« L’AMO Innovation, au service d’opérations toujours plus complexes »

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Dans un contexte de forte mutation, le recours à l’innovation est inévitable. Si les critères qui président à son intégration dans l’acte de construire sont simples en théorie, dans la pratique, l’innovation ne s’inscrit pas toujours de façon fluide dans le processus de conception et de construction. Les acteurs se voient parfois contraints, de façon tardive, de réajuster leur stratégie. Comment améliorer la chaîne de valeur de l’innovation dans une opération de construction ?
Ces critères d’intégration de l’innovation dans l’acte de construire doivent être compris à l’aune de l’article 1792 du code civil, qui précise : « Tout constructeur d’un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l’acquéreur de l’ouvrage, des dommages, même résultant d’un vice du sol, qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou l’un de ses éléments d’équipement, le rendent impropre à sa destination. » Légalement, cette présomption de responsabilité se doit d’être garantie par un tiers désigné « assureur », qui, en fonction d’un risque technique identifié, établit une tarification de provision à payer, évaluée selon une approche probabiliste de survenance d’un désordre pendant la période où s’applique la garantie. L’ensemble des techniques se classe en deux familles : les techniques courantes, pour lesquelles l’assuré est garanti, et les techniques non courantes, pour lesquelles a contrario il ne l’est pas.
À chaque catégorie de technique correspondent des évaluations techniques qui bénéficient de niveaux de reconnaissance précis. Dans la mesure où l’on connaît la sinistralité des techniques traditionnelles, il est possible d’en prévenir les effets et d’en provisionner les coûts de réparation. Pour les techniques innovantes, l’évaluation technique permet d’adopter la même approche de bon sens.
Mais, dans certains cas limites, la mise en œuvre concrète de ce principe appelle des compétences pointues en ingénierie normative, pour savoir en définitive si la technologie pressentie relève ou non de la tradition, et sinon en quoi elle est innovante, et le cas échéant quelle est la voie d’évaluation la plus adaptée. Ce n’est d’ailleurs pas toujours la technique en elle-même qui est innovante, mais bien souvent son association avec d’autres techniques ou son intégration dans un nouveau contexte (type de bâtiment, hauteur, sismicité, hygrométrie, etc.) qui l’est.
Toute action d’évaluation technique prend du temps, parce qu’il faudra, par exemple, définir le contenu du sujet et la liste des éléments et preuves à réunir pour le justifier, mener d’éventuels essais et études complémentaires, en désigner le porteur le plus légitime pour en assurer la meilleure concrétisation et, enfin, établir le mode de recueil des enseignements avals qui permettront de capitaliser cette expérimentation.
On doit aussi envisager que l’évaluation puisse ne pas être aussi favorable qu’espérée et définir, alors, des solutions de repli. Pour des opérations a priori innovantes, une fonction support qui dispose de ces compétences peut guider l’ensemble des acteurs, à commencer par le maître d’ouvrage lui-même ; c’est là qu’intervient l’assistant à maîtrise d’ouvrage en innovation (AMO), dont la mission consiste à traduire les intentions du maître d’ouvrage en objectifs programmatiques, à assister à la consultation et à la sélection de tous les acteurs, à faciliter les recherches de financements dédiés à l’innovation, à guider de manière collaborative l’action des équipes de conception et de réalisation durant les différentes phases du projet jusqu’à sa mise en service et à contribuer à définir les critères objectifs d’une capitalisation, pour en faciliter la reproductibilité.
Si innover est nécessaire, on ne peut ignorer que le chemin de l’innovation comporte intrinsèquement une part d’incertitude et de risque et que, pour les limiter, il faut faire preuve d’une réelle capacité d’anticipation et d’organisation. L’innovation tient donc ses promesses lorsqu’elle est :
• définie précisément le plus en amont possible et motivée sur sa pertinence ;
• évaluée dans toutes ses conséquences ;
• mise en regard d’alternatives pouvant faire office de solutions de repli ;
• assumée par les bons acteurs pour être menée à son terme ;
• organisée du point de vue de sa capitalisation, afin d’en dégager les enseignements et les aspects reproductibles.
L’AMO Innovation est un des acteurs-clés pour y parvenir.

N°349

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