Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Dossier

1 CONCEPTION Structure et organisationdes fonctions ne font qu’un

Sujets relatifs :

1 CONCEPTION Structure et organisationdes fonctions ne font qu’un

Le centre aquatique de Montluçon (03) est surmonté en toiture, de lanterneaux en formede cylindres biseautés émergents qui éclairent zénithalement les fosses à plongée et signalent l’édifice de loin. (Doc. Chabanne & Partenaires.)

En multipliant les activités qu’il abrite, l’espace piscine s’est fortement complexifié. D’autant que pour des raisons d’économies d’énergie, il est de bon ton de compacter les volumes, tout en privilégiant l’éclairage naturel.

La piscine publique vouée à la seule pratique de la natation n’est plus au goût du jour, depuis quelques années déjà. En effet, l’évolution constante des modes de vie de ses usagers a influé considérablement sur la conception et l’organisation des fonctions de cet équipement populaire. Sachant qu’il est devenu un maillon essentiel de la vie d’un quartier et d’une ville, au même titre que tout autre bâtiment public.

S’étendant à des activités de loisirs et ludiques de plus en plus prisées, la terminologie même de la piscine s’est transformée en « complexe aquatique », « centre nautique » ou « thermoludique », voire même en « thermes », en référence aux établissements de bains romains. D’où la tendance actuelle d’adjoindre au bâtiment d’autres fonctions, telles que patinoire, bar, restaurant, boutique, bowling, fitness, solarium, etc. L’intégration fréquente d’un espace de bien-être et de remise en forme dévolu aux soins du corps, assorti de saunas, hammams, Jacuzzi ou coins de relaxation, est devenue presque banale. Cette nouvelle offre s’adresse à un public élargi où se croisent dorénavant toutes les tranches d’âge,du bébé nageur, à l’enfant, l’adolescent, la femme enceinte, jusqu’au senior. Sans oublier les handicapés qui font l’objet de soins attentifs, avec l’obligation de rendre accessibles l’ensemble des espaces, ainsi que les bassins. Le complexe aquatique l’Odyssée de Chartres (28), livré en septembre 2009 et dessiné par l’atelier Arcos Architecture associé à l’architecte Jean-François Plaze, en est l’illustration. Le gigantesque édifice de deux niveaux, qui s’élève à 11 m de hauteur, se déploie sur 240 m de long et 60 m de large. En forme d’aile d’avion, le volume lisible s’insère dans le paysage où s’inscrit la cathédrale. Il intègre sous un même toit, un hall, plusieurs bassins, un espace de remise en forme et une patinoire.

Liberté d’expressions architecturales

La singularité du centre sportif Alfred-Nakache situé à Paris (xxe) et réalisé en 2009 par les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti, provient de la superposition de fonctions diverses. Cette contrainte résultant de l’exiguïté de la parcelle située en cœur d’îlot urbain. Sur la halle aux bassins, reposent deux salles de danse et de fitness, ainsi qu’un espace de musculation desservis par une coursive ouvrant sur un jardin raccordé à la rue. Les vestiaires se déploient en sous-sol du bâtiment et en surplomb des plans d’eau. Le tout est chapeauté par une terrasse minérale, le toit de la pataugeoire étant végétalisé.

Concernant l’organisation des fonctions, elle peut varier d’un projet à l’autre, tout en s’appuyant sur certaines règles incontournables. D’une manière générale, le plan de l’équipement recèle une entrée qui ouvre sur un hall desservant, d’une part, la zone administrative, les vestiaires et les douches et, d’autre part, la halle aux bassins. Cette dernièrecomprend le ou les traditionnels bassins sportifs (principal et apprentissage) aux dimensions précises, également unou plusieurs bassins ludiques, ainsi qu’une pataugeoire aux formes multiples. Les autres fonctions affiliées à l’édifice se greffent alors à l’intérieur de l’enveloppe de base, ou bien autour de celle-ci. Néanmoins, la configuration et la disposition de ces espaces spécifiques dépendent des particularitésdu site d’implantation, mais aussi des choix architecturaux et structuraux élaboréspar les concepteurs.

Malgré les contraintes, une grande liberté d’expression s’offre aux architectes. Pour le complexe aquatique de Plourin-lès-Morlaix (Finistère), bâti en 2008, l’architecte-ingénieur Marc Mimram opte pour une morphologie spéciale. Parmi les deux entités créées, la halle aux bassins, au socle vitré, est surmontée de cinq sheds dont les façades hautes sont parées de polycarbonate, rappelant une proue s’élançant vers le ciel.

Structures adaptées à de larges portées

Les espaces extérieurs jouent également un rôle important, en été notamment. Le plus souvent équipés de plages minérales ou engazonnées, ils peuvent aussi accueillir un toboggan, une rivière, un bassin à vagues, un solarium, des espaces de jeux pour enfants, etc. Du point de vue architectural, que ce soit pour les bâtiments rénovés ou les constructions neuves, la convivialité et le confort sont privilégiés par la recherche d’ambiances et d’espaces diversifiés.

D’où la création de généreux volumes logeant les bassins, qui, baignés de lumière naturelle, gomment la frontière entre intérieur et extérieur. Les façades vitrées peuvent être agrémentées d’un éclairage zénithal indirect réalisé à l’aide de sheds, travées ou dômes. Pour la piscine des Remparts de Sélestat (Bas-Rhin), dessinée par les architectes des ateliers Arcos et du Canal, le volume parallélépipédique de forme simple (85 x 55 m) affiche une hauteur imposante de façade de 8 m qui est parée de vitrages ouvrant sur la nature environnante. Quant au choix de la structure, les concepteurs optent pour une infrastructure en béton et une superstructure en bois ou acier, ou bien mixte. Le gros œuvre en béton concerne les sous-sols, l’assise du bâtiment, ainsi que les parois et fonds des bassins. L’emploi du bois lamellé-collé pour monter les charpentes se généralise, car ce matériau permet de franchir de grandes portées aisément, l’acier, seul ou associé au bois, étant également utilisé. La piscine sport et loisirs des Ulis (91) a été réalisée en 2007 par l’architecte Marc Mimram. Sa démarche de structuraliste le pousse à créer, ici, pour le toit de la halle aux bassins, des palmes ondulantes en ossature d’acier implantées longitu-­dinalement et greffées sur des arcs de cercle.

Habillée en sous-face de lames de bois, cette charpente sophistiquée, rappelant le roulis des vagues, laisse pénétrer la lumière de toutes parts dans le volume.  

N°306

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°306

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2011 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Reconvertir des bâtiments patrimoniaux

Dossier

Reconvertir des bâtiments patrimoniaux

La reconversion des bâtiments induit de nécessaires adaptations. S’agissant d’édifices patrimoniaux, protégés ou non, l’intervention doit pouvoir faire dialoguer histoire du lieu et nouveaux[…]

Changement de cap pour l'Hôtel de la Marine

Dossier

Changement de cap pour l'Hôtel de la Marine

La Bourse de Commerce entame une autre vie

Dossier

La Bourse de Commerce entame une autre vie

La Samaritaine fait peau neuve

Dossier

La Samaritaine fait peau neuve

Plus d'articles