, l’impossibilité de pouvoir évacuer les eaux de pluie vers l’extérieur constituant alors un nouveau danger.

Pour ce faire, 25 ha de bassins de rétention seront créés autour des habitations, le rejet des eaux vers l’extérieur (écoulement gravitaire impossible dans cette configuration) étant assuré par cinq stations de pompage dont les travaux devraient êtreengagés cette année.

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